L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Burkina Faso: Zéro collectif à l'université de Koudougou - « C'est une aberration »

Lobservateur

2 Juillet 2009


L'université de Koudougou est perturbée parce que des étudiants ont écopé d'un zéro collectif pour n'avoir pas composé dans une matière en période de grève. Les internautes apprécient diversement le problème. Mais la majorité soutient les pensionnaires du campus de Koudougou dans leur mouvement.

Posté le 2 juillet 2009 par Kk

Les revendications de circonstance ou les mots d'ordre du genre : "soyez vigilants" et signés par "un groupuscule d'étudiants vigilants" sont l'Å"uvre de fantoches. Pourquoi demander la reprise des cours pendant que les enseignants ne sont pas satisfaits ? Peut-on avoir une formation de qualité sans des enseignants dans de bonnes conditions ?

Vous vous trompez d'objectif. Dès le début de la lutte des enseignants, l'ANEB a fait une déclaration pour la soutenir. Pour une reprise des cours et une formation de qualité, il faut satisfaire la plate-forme des enseignants. Ce n'est pas malin de penser qu'une structure comme l'ANEB puisse marcher pour mettre la pression sur les enseignants afin que les cours reprennent. Bref !

Pour ce qui concerne le zéro collectif, c'est tout simplement irréfléchi de la part des autorités universitaires de Koudougou. Pour ça, on n'a pas besoin de se faire prier pour lutter. Nos universités sont en crise comme d'ailleurs tous les secteurs d'activités du pays. Cette crise est la résultante d'une incapacité des autorités à gérer le pays.

Posté le 2 juillet 2009 par Titiama

Au risque de me faire taper sur les doigts par les étudiants, j'estime que celui ou celle qui ne se présente pas à un devoir doit avoir systématiquement zéro. Il faut être clair là-dessus. Avant toute lutte ou décision d'aller en grève, il faut en mesurer les conséquences. Sinon, la démarche administrative est claire et nette. Maintenant pour des considérations humaines, on peut demander à l'administration de surseoir à une telle sanction et de reprogrammer le ou lesdits devoirs. Négocier avec elle mais pas lui forcer la main.

Posté le 2 juillet 2009 par Le BurkidePuteau

Quand on érige l'irresponsabilité en méthode de gestion, on aboutit inexorablement à ce genre de situation. Le zéro collectif, à Koudougou ou ailleurs, est une aberration intolérable. J'ai toujours du mal à comprendre comment des esprits normaux puissent en arriver à adopter des textes insensés et inapplicables.

Est-il moralement acceptable de donner des zéros à toute une promotion qui pour des raisons légitimes décide de ne pas prendre part à un examen ? Ces zéros, qui ne sont alors qu'une sanction, peuvent-ils être acceptés ? De toute façon, il est encore temps que le Pr Segda (président de l'UK) et son équipe revienne à la raison et vite.

S'arcbouter sur un texte, dit-il, adopté cette année et qui ne saurait être modifié, c'est courir le risque de pourrir davantage la situation. Je ne vois pas comment on peut maintenir ces zéros collectifs et délibérer en toute âme et conscience, exclure une bonne partie des étudiants et penser que la situation sera ainsi réglée, que les étudiants s'en iront ainsi pleurer et regretter leur outrecuidance dans leur chaumière.

Il ne faut pas se leurrer, il s'agit des jeunes Burkinabè, combattants responsables et c'est l'ANEB qui dirige la lutte ! Les étudiants ne se laisseront pas faire. Et ça , je les soutiens. Quand on crache en l'air, il faut s'attendre à recevoir des gouttelettes de salive sur la tête, dit le proverbe. Que Segda médite cela !

Posté le 2 juillet 2009 par Philippe

Je rappelle qu'en 1984-1985 le président de l'UK de Koudougou, M. Segda B. G. était délégué CDR à l'université de Ouaga, plus précisément à l'IMP et avait, à l'époque, mené une lutte farouche contre l'ANEB. Il a toujours combattu l'ANEB qui l'a toujours vaincu. Le Pr, s'il est juste et honnête, peut tout simplement annuler le devoir et refaire un autre, car les textes et les habitudes le permettent. Pendant que le gouvernement a chaud avec les chercheurs, voilà que des zélés veulent ouvrir de nouvelles lignes de front de manière légère et maladroite.

Posté le 2 juillet 2009 par Badisak

On a l'impression qu'il y a des responsables d'université qui ont intérêt à entretenir des crises dans les universités. Le zéro collectif sanctionne-t-il le travail des étudiants ou le fait de faire grève ? Au moment où les plus hautes autorités sont préoccupées à sauver l'année universitaire avec les enseignants-chercheurs, les responsables des autres universités doivent mettre un peu de sagesse dans leurs agissements et nous éviter d'autres crises. Nos enfants doivent être évalués sur la base de l'enseignement qui leur est dispensé.

Posté le 2 juillet 2009 par Ss

Salut, mon ami K.K. ; gérer un pays, c'est pas le français. Au 21e siècle on doit éviter de bloquer tout un système de la sorte. Il faut trouver des compromis intelligents. A vous entendre, vous êtes toujours sur les bancs. Finissez vos études et rejoignez-nous dans le monde réel. Amicalement.

Posté le 2 juillet 2009 par Kk

Je comprends vos limites ! Y a-t-il une période pour s'intéresser à la gestion de son pays ? Les étudiants doivent-ils quitter les bancs avant de savoir que le pays est en crise ? Ou pensez-vous que les bancs nous empêchent de caractériser la situation nationale ? C'est lamentable ! Par cette affirmation, vous exprimez une carence politique notoire. Merci de vous former !

Posté le 2 juillet 2009 par Sissoko

C'est de quel monde réel vous parlez, M. Ss ? Les étudiants sont des citoyens en marge ou quoi ? Si vous suivez l'actualité, l'Aneb a bel et bien envoyé un message de soutien aux enseignants. Ce serait arbitraire voire ridicule de pousser à la reprise des cours sans la satisfaction des doléances. La gestion de la nation nous incombe tous et, au lieu de verser dans des débats stériles, nous devons nous compléter les idées. Infliger un zéro collectif est absurde et risque d'entraîner encore un blocage sérieux, surtout qu'on n'a pas fini avec l'UO.

Posté le 2 juillet 2009 par AT

Je suis complètement désolé par certaines décisions de nos dirigeants. Je vous assure que le Directeur de l'UFR/SEG, en réponse à ces négociations pour lever les zéros, a dit purement et simplement que si on revenait sur la décision du conseil d'administration, c'est-à-dire, si on reprogrammait ces devoirs, il serait prêt à rendre sa démission. Cette situation est lamentable pour les étudiants, surtout qu'à l'UK les choses vont bon train et que l'année tirait à sa fin. Plus d'intelligence à vous, chères autorités.

Posté le 2 juillet 2009

Si l'ANEB déclenche un mouvement à l'UO, cela sera une pression plus efficace qui conduira le gouvernement à satisfaire les revendications des professeurs. C'est aussi simple à comprendre ! C'est quel genre d'étudiants que nous avons à l'UO ? Peu dynamiques, peu revendicateurs, peu actifs et qui refusent de comprendre ce qui est simple. Kaaarrrisssaaaa !!!

Posté le 2 juillet 2009 par Kk

Malgré tout, ce sont ces étudiants qui ont fait reculer la gendarmerie à deux reprises (Canal de Zogona et Charles De Gaulle) en 2005 ; ce sont eux qui sont sortis massivement (plus de 20 000) en mai 2007 pour faire augmenter l'aide, la bourse, etc. ; c'est encore eux qui ont affronté héroïquement les balles réelles du RSP en mai 2008. Je fais ce point pour souligner que chaque fois qu'on a voulu décourager une génération, on affirme qu'elle est moins que la précédente. La limite de cette vision à l'infini, c'est d'arriver à faire accepter que les luttes sont finies, qu'il n'y a plus de lutteurs, etc.

Les étudiants se battent, ils résistent et ne sont pas peu combatifs comme vous le soulignez. N'oubliez pas qu'ils sont aussi sur tous les fronts de lutte des travailleurs. Maintenant, qu'ils décident de soutenir la lutte des enseignants est un grand pas, une hauteur de vue ; descendre dans la rue pour les soutenir est une autre étape que dépend de nombreuses variables que, seuls les hommes de terrain (les étudiants eux-mêmes) peuvent apprécier.

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