Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Bernard Kouchner ministre français des affaires étrangères - « Les sénégalais doivent se sentir chez eux à l'institut français »

El Hadji Massiga Faye

3 Juillet 2009


Une Agence culturelle souple, ouverte et à l'écoute des autres. Telle est la nouvelle orientation de la politique culturelle de la France à travers le monde. Au programme du deuxième et dernier jour de sa visite le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a animé hier après-midi, à l'Institut français, une rencontre-débat sur les perspectives de la politique culturelle extérieure de la France. La politique culturelle d'influence de la France se réforme et se précise à la fois, annonce le chef de la diplomatie française.

Une direction de la mondialisation est en gestation. « Même s'il y a une certaine régulation, il faudra faire attention aux règles uniformes en matière de culture et quelque soit le niveau de développement », a expliqué Bernard Kouchner. Selon lui, on ne peut réduire les rimes (poésie) aux valeurs marchandes. « L'accès à une culture diversifiée, à un développement culturel plus juste, comme la santé, doit prévaloir et non obéir à des logiques économiques », argue-t-il. Pour lui, la culture représente un sujet majeur pour la France et quelque soit l'expression artistique.

Après avoir salué « l'immense apport » de la culture sénégalaise au niveau mondial, le chef de la diplomatie française a estimé que la « Francité » va au-delà de la Francophonie qu'il considère comme une richesse et une unité. D'où le besoin de « réformer et de moderniser le dispositif culturel de la France dans le monde », défend B. Kouchner. Dans ce cas de figure, il s'agira de « s'adapter aux défis de performances d'innovations et de lisibilité », dit-il. En termes moins diplomatiques, il faut s'adapter ou disparaître. Ainsi, « une nouvelle Agence culturelle va suppléer Culture France pour une présence culturelle française plus cohérente », annonce Bernard kouchner. Une nouvelle orientation va naître de la collaboration entre le ministère français des Affaires étrangères et celui de la Culture et de la communication. Selon le conférencier, il est question de convaincre et de ne rien imposer.

« Il n'est plus le temps d'imposer la culture mais de créer un partenariat, assure-t-il. Il faut que les Sénégalais se sentent chez eux à l'Institut français Léopold Senghor ». Autrement dit « balancer entre l'originalité de ce que nous offrons et la demande », estime le diplomate français. A son avis, dans cette bataille d'influence, le conservatisme ne triomphera pas. Ce qui justifie une allocation de 40 millions d'euros, en crédit, pour moderniser le réseau culturel français à l'extérieur. D'ores et déjà, l'Institut français de Dakar qui fête ses 50 ans d'existence, a un nouveau directeur en la personne de Alban Corbier Labasse. « Pour une meilleure circulation des artistes et des idées, nous allons promouvoir toutes les cultures à travers les Instituts français », résume Bernard Kouchner.

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