Willy Kabwe
3 Juillet 2009
Kinshasa — « Abusant de l'indépendance liée pourtant à la délicatesse et à la noblesse de sa charge, le magistrat se rend lui aussi coupable de vol, de concussion voire d'infractions de droit commun, avec une facilité déconcertante ». Prononcés par le chef de l'Etat à l'occasion de la célébration du 49ème anniversaire, ces propos ont résonné comme un verdict à l'endroit des diseurs de droit.
Ils devront donc s'attendre à une sanction exemplaire.
Le numéro un d'entre les Congolais l'a annoncé sans ambages à Goma : « Quant à moi, garant constitutionnel du bon fonctionnement des institutions, je suis déterminé à mettre fin à cet état des choses avec le concours des instances attitrées ».
JKK a, en outre, dit tirer sans tarder toutes les conséquences des conclusions des travaux de la 2ème session extraordinaire du Conseil supérieur de la magistrature tenus dans la capitale du 11 au 23 juin 2009. Du coup, nos magistrats sont voués à la vindicte populaire du fait d'avoir pris le pli de mal distribuer la justice.
Le président de la République leur demande d'opérer un choix : « Il est temps que les opérateurs judiciaires choisissent leur camp ; celui de servir ou de martyriser davantage un peuple meurtri et éprouvé par plusieurs années de conflits et de violences ».
Puisqu'il est déterminé à sévir, le garant de la Nation invite le peuple à l'accompagner dans cette action visant à séparer le blé de l'ivraie : « Je ne doute pas du reste de tout le soutien que la population tout entière apporte à ces mesures qui, dans le plus bref délai, contribueront, à coup sûr, à garantir la justice et la sécurité judicaire pour tous ».
Réponse du berger à la bergère, les magistrats par la bouche de leur Syndicat (Synamag) : « Tout en étant d'accord avec le chef de l'Etat, la révocation seule ne suffit pas. Il faut qu'au-delà de la révocation, on puisse repenser profondément le véritable problème d'ordre social et professionnel qui se pose au sein de la magistrature et y remédier, c'est-à-dire l'amélioration des conditions salariales, techniques et professionnelles qui doivent concourir à une bonne administration de la justice ». Et d'ajouter qu'en fait de sanction le chef de l'Etat doit étendre l'étendre aux ministres et députés qui se compromettent au même titre que les magistrats.
Qu'à cela ne tienne, JKK est imperturbable : « Perçue à juste titre comme garante de la paix civile et facteur indispensable à la stabilité politique ainsi qu'au développement économique et social, aujourd'hui la justice est elle-même au banc des accusés ». Wait and see.
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