R.d. Lebogo Ndongo
3 Juillet 2009
De nos jours, les gouvernants sont accusés de vendre du vent à leurs populations au lieu de trouver des solutions à leurs problèmes quotidiens ; accusés aussi de mal gérer les ressources publiques. Dans ce contexte, les organisations non gouvernementales (ONG) se sont taillé une solide et bonne réputation.
Une ONG, en général, c'est une association qui oeuvre pour le bien-être des hommes et des femmes dans un domaine où l'Etat semble dépassé (santé, éducation, promotion du développement, etc.). Elle fait dans le concret, elle est active et sérieuse sur le terrain. Elle travaille avec désintéressement. Elle gère bien les ressources qui sont mises à sa disposition par de généreux donateurs qui lui font totalement confiance.
Le Comité catholique de lutte contre la faim et pour le développement (CCFD) est une ONG. Sérieuse, évidemment. Désintéressée, forcément. De plus, il exerce ses activités au pays des Blancs. Donc il est très sérieux et même crédible. Et comme ses membres sont sûrement imprégnés des valeurs religieuses, les rapports de cette ONG ne sont pas loin d'être paroles d'évangile.
Hélas ! Trois fois hélas ! Ce rapport publié sur les biens mal acquis du président Paul Biya montre l'action des ONG sous leur plus mauvais jour. Cette façon de vouloir rattraper absolument Paul Biya, absent des listes les plus récentes qui ont défrayé la chronique médiatique et judicaire, a quelque chose de bien léger. Il est en effet difficile d'expliquer à des gens sains d'esprit pourquoi et comment les nombreux rapports publiés ces dernières années ont « oublié » en route le président Biya. Encore plus difficile d'expliquer comment des faits dont l'évocation de certains date de 1983 remontent tout d'un coup à la surface en juin 2009.
Ce rapport se présente ainsi comme une torpille envoyée dans le camp des ONG par une ONG. Désormais, même celles de ces associations qui travaillent avec sérieux et efficacité risquent d'être regardées avec suspicion. Quant à leurs écrits, ils seront désormais reçus avec un doute légitime.
Et que dire alors de la crédibilité des faits relayés par ce rapport ? Depuis le temps que certains sont sur la place publique, le CCFD aurait dû avoir trouvé le temps de les vérifier. Il semble avoir fait une confiance aveugle à des récits les uns plus épiques que les autres.
Et les valeurs chrétiennes dans tout cela ? Certes, ce rapport a la prétention de rappeler à Paul Biya ce commandement qui dit « tu ne voleras point », mais ses auteurs tombent eux-mêmes sous le coup d'un autre : « tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain ». L'honnêteté, la probité et le sens de la justice ont manifestement été passés par pertes et profits dans la rédaction de ce rapport. Et un homme, au nom de grands principes moraux, a donc été livré à la vindicte de l'opinion publique planétaire sur la base de soupçons.
Que cela se passe à l'heure où des signes évidents indiquent que cet homme, le président Paul Biya, entend donner une impulsion nouvelle à son action d'assainissement de la gestion des affaires publiques ne saurait être le fait du hasard. Il y a là comme un contre-feu. Pour retarder le plus possible l'assaut que le président Biya lance contre la citadelle de l'enrichissement illicite. Sous toutes ses formes, qu'il s'agisse de corruption, de détournement des deniers publics, de fraude fiscale ou de surfacturation. Les « clients » dans chacun de ces régistres ne manquent pas.
Manifestement, ils ont de la ressource. Et des alliés de circonstance. Même dans les milieux les moins suspects de connivence avec les hors-la-loi!
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