Le Soleil (Dakar)

Afrique: 800.000 cas de cancers attendus par an d'ici à 2020

Eugène Kaly

3 Juillet 2009


Si rien n'est fait d'ici à une dizaine d'années, le nombre de personnes atteintes de cancer pourrait augmenter en Afrique. Il passerait de 582.000 à 800.000 par an, soit une augmentation de 40% avec un taux de décès de 50%.

Les maladies liées aux cancers font peur au vu des statistiques révélées lors d'une conférence sur « Le fardeau des cancers en Afrique et le plaidoyer pour les cancers en Afrique ». La conférence a été animée successivement par le Dr Abdoul Aziz Kassé et le Pr. Mamadou Diop, tous deux cancérologues. Selon le Pr. Diop, responsable de l'Institut du cancer de hôpital Aristide Le Dantec, 582.000 personnes étaient atteintes de cancers en 2002 en Afrique dont 70% sont décédés. Il a indiqué que si rien n'est fait d'ici à 2020, on enregistrera 800.000 cas de cancers par an en Afrique avec 50% de décès. « Cela fera une augmentation de 40%. Ce qui est énorme », a-t-il lancé.

Le Pr. Mamadou Diop a qualifié le cancer d'un problème émergent majeur de santé publique auquel il faut faire face. A ce propos, le Dr Abdoul Aziz Kassé, dans sa communication sur « Plaidoyer pour les cancers en Afrique », a plaidé pour la mise en place d'un Programme national de lutte contre les cancers. Lequel permettrait de définir la politique de santé en matière de lutte contre les cancers. « Cette politique devrait commencer par une sensibilisation auprès des autorités pour qu'elles sachent que le cancer est une réalité en Afrique et qu'il doit être pris au sérieux. Donc, la sensibilisation doit occuper une place importante dans la lutte contre les cancers », a-t-il insisté. Les deux conférenciers ont indiqué devant un parterre d'experts que la lutte contre les cancers de l'enfant et de l'adulte passe par la formation du personnel de santé.

Selon Mamadou Diop, il faut plus de ressources en Afrique, parce qu'il y a une transition épidémiologique. Les maladies non transmissibles ont pris la place de celles dites infectieuses dont le chef de file est le cancer. « Donc, il faut allouer plus de ressources à ces maladies non transmissibles en formant les praticiens qui se chargeront de la prise en charge » a-t-il souhaité.

En plus de la formation, il faut que les structures de santé soient équipées en radiothérapie, « on ne peut pas faire face au fardeau des cancers si nos structures n'ont pas un plateau technique acceptable », a-t-il soutenu avant de reconnaître que les hôpitaux africains, en particulier sénégalais, souffrent d'un déficit en infrastructures, en ressources humaines et en équipements, comparés à l'ampleur du fléau.

Si toutes ces conditions ne sont pas réunies, la bataille contre les cancers ne sera pas gagnée en Afrique. En attendant que tout cela se réalise, les spécialistes ont plaidé pour que les efforts de prévention et de diagnostic soient renforcés.

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