3 Juillet 2009
Kinshasa — Le peuple congolais meurtri et endolori interpelle, au 49ème anniversaire de son indépendance, le président des Etats-Unis d'Amérique lors sa visite officielle en Afrique noire, précisément au Ghana au cours de mois de juillet 2009. Cette lettre ouverte concerne le Génocide du Peuple congolais et la vassalisation politique, militaire, économique et financière de la R D C par les présidents Paul Kagame et Yoweri Kaguta Museveni, les hommes de main des Etats-Unis d'Amérique en Afrique noire et dans les Grands Lacs.
Monsieur le Président des Etats-Unis d'Amérique
En cette Journée solennelle de 30 juin 2009, marquant le quarante-neuvième anniversaire de notre Indépendance, le Peuple congolais, fortement endolori et lourdement meurtri, et ayant à l'esprit cette pensée heureuse tirée d'une de vos oeuvres : «Ici (En Afrique), les gens continuent à se parler (même quand tout va mal, on communique) » (1), se saisit, avec déférence, de l'annonce de votre première visite d'État en Afrique Noire en tant que Président de la Puissance Unipolaire Mondiale que sont les Etats-Unis d'Amérique , pour vous adresser cette lettre ouverte, laquelle se donne à voir comme l'amorce d'un franc et fraternel dialogue avec l'Homme Noir le plus puissant de toute l'Histoire de l'Humanité (2), le gardien de la liberté qui incarne l'esprit de service (3), aux fins d'attirer votre particulière attention quant aux atrocités dont ce Peuple de près de 70 millions d'âmes est victime, à savoir, d'une part, le Génocide à huis clos qui se déroule sur le sol congolais depuis près de 15 ans, sous la houlette des Etats-Unis d'Amérique, votre Pays, occasionnant près de 10 millions (4) de morts et de violences sexuelles, psychologiques dont la cruauté et l'ampleur défient toute imagination et ; d'autre part, le malin et pernicieux processus de vassalisation et/ou recolonisation de la République démocratique du Congo.
Notre pays martyrisé, en ce début du 21ème siècle, par le Rwanda, l'Ouganda, le Burundi, l'Angola, l'Afrique du Sud , pays satellites des USA qui exécutent leur plan de morcellement de l'Afrique Noire en de petites républiquettes bananières (5). Et ce, pour vider, en définitive, le Continent Noir de toute sa dynamique interne de sa renaissance et de l'arrimer ainsi, à tout jamais, à la dépendance et l'arriération, c'est-à-dire à la désintégration et /ou extinction du Berceau de l'Humanité qu'est l'Afrique Noire, comme entité historique autonome.
Ce paradigme nihiliste, convenons-en, comme tous les impérialismes qui méprisent l'homme jusqu'à l'annihiler, fait suite aux autres ignobles néantisations de l'Homme Noir, fils premier-né de l'Humanité : la Traite négrière, l'Esclavage et la Colonisation et ce morcellement qui condamne près d'un milliard d'êtres d'humains à l'extinction pour le bonheur matériel de quelques-uns. Cette déshumanisation n'est-elle pas contraire à la conception du nouveau leadership américain que vous prônez, Monsieur le Président des Etats-Unis, quand vous dites clairement dans «The American Moment » (2007) : « J'estime que la tâche la plus importante qui incombe à tout président consiste à protéger le peuple américain. Je suis également convaincu que, pour s'acquitter efficacement de cette tâche au XXIème siècle, il faudra une nouvelle conception du leadership américain et de notre sécurité nationale, conception qui s'inspirera du passé sans être prisonnière d'idées périmées. Dans le monde actuel, la sécurité du peuple américain est inextricablement liée à celle de tous les peuples. Lorsque le trafic des stupéfiants et la corruption menacent la démocratie en Amérique Latine, c'est également un problème pour les Etats-Unis. Lorsque de petits agriculteurs pauvres d'Indonésie sont contraints de porter au marché des volailles atteintes de la grippe aviaire, on ne peut considérer ce fait comme un problème lointain. Lorsque des écoles religieuses du Pakistan enseignent la haine à de jeunes élèves, nos enfants sont également menacés».
«Q'il s'agisse du terrorisme mondial ou d'une pandémie, de changements climatiques spectaculaires ou de la prolifération des armes de destruction massive, les dangers qui nous menacent à l'aube du XXIème siècle ne peuvent plus être endigués par des frontières ou des lignes de démarcation Nous devons jouer un rôle premier plan en agissant et en donnant l'exemple .
« En outre, les Etats-Unis doivent donner l'exemple en venant à l'aide à tous ceux qui mènent une existence désespérée dans les régions reculées du monde, car s'il y aura toujours des personnes pour succomber à la haine et attacher des charges explosives à leur corps, il y en a des millions d'autres qui désirent choisir une autre voie et qui veulent que notre flambeau d'espoir éclaire leur chemin » (6).
LIER L'ACTE A LA PAROLE (*)
Ce qui n'était qu'une profession de foi d'un brillant rhéteur à la recherche de l'investiture du Parti démocrate, est devenu, dans votre Discours d'Investiture en tant que 44ème Président des Etats-Unis, un véritable credo pour une praxis politique plus humaine et bien affirmée au monde : « A tous les peuples et les gouvernants qui nous regardent aujourd'hui, depuis les plus grandes capitales jusqu'au petit village où mon père est né (au Kenya, ndlr) : sachez que l'Amérique est l'amie de chaque pays et de chaque homme ,femme et enfant qui recherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à nouveau à jouer notre rôle dirigeant . » Plus loin, vous ajoutez : « Les Etats-Unis doivent jouer leur rôle en donnant l'élan d'une nouvelle ère de paix » (7). Plus explicite, dans votre Discours fondateur du Caire, vous écrivez : « Le premier défi que nous avons à relever est celui de l'extrémisme violent sous toutes ses formes Parce que nous rejetons aussi ce que les hommes de toutes les confessions rejettent : l'assassinat d'hommes, de femmes et d'enfants innocents » (8).
Le démenti à votre credo de paix et au Discours Fondateur du Caire vient encore de Cynthia McKinney, votre Compatriote, Candidate du parti écologiste aux élections présidentielles américaines de 2008 et ancienne Sénatrice des Etats-Unis, qui écrit : «La R.DC est toujours pillée et, chaque jour, le nombre de femmes congolaises violées, torturées et tuées, augmente. Cela n'entraîne toujours pas de sanction contre les auteurs de ces atrocités A vrai dire, nous disposons de preuves suffisantes sur ce que fait le Rwanda dans cette région. Mais, à ce jour, aucune sanction n'a été prise pour arrêter la guerre et le pillage des ressources naturelles en République démocratique du Congo ». (9)
Comment comprendre, Monsieur le Président, le silence effrayant de la nouvelle administration américaine devant les atrocités commises en République démocratique du Congo alors que, du haut de la Chaire de l'Université du Caire, vous affirmez : «Et lorsque des innocents sont massacrés en Bosnie ou au Darfour, c'est un poids pour notre conscience collective ! » (10).
Comment comprendre votre silence, M. Le président, alors qu'en 2005 et 2006, vous étiez encore sénateur de USA, vous avez récolté des fonds pour améliorer la sécurité au Congo ! C'est toujours vous en tant que sénateur que suiviez de près la situation de la RDC et vous avez envoyé au Sénat quatre documents à propos du Congo ! Monsieur le président, vous avez même envoyé une lettre à la Secrétaire d'Etat Mme Condolezza Rice sur la question de la guerre et de violences sexuelles en RDC ! Avez-vous oublié ?
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