Fasozine (Ouagadougou)
Bark Biiga
2 Juillet 2009
Si loin de l'Afrique, mais si proche de l'imbroglio politique en cours au Niger, la position de la communauté internationale à l'égard du coup d'Etat militaire au Honduras a de quoi étonner plus d'un! Comment peut-on exiger le retour au pouvoir d'un chef d'Etat qui a foulé aux pieds les institutions républicaines pour se maintenir sur son fauteuil? De quelle légitimité Manuel Zelaya peut-il encore se réclamer s'il a contribué, par son obsession, à écourter son bail présidentiel à se mettre l'Armée à dos?
En tenant à restaurer l'autorité de Zelaya, l'Organisation des Etats américains, qui a introduit une résolution à l'Assemblée générale des Nations unies, a certainement ses raisons que la raison ignore. Lorsque les Etats-Unis d'Amérique appuient cette levée de boucliers contre la junte militaire qui s'est emparée du pouvoir hondurien depuis lundi dernier, on est bien au-delà d'une simple condamnation de principe. La Banque mondiale a même poussé le bouchon jusqu'au gel des crédits de l'Etat hondurien. Toutes choses qui montrent que les militaires sont déclarés persona non grata par la communauté internationale, suivie en cela par l'Union européenne.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on ne semble pas préférer «la peste au choléra». Du moins, les putschistes sont bien indésirables et il leur sera bien difficile de s'imposer, même s'ils tentent d'exhiber le soutien du peuple hondurien. Mais une chose est d'exiger le retour à la légalité et le respect des normes démocratiques, une autre est d'avoir l'assurance que le président en exil reviendra lui aussi à la raison et conviendra de sortir du jeu à la fin de son mandat, en janvier prochain, comme convenu.
En attendant, il faut encore convaincre les militaires d'accepter d'ouvrir un dialogue avec un président qu'ils ont contraint à abandonner son fauteuil. Car, d'un côté comme de l'autre, il y a bien des rancoeurs qu'il va falloir dépasser pour fermer la parenthèse du coup d'Etat. Si la pression de la communauté internationale venait à aboutir, elle pourrait peut-être inspirer la résolution de la crise politique nigérienne. Encore faut-il que la communauté africaine tienne, elle aussi, au respect des normes démocratiques au Niger, à l'instar de la communauté internationale au Honduras.
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