Ansoumana Sambou
3 Juillet 2009
Encore des efforts à faire sur le plan de la communication pour attirer le public dans les stades. C'est entre autres enseignements tirés du championnat professionnel à mi-parcours.
Près de deux mois. C'est le temps qu'a duré la phase aller de la première édition du championnat de Ligue 1. Lancée le 2 mai dernier, elle a été bouclée hier à Guédiawaye avec le match GFC - Gorée. En attendant les quelques matches retard de la poule B (Casa - Saloum et Casa - Port), cette première expérience du football professionnalisme a laissé plein d'enseignements.
D'abord sur le terrain, le niveau n'est pas loin de celui du championnat amateur. Hors du terrain, hormis quelques clubs de ville et notamment dans les régions de l'intérieur, on ne sent pas encore de mobilisation autour des clubs. Et d'après Alassane Dia, coach de Guédiawaye FC, « il y a encore beaucoup à faire sur le plan de l'organisation, notamment sur le plan de la communication ». En effet, contrairement à certains clubs comme Niary Tally (L2) qui va vers les média pour mobiliser leur base, les autres clubs professionnels gardent encore leurs habitudes d'amateurs.
Pour son homologue Aliou Kandji, « le professionnalisme c'est d'abord dans la tête. C'est un comportement, ce ne sont pas des paroles. Je crois que si les gens le comprennent sous cet angle, on peut réussir ». Toutefois, il reconnait que « les choses commencent à bouger quand même » dans son club, l'US Gorée. Avec le changement, il a particulièrement constaté que « les gosses sont conscients qu'ils ne sont plus des amateurs, qu'ils sont désormais liés par un pacte moral ensuite professionnel à leur club ». Mais sur le terrain, il avoue ne pas avoir « constaté un grand changement ». Et pour cause, on continue toujours de voir des journées pauvres en buts. Au niveau statistique, le technicien des Insulaires déplore les nombreux matchs nuls souvent sanctionnés par des résultats vierges.
« Donc sur le plan tactique, il n'y a pas de changements notables » regrette M. Kandji qui demeure cependant conscient de la dimension de la tâche qui les attend, eux les techniciens. Et pour ce faire, « il faut que les équipes disposent de temps d'entraînement assez large sur un terrain fonctionnel, et avec des moyens didactiques adéquats. Sur le plan de la mobilisation populaire, Aliou Kandji reste aussi sur sa faim. Rappelant que « le professionnalisme c'est un tout », le coach des Goréens « n'a pas encore senti un engouement populaire derrière les clubs, parce que le foot pro c'est d'abord les joueurs, l'encadrement technique, les dirigeants mais c'est également les supporters. Un athlète a besoin de se faire applaudir pour réaliser des performances », insiste-t-il. Et de regretter que « des grands clubs comme la JA, le Diaraf, l'US Gorée ne drainent plus du monde derrière eux contrairement à certains clubs émergeants comme Niary Tally et l'AS Pikine qui ont une base derrière ».
Fort de ces constats, il pense que le combat de la Ligue professionnelle, c'est de se pencher sur la politique à mettre en branle pour mieux vendre le spectacle. Un gage pour convaincre les annonceurs qui ont particulièrement brillé par leur absence dans les stades lors de la première phase. En tout cas, « le sponsoring est un élément fondamental pour le football professionnel. Mais il obéit à des règles parce que les annonceurs ne mettront leurs sous que s'ils sont sûrs que derrière il n'y a un public » conclut-il.
A peine un but par match
Le but est la denrée la plus rare dans ce championnat de Ligue 1. Et à titre d'excuses, les techniciens déplorent l'état des terrains. En tout cas, faux alibi ou pas, certains clubs qui disposent de bons terrains, se comportent mieux à mi-parcours de l'édition.
En attendant la mise à jour du calendrier de la poule B, 84 buts soit 40 dans la poule A et 44 dans l'autre, ont été inscrits à mi-parcours. Soit une moyenne de 1,2 dans la poule A et 1,5 dans la poule B. Avec 10 buts, l'attaque du Port est la plus efficace, toutes poules confondues. Une performance que les Portuaires pourront améliorer si leur match litigieux contre le Casa Sports (3e journée) est reprogrammé. En plus de la meilleure attaque, c'est dans la poule B où l'on retrouve les journées (4e et 8e) les plus riches en buts avec 8 réalisations. Un ... record qui pourrait être effacé par la 5e journée qui a déjà enregistré 6 buts et dont le dernier match (Casa - Saloum) n'est pas encore joué. En revanche, en attendant la mise à jour du calendrier de la poule B désormais dominée par l'US Gorée à la suite de son succès (1-0) hier aux dépens du GFC à Guédiawaye, les 3e et 8e journées (poule A) sont les plus pauvres en buts. Seulement 3 buts ont été inscrits lors de ces journées. Au classement des défenses, la Linguère de Saint-Louis trône au sommet avec seulement deux buts encaissés en 8 matches.
Deux buts, c'est la très faible performance de l'attaque de la Jeanne d'Arc et de celle du DUC, les deux lanternes rouges des poules. Pire, ces deux « tocards » sont les seuls clubs qui n'ont pas encore enregistré de victoires. Par contre, avec 10 buts encaissés, le Ndiambour, autre club qui traverse une période noire, a la pire défense du championnat. Au classement des buteurs, Alpha Oumar Sow du Casa Sports trône au sommet avec 5 unités en 6 matches. Soit une moyenne de près d'un but (0,833) par rencontre. Un capital que l'international du club de Ziguinchor pourrait améliorer lors des deux matches retard à domicile (contre Saloum et le Port) de son club dans un avenir proche.
Le « mauvais état » des terrains mis en cause
En fait, pour expliquer le faible taux de buts, certains techniciens déplorent l'état des terrains. Et parmi eux, Amara Traoré qui accuse le terrain du stade Me Babacar Sèye d'être « le premier adversaire » de son équipe. Un argument qui peut prospérer si l'on se fie aux résultats des Saint Louisiens sur ce terrain qui « profite plus aux équipes qui défendent qu'à celles qui attaquent ». Sur ce « champ de patate », les résultats nuls vierges sont plus fréquents. Et sur ce plan, c'est plutôt le Casa Sports qui semble mieux nanti. Disposant d'un stade Aline Sitoé Diatta doté d'une pelouse synthétique, le club de Ziguinchor tient, en effet, une bonne opportunité pour inscrire son nom pour la première fois de son histoire au palmarès du championnat. La précédente saison, les Sudistes l'ont raté de peu, battus qu'ils étaient en finale du play off à Dakar par l'AS Douanes.
Cette année, ils tiennent le bon bout à mi-parcours contrairement à leurs bourreaux de la saison dernière, méconnaissables dans cette première phase. Non seulement il est encore invaincu, mais le club de Demba Ramata Ndiaye détient la deuxième attaque (9 buts) en attendant la mise à jour de son calendrier. En termes d'invincibilité, la Linguère et la CSS ne sont pas encore tombées. Les « Sucriers » passent d'ailleurs pour la révélation à l'issue de la première phase alors que la RS Yoff, leur compagnon dans l'ascenseur de la montée, est en perte de vitesse après avoir pourtant bien engagé la course. Les Yoffois sont en effet en chute libre depuis deux journées au point de se rapprocher de la zone rouge de la poule B occupée par le Saloum et la JA, respectivement premier et dernier relégable. Dans l'autre classe, les « étudiants » du DUC et le Ndiambour sont les deux clubs qui occupent cette mauvaise posture mi-parcours.
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