Agence Nouakchott d'Information (Nouakchott)

Mauritanie: Présidentielle 2009 - C'est reparti, cette fois, pour de bon !

Par Mohamed Ould Khattatt

2 Juillet 2009


Après plus de dix mois d'un véritable bras de fer entre le tombeur de l'ancien président Sidi Ould Cheikh Abdallahi et le FNDD qui soutenait ce dernier et militait pour son retour, puis le RFD, venu s'opposer à la tenue de la présidentielle du 6 juin, qui fut reportée in extrémis grâce à la signature d'un accord tripartite, voilà donc la campagne électorale, pour ce faire, qui s'ouvre aujourd'hui, jeudi 2 Juillet 2009 à zéro heure.

Une campagne électorale où dix (10) candidats croiseront le fer, le Conseil constitutionnel ayant rejeté, mercredi, une note du candidat Kane Hamidou Baba, dans laquelle il portait des réserves sur la candidature d'Ely Ould Mohamed Vall estimant que ce dernier est encore un colonel de l'armée et que, par conséquent, il ne peut pas, en vertu des lois, se présenter à l'élection. Il s'agit de : Mohamed Ould Abdel Aziz; Kane Hamidou Baba; Ibrahima Moktar Sarr; Sghair Ould M'Bareck; Ahmed Ould Mohameden Ould Daddah; Mohamed Jemil Ould Mansour; Ely Mohamed Vall Eleya; Messaoud Ould Boulkheir; Hamady Ould Meimou et Saleh Ould Mohamed Ould Hanena.

Un premier tour de tonnerre

Et même si tout le monde ne pourra pas passer au 1er tour, huit (8) de nos valeurs dix (10) gladiateurs auront calculé en fonction d'une autre vérité qui est d'être au départ du peloton. Ainsi, ils auront réussi l'essentiel : ce premier tour (inespéré) permettra de négocier au second tour son pourcentage -si minime qu'il soit- avec l'un des deux sprinteurs de la finale.

Un investissement que Mohamed Saleck Ould Heyine, prétendument candidat un laps de temps, avait fini par ne pas faire, préférant «se retirer» pour soutenir Ahmed Ould Daddah. Mais, n'est-ce pas vendre ce que l'on n'a pas, l'homme n'ayant pas été, dans les faits, candidat à la présidentielle si ce n'est par «le bouche-à-oreille».

Mais qu'à cela ne tienne, Heyine ou un autre, maintenant ou demain, Ahmed Ould Daddah et Messaoud Ould Boulkheir, les éternels candidats malheureux de toutes les présidentielles, sont allés au-delà en signant un accord pour un désistement réciproque au second tour de la présidentielle, anticipant ainsi cette transhumance inévitable et indispensable pour s'assurer un maximum de report de voix et/ou de soutiens si la chance d'y être leur souriait. «Nous avons signé cet accord parce que nous avons senti le besoin pour l'opposition de rester unie dans la perspective du second tour», avait affirmé Ahmed Ould Daddah lors de la signature, mardi dernier, de ce pacte.

La bataille ne fait commencer

Quoi qu'il en soit, c'est aujourd'hui à une autre bataille que doivent se livrer les candidats «repêchés» ou pas : la révision du fichier électoral pour laquelle une période «exceptionnelle» a été ouverte du 29 juin au 2 juillet à minuit. Ce qui n'est pas une mince affaire, surtout pour le FNDD et le RFD qui avaient annoncé le boycott du scrutin présidentiel initialement fixé au 6 juin.

Début de la campagne pour la présidentielle du 18

Il est cependant vrai qu'en plaçant à la CENI, Sid'Ahmed Ould Dey (un homme, dit-on, proche du RFD), le camp opposé au candidat Mohamed Ould Abdel Aziz (principalement le RFD et le FNDD) qui aura, en plus, déjà mis la main sur les Ministères de l'Intérieur, des Finances, de la Communication et de la Défense Nationale qui sont tous des postes déterminants dans l'organisation de cette présidentielle du 18 juillet, ce camp, disions-nous, aura surtout pris sur lui de déclarer demain que l'élection a été transparente, libre et démocratique. Sinon il aura échoué dans sa mission!

C'est dire combien le jeu démocratique des urnes pour une alternance pacifique au pouvoir est, pour une fois, confié à l'opposition qui se doit d'en accepter le résultat si elle est battue, sachant que tout ou presque a été partagé avec elle, même si cela l'a été dans des délais comprimés.

De même qu'elle se doit de reconnaître que son principal challenger, le candidat Mohamed Ould Abdel Aziz aura, au bout du compte, non seulement réussi son coup d'Etat, mais elle lui aura livré la communauté internationale sur un plateau d'argent, validant son coup de force et rétablissant ainsi la légalité constitutionnelle !

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