3 Juillet 2009
Kinshasa — Heureux qui, comme l'élu de la circonscription électorale de Kasangulu, aux portes de la capitale congolaise sur la nationale Kinshasa/Bas-Congo, veut s'offrir des vacances parlementaires avec le sentiment du devoir accompli.
Auteur de deux motions d'information présentées à l'Assemblée nationale pendant la session de mars, le député national Jean Claude Vuemba se dit davantage préoccupé par la suite des questions qu'il a soulevées et qu'il qualifie de «contribution majeure à la bonne gouvernance».
En fait de contribution, le président du Mouvement du peuple congolais pour la République (MPCR) a eu, à deux reprises, l'insigne honneur de prendre la parole devant la plénière de l'Assemblée nationale. Avec ses pairs, il a partagé ses préoccupations d'ordre exclusivement économico-financier.
Dans sa première motion, livrée le 4 juin 2009, il a, d'une part, dénoncé la violation des procédures de passation des marchés publics. Et, de l'autre, fustigé la misère infligée aux fournisseurs des prestations et travaux à l'Etat, dont les créances restent longtemps en souffrance.
Il a par ailleurs révélé que les ministères des Finances et du Budget dénient aux entreprises prestataires le bénéfice de l'acompte des 30 à 40% du montant du marché devant leur permettre de démarrer l'exécution du contrat obtenu.
Quand bien même des entrepreneurs s'endettent auprès des banques, à cet effet, ils sont soumis à des acrobaties humiliantes avant de décrocher un hypothétique paiement. Dans plusieurs cas, faute de solvabilité, nombre de sociétés créées par des compatriotes mettent la clef sous le paillasson. «Nous proposons qu'il soit diligenté une enquête parlementaire au niveau des Finances et du Budget pour tirer les choses au clair», avait suggéré J.C. Vuemba.
La seconde motion d'information relance la polémique autour de l'assistance technique à l'Office des douanes et accises (Ofida), née du contrat signé par le gouvernement de la République et la firme Customs and Tax Consultancy (CTC).
Le président du MPCR avait, le 9 juin, saisi la plénière de la chambre basse pour dénoncer l'opacité des circonstances ayant entouré la création de la firme CTC ainsi que la conclusion de son contrat avec la RDC.
Dans sa motion, le député national avait stigmatisé le marché conclu, selon lui, «sans appel d'offres ni publicité». Il avait alors désigné les initiateurs du contrat - en l'occurrence les ministres des Finances, du Budget et du Portefeuille - comme étant les seules personnes «habilitées à expliquer à l'opinion les tenants et les aboutissants du choix délibéré porté sur CTC».
Poursuivant son plaidoyer, le député a indiqué que les ministres mis en cause se sont rendus coupables de «prise illégale d'intérêts», dans la mesure où «des membres de famille de certains d'entre eux font partie du personnel de CTC».
Il a annoncé, pour clore, le dépôt d'une proposition visant la création d'une commission d'enquête parlementaire devant faire la lumière sur le contrat CTC-Ofida. L'Honorable Vuemba s'est distingué par le passé dans la défense des intérêts du peuple. Illustration : l'affaire dite du «riz avarié de Congo Futur».
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