Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
2 Juillet 2009
Dakar — Les morsures de serpent constituent "une urgence médicochirurgicale négligée en Afrique", selon le Professeur Jean Philippe Chippaux de l'Institut de recherche développement (IRD) de Paris, interrogé par l'APS en marge de l'ouverture, jeudi à Dakar, d'un atelier sur la prise en charge des piqûres du reptile dans l'espace CEDEAO.
Le chercheur de l'IRD qui doit animer une conférence sur "les serpents venimeux et les envenimations en Afrique subsaharienne", vendredi à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a en effet souligné que le taux de morsures est très fortement sous-estimé en raison d'un "parcours thérapeutique complexe qui privilégie la médecine traditionnelle, mais aussi d'une déclaration déficiente des cas par les services de santé".
"La prise en charge est insuffisante, le traitement inadapté et la prise de conscience du problème par les autorités sanitaires défectueuse", a indiqué Dr Chippaux.
Il a ainsi estimé à plus de 500 000 le nombre annuel d'envenimations en Afrique subsaharienne, entraînant 25 000 décès et autant d'handicapés à cause des complications viscérales ou fonctionnelles. Le coût social n'est pas connu avec précision, mais il paraît lourd, en particulier chez les enfants et les jeunes agriculteurs, a-t-il ajouté.
Pourtant, a assuré le Professeur, "il existe un traitement spécifique hautement prouvé, mais malheureusement diverses raisons logistiques et financières conduisent à une distribution commerciale inappropriée et à son inaccessibilité dans les formations sanitaires périphériques".
Ainsi, il trouve opportune l'organisation d'une rencontre sous-régionale pour "améliorer notre connaissance épidémiologique des morsures de serpent, préciser les besoins thérapeutiques et responsabiliser l'ensemble des services de santé à tous les échelons hiérarchiques".
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