Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
2 Juillet 2009
Dakar — Le Centre antipoison (CAP) du Sénégal a initié une rencontre avec tous les acteurs du système de santé pour élaborer "une stratégie nationale de lutte contre les morsures de serpent et envenimations au Sénégal et pour une meilleure connaissance et une meilleure prise en charge".
"Des insuffisances ont été décelées dans la lutte contre les morsures de serpents, à la suite d'études rétrospectives et prospectives dans plusieurs pays de la sous-région", a soutenu le chef du centre, le Professeur Amadou Diouf, jeudi à Dakar à l'ouverture des travaux de la rencontre.
En droite ligne avec "les missions de surveillance des intoxications, de recueil et d'analyse des informations sur les cas d'expositions toxicologiques", le Centre a décidé d'organiser un atelier de réflexion, destiné aussi à préparer un séminaire régional afin d'harmoniser la lutte dans les pays de la CEDEAO, selon le Professeur Amadou Diouf.
"Il y a des insuffisances que le centre essaie de combler, ce n'est pas seulement au Sénégal, mais dans toute la sous-région où les morsures de serpent sont plus ou moins traitées en parents pauvres", a-t-il ajouté.
Bien que certaines morsures de serpent ne soient pas dangereuses, d'autres demandent des interventions rapides, a souligné Dr Diouf, précisant de ce fait qu'il y a toujours un risque de perte de vie. Selon lui, c'est un "critère suffisant pour en faire une priorité de santé publique".
Pour le chef du CAP, le dispositif sanitaire existe mais les moyens aujourd'hui ne suivent pas. L'objectif de la rencontre est en partie aussi de permettre au personnel de pouvoir "gérer les cas et d'être capable d'affronter les morsures de serpent en ayant une méthodologie éprouvée".
Le Sénégal enregistre plus de 10.000 cas de morsures de serpent par an. Les zones les plus touchées restent le Sud, le Centre (Tambacounda, Thiès, Kolda, Kédougou) avec la région naturelle de la Casamance et la vallée du fleuve Sénégal qui accueillent une densité et une variété de serpents supérieures aux autres régions en raison de leur écosystème humide, rappelle le chef du centre.
A Dakar, la zone de la Foire et vers la piste de l'aéroport étaient les zones les plus touchées mais avec les habitations, les serpents sont devenus de plus en plus rares, a-t-il ajouté.
L'atelier prend fin vendredi par une conférence à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar sur "serpents venimeux et envenimations en Afrique subsaharienne". Il devrait permettre aux participants de faire l'état des lieux sur les accidents d'envenimations par morsure de serpent au niveau des services de réanimation et des urgences des hôpitaux.
Il s'agira ainsi, à travers les différentes présentations, de décrire la problématique des morsures de serpent et la prise en charge des malades, préciser les relations que doit entretenir le Centre antipoison avec les unités de réanimation pour la prise en charge, évaluer les besoins en sérum anti venimeux et réfléchir sur le financement pour leur acquisition.
Le CAP est un centre d'information sur les risques toxiques de tous les produits existants médicamenteux, industriels, naturels. Créé en 2004, il est logé à l'hôpital Fann. Il a un rôle d'information auprès des professionnels de santé et du public et apporte une aide par téléphone au diagnostic, à la prise en charge et au traitement des intoxications.
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