Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: Tambacounda - L'enseignement de l'arabe est sorti de sa léthargie dans la région, selon un responsable

2 Juillet 2009


Tambacounda — L'enseignement arabe est sorti de sa léthargie dans la région de Tambacounda, vu le "nouvel engouement" noté chez les populations, pour lesquelles l'image d'un cursus scolaire sans débouchés jadis collée à cette forme d'éducation, est révolue, a indiqué Elhadji Issa Cissokho, président régional du mouvement Al-Fallah.

M. Cissokho, qui est aussi directeur d'une école franco-arabe, a expliqué ce "nouvel engouement" pour l'arabe, notamment, par la possibilité pour les produits de cet enseignement d'être recrutés comme fonctionnaires de l'Etat.

"L'apprentissage de l'arabe était en léthargie, beaucoup pensaient qu'il n'avait pas de débouchés. Certains, après un moment, sortaient leurs enfants pour les mettre dans les daaras", a-t-il dit dans un entretien accordé à l'APS.

"Maintenant, les gens savent qu'il (l'enseignement de l'arabe) permet à la fois d'apprendre sa religion et d'avoir des diplômes pour être fonctionnaire de l'Etat", a poursuivi M. Cissokho.

Huit produits de cette école ont récemment été recrutés dans l'enseignement public et d'autres s'apprêtent cette année à déposer leur dossier de candidature pour le volontariat, a-t-il noté.

"C'est pourquoi, de plus en plus, les gens s'engagent dans l'enseignement arabe", a-t-il dit, saluant la "coopération fluide" qui existe entre son établissement et l'inspection qui, selon lui, effectue "le même contrôle pour l'école française que pour l'enseignement arabe".

Quand l'école a été installée en 1984, elle était "très contestée", notamment par les maîtres coraniques, qui estimaient qu'elle les concurrençait, s'est-il souvenu. A l'image de l'école française, cette école fonctionne sur la base d'un programme, et ses pensionnaires sont évalués et sanctionnés par des diplômes.

"Je compte décentraliser les enseignements dès l'année prochaine dans certains quartiers périphériques qui en ont émis le vÅ"u, si j'y trouve des espaces pour accueillir des salles de classe", a ajouté le directeur de l'école sise au quartier Quinzambougou. Des discussions sont en cours pour trouver ces emplacements avant la rentrée prochaine, a-t-il dit.

Des délégations des quartiers Abattoirs, Gouye et Plateau sont, selon lui, venues demander à avoir des classes relevant de l'école, vu la taille de la ville.

"On a espoir que, vu le progrès de l'enseignement de l'arabe dans la région, un jour, on pourra avoir un centre universitaire régional ici à Tambacounda", a-t-il dit.

Le mouvement Al-Fallah qui compte des écoles à Dakar et dans plusieurs régions du pays dont les programmes ainsi que les diplômes sont homologués par l'Etat, compte mettre en place cette année une université islamique, a-t-il indiqué, par ailleurs.

"Si certains vont à l'étranger pour étudier, c'est parce qu'ils ne trouvent pas sur place ce dont ils ont besoin", a-t-il dit.

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