Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Formule ... Mixte

B. Khalifa Ndiaye

3 Juillet 2009


On avait parfaitement compris le coup de gueule d'après match d'Amara Traoré, l'entraîneur de la Linguère, l'autre dimanche, suite au nul vierge de son équipe au stade Me Babacar Sèye de St-Louis, face à l'US Ouakam. Cet ancien du club qui a fait une longue carrière pro en France et qui donc était habitué aux aires de jeu aux normes internationales, ne pouvait comprendre que dans la capitale du Nord, les autorités municipales ne semblaient pas avoir inscrit la réfection de l'infrastructure sportive au nombre de leurs priorités. Alors, il menaçait de rendre le tablier...

C'est vrai qu'au stade Me Babacar Sèye, ex Wiltord, théâtre de tant de hauts faits de footballeurs nordistes, on est actuellement plus proche du ... beach soccer que du football traditionnel. Oui, ce dimanche-là, un téléspectateur non averti aurait pensé voir à la télévision nationale, un match de foot de plage entre joueurs sélectionnables pour le tournoi qualificatif au Mondial de beach soccer actuellement en cours à Durban (Afrique du Sud). Et pourtant, il s'agissait bien d'un Linguère - US Ouakam, comptant pour le championnat professionnel de football. Du sable « stabilisé » en certains endroits à force d'arrosage, mais tout de même une surface inégale, favorisant les faux rebonds et compliquant considérablement la tache des joueurs.

Et nous étaient revenues en tête les protestions de Badara Sarr, l'entraîneur de l'AS Douanes et les réponses de son ancien coach et actuel alter ego, Karim Séga Diouf de Yakaar, lors de la 2ème journée. Leurs deux équipes venaient de se neutraliser au stade Galandou Diouf de Rufisque, et le premier avait déploré la très mauvaise qualité de l'aire de jeu. Le second avait, plus tard, répliqué que son équipe revenait de St-Louis où les conditions de jeu sont bien plus difficiles. C'est vrai qu'au moins à Rufisque, il y a du gazon et la surface de jeu est dure. Mais dans la capitale du Nord, la surface est meuble et la poussière s'invite souvent dans les débats.

A la mi-temps de ce Linguère - USO, la RTS avait enfoncé le clou en montrant quelques extraits de la rencontre CSS - Diaraf disputée la veille à Richard-Toll. Pour un même décor. On se croirait encore à une rencontre de beach soccer, tant la surface de jeu est sablonneuse. Et voici que Mbour revendique « le plus mauvais terrain du Sénégal ». Tout cela pour dire que le football professionnel a beau être lancé, il reste encore beaucoup à faire pour réunir les conditions de performance. Et la moindre des exigences est un terrain praticable.

Or, peu d'équipes en disposent. Pour quelques temps alors, on aura droit, par moments, à une sorte de beach soccer qui ne dit pas son nom. Une sorte de formule mixte : foot traditionnel sur des aires de jeu plus ou moins acceptables (selon qu'elles sont en gazon synthétique ou en gazon naturel) et beach soccer sur du sable.

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