Fasozine (Ouagadougou)

Afrique: Merci Michael, Adieu Jackson!

Serge Mathias Tomondji

2 Juillet 2009


On est passé, tour à tour, de la stupeur à la douleur, puis à la fatalité. Il y a ceux qui n'y croyaient pas, à l'annonce de la nouvelle, et qui ont fini par se rendre à l'évidence: oui, le roi de la pop est bien parti pour le royaume éternel, le 25 juin 2009, brutalement arraché à notre univers terrestre par une crise cardiaque. Il avait 50 ans. Il n'avait que 50 ans, pourrait-on même dire. En même temps que la nouvelle faisait le tour de la terre, et que, ici et là, se sont spontanément improvisées des séances d'hommage où l'émotion régnait en maître, se posait la double question de comment est survenu le drame et de comment s'organiseront les funérailles. Du reste, ces questions-là restent latentes, même si les choses commencent à se dessiner.

Ainsi, Michael Jackson s'en est allé. Certes, il n'était pas «immortel», mais ainsi que me l'a confié l'une de ses admiratrices, «cela me fait tout drôle de savoir qu'il n'est plus»! C'est que cet artiste-là a tissé, malgré son relatif jeune âge, un lien générationnel assez fort, pour contenter aussi bien les jeunes que les adultes. Et l'on se rappelle avec tendresse du jeune garçon, qui épata le monde de son talent dès l'âge de 5 ans, où il fut précipité sur la scène et au-devant de la scène. Le petit garçon qui faisait la fierté et l'aura des «Jackson 5» devait ensuite se transcender pour créer le... Michael Jackson planétaire, dont la voix aussi bien que le style ravit le monde entier.

Tube après tube, Michael Jackson, plus que ses frères, mieux que ses coreligionnaires, volera de succès en succès, imprimant sa marque sur la galaxie musique, devenant à la fois idole adulé, grandissime ambassadeur, magnifique icône, humain traqué... Bien sûr, l'idole avait ses défauts, ses extravagances, son mal de vivre. En fait, et sans porter la robe noire de l'avocat, ni lever le doigt accusateur de l'inquisiteur, le Michael Joseph Jackson que le ministre français de la Défense, Hervé Morin, traite de «dégénéré», n'est-il pas le produit de moult contradictions et contrariétés, serinés dans ses gènes depuis le berceau?

«A ceux qui lui reprochent ses tendances pédophiles, je les plains car il sont passés à côté de sa musique. L'homme était sûrement sujet à controverses, mais c'est son art, ses pas de dance, sa musique, son rythme qui sont aujourd'hui célébrés», a écrit un internaute, en guise d'hommage. Là-dessus, on peut convenir que malgré les traumatismes qu'il a subis, l'oeuvre musicale de l'homme restera à jamais vivante et confèrera à Michael Jackson, cette dimension d'«immortel» qui n'est le lieu commun que des grands esprits.

Au-delà de «Thriller» - sa vie aussi bien que sa mort n'auront-elles finalement pas été un véritable thriller? - de «Billie Jean» et autre «Bad» qui résonneront toujours dans nos têtes, arrachant à ceux qui le peuvent, à ceux savent y faire, une sublime esquisse de «moonwalker», Michael Jackson aura surtout réussi à nous enseigner, d'une si belle, formidable et humaine façon, que... «We are the world». Et cela, pour moi, ce n'est pas rien.

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