Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
2 Juillet 2009
Dakar — Le ministre sénégalais de la Justice, Madické Niang, a réaffirmé, jeudi à Dakar, que son pays soutient l'idée d'une Cour pénale internationale (CPI) "forte", levant ainsi les équivoques concernant "un éventuel désengagement".
Madické Niang recevait le même jour une délégation de la CPI conduite par sa vice-présidente, Fatoumata Dembélé Diarra.
"Nous nous sommes entretenus pour lever toutes les équivoques concernant un éventuel désengagement de notre pays. Au contraire, nous nous engageons pour une CPI forte", a indiqué le ministre au sortir de la réunion.
"Nous avons montré notre attachement indéfectible à lutter contre l'impunité. Par la même occasion, nous leur avons demandé d'essayer de donner une image plus positive de la cour" a encore dit Madické Niang.
Selon lui, "beaucoup de gens voient en elle (la CPI) une justice pour les Africains. Nous voulons montrer qu'elle a une vocation universelle. Et nous avons trouvé une réponse favorable car Madame la vice-présidente m'assuré qu'ils sont en train de mener des enquêtes dans d'autres continents".
"Nous avons également demandé une cour pénale africaine pour juger nous-mêmes les dirigeants passibles de fautes. Au cas où les juridictions des pays connaîtraient des insuffisances", Madické Niang.
"Le mode de saisine de la CPI a également été abordé. Nous ne voulons pas que des pays non membres puissent intervenir dans le fonctionnement de la cour", a ajouté le ministre.
Des organisations sénégalaises des droits humains reprochaient récemment le ministre de la Justice du Sénégal de porter l'initiative consistant à convoquer à Addis-Abeba une réunion des ministres de la Justice des Etats africains pour adopter "une position commune" face au fonctionnement jugé partisan de la CPI.
Ces organisations sont : Action des chrétiens pour l'abolition de la torture, Amnesty international, l'Organisation nationale de défense des droits de l'homme (ONDH) et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (RADDHO).
Pour sa part, le vice-président de la CPI a indiqué qu'elle était venue "rendre compte" et chercher "un soutien diplomatique" au Sénégal. "Nous étions venus chercher un soutien du Sénégal pour accueillir les condamnés. Un soutien aussi pour les témoins déplacés victimes de représailles et le ministère m'a promis de faire le nécessaire", a indiqué Fatoumata Dembélé Diarra.
"Après six ans d'exercice, nous étions également venus rendre compte des activités effectués et prendre conseil", a-t-elle dit.
Créée en 2002, la CPI est une institution permanente chargée de promouvoir le droit international. Son mandat est de juger les individus ayant commis un génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Le Sénégal est l'un des premiers pays signataires de ses statuts, selon la vice-présidente.
En compagnie de ses collaborateurs, Fatoumata Dembélé Diarra s'est déjà rendue en Afrique-Sud, au Mali, au Bénin, au Botswana et en Tanzanie. Le Sénégal est la dernière étape de sa tournée africaine.
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