La Prospérité (Kinshasa)
2 Juillet 2009
Kinshasa — Le 10 janvier 2009, le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, a promulgué la loi portant protection de l'enfant. Et quelques jours après, la date du 16 janvier 2009, a été déclarée « journée de l'Enfant Africain ».
Ainsi, l'enquête menée sur terrain a conduit à vous livrer cette réflexion sur une catégorie d'enfants, à Kinshasa, qui ignorent leurs droits. C'est une recommandation d'une formation acquise de l'Ong Journalistes pour les Droits Humains (JDH) sur le thème : « Droits et protection de l'enfant ». Représentation tronquée de la connaissance en cette matière Bien sûr, l'ignorance de la loi portant protection et droits de l'Enfant par l'Enfant congolais est moins choquante à Kinshasa que dans les provinces. Elle peut être aussi moins visible à Lubumbashi ou à Matadi. Et pourtant, l'extrême violation de droits et la protection de l'enfant qui se manifeste par « l'impossibilité de protéger d'une manière permanente les droits de l'enfant » ne sont pas absentes dans notre pays, la République Démocratique du Congo.
Chaque année, affirment quelques Organisations non gouvernementales qui s'occupent de l'hébergement des enfants de la rue et les rapports consultés sur la situation des enfants, plusieurs d'entre eux ne savent pas réclamer leurs droits à la protection. Et, c'est sans compter des milliers d'enfants qui ne connaissent pas l'existence de la loi sur les droits et la protection de l'Enfant. Notre enquête à le mérite de fournir divers renseignements sociologiques inattendus. L'image stéréotypée de la campagne de sensibilisation de la loi sur la protection de l'Enfant n'a guère de rapport avec la réalité observée sur le terrain.
Mauvaise orientation de la connaissance de la loi D'autant plus qu'il est constaté que toutes les familles espèrent que leurs enfants grandissent et deviennent des citoyens capables et responsables qui peuvent contribuer au bien être de leur communauté, il s'observe à Kinshasa, en particulier, et en RDC, en général, que des enfants se voient refuser le respect de leurs droits de vivre, de se développer, ou mieux de participer activement à la vie communautaire. Certains enfants bénéficient naturellement et innocemment de leurs droits à la protection.
Tandis que d'autres sont confrontés aux pressions des trafiquants de drogue et à l'exploitation sexuelles. Dans les périphéries de Kinshasa, les enfants connaissent la rentrée scolaire et ne savent pas quand est ce qu'elle se termine. A l'hôpital pédiatrique de Kalembelembe, dans la commune de Lingwala, l'on a malheureusement appris que des enfants succombent à des maladies évitables.
A ce niveau, l'on remarque que les besoins de base ne sont pas satisfaits et les droits fondamentaux ne sont pas respectés. D'où vient qu'à cette allure, il est difficile que les enfants grandissent et deviennent responsables, productifs et respectueux des droits d'autrui. Alors que, dans l'intérêt du développement individuel, les enfants doivent comprendre le concept de droit et connaître leurs droits, afin de compatir à la souffrance de ceux dont les droits sont niés et d'être capables d'agir pour faire respecter leurs propres droits et ceux des autres.
Comment aider les enfants à connaître leurs droits ? C'est une lancinante question. En effet, faire connaître les dispositions de la loi relative aux droits et à la protection de l'Enfant ne garantie pas l'acquisition d'un sens de l'engagement personnel et de la responsabilité chez les enfants. L'idéal est de commencer un processus d'apprentissage. Il faudra que les animateurs puissent commencer par l'exploration de thème des droits de l'enfant avant de réunir des informations, les analyser et arriver à une synthèse compréhensible.
De ce point de vue, il est indispensable d'organiser des manifestations locales sur des questions juridiques afin de permettre aux enfants d'intérioriser la connaissance en rapport avec la loi sur les droits et la protection de l'Enfant. C'est ainsi que nous avons estimé important de faire comprendre aux enfants que le problème du respect des droits affecte la communauté congolaise. Pour ces raisons, les animateurs devront informer leurs enfants pour qu'en cas de besoins, qu'ils sachent auprès de qui s'adresser pour avoir un soutien particulier.
A Bibua par exemple, les enfants vont puiser l'eau de puits. Ces puits sont fréquentés de nuit comme de jour par des bétails. Si les enfants étaient bien informés de leurs droits, nous pensons qu'ils prendraient des dispositions pour sécuriser ces puits afin d'empêcher que ces bêtes ne puissent venir s'abreuver là. Ça leur éviterait des maladies. Par ailleurs, les enfants de la rue sont utilisés pour faire la vaisselle dans les restaurants de fortune disséminés à travers les grands centres urbains. Mais, ceux qui les encadrent n'ont jamais pensé créer une structure pour les aider à subvenir à leurs multiples besoins. Puisqu'une des causes qui revient, de plus en plus, est le mauvais choix dans la filière d'enseignement, la priorité, pensons-nous, à accorder aux droits et à la protection de l'Enfant est un discours qui interpelle tous les responsables politiques afin qu'une sensibilisation tous azimuts de cette loi soit faite dans tous les milieux. L'on note, malheureusement, que 99,5% des enfants de moins de 17 ans ignorent la loi qui les protège.
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