Pape Ndiaye
3 Juillet 2009
Le conseil de la défense de l'ex-chef du gouvernement sénégalais, Mame Madior Boye, était composé de Mes Massokhna Kane, El Hadj Diouf et Aïssata Tall Sall. L'occasion de sa sortie d'hier aura permis de revisiter les contours du droit international dans ses dispositions relatives à la jurisprudence en matière d'accident mortel. Le pool des avocats estime que les mandats d'arrêt décernés par la justice française ne constituent qu'une volonté manifeste d'abattre d'honnêtes citoyens sénégalais.
Le coordonnateur du jour, Me Massokhna Kane, a d'abord procédé à une explication détaillée des dispositions de l'Arrêt. Me Kane estime que l'affaire du bateau Le Joola est une cabale montée de toutes pièces contre leur client. Ce qu'il qualifie de violation des ordres juridiques de l'immunité attachée aux ministres sénégalais. Selon lui, Mame Madior Boye n'a pas de responsabilité directe dans cette affaire.
'Le rapport d'expertise, sur lequel la France s'est basée, se révèle être non fiable, donc nul et non avenu', fait remarquer Me Kane. 'Avant la survenue de l'incident maritime, rapporte l'avocat, un appel d'offres a été lancé pour la réparation du bateau qui a été immobilisé 13 mois durant, pour un montant total de 250 millions de nos francs'. 'Mame Madior Boye a rendu d'énormes services à son pays. Et ces mandats d'arrêt ne sont qu'une violation du droit national et international', dira le coordonnateur du pool des avocats.
Pour Me El Hadj Diouf, le lancement des mandats d'arrêts internationaux par la juridiction française est tributaire d'une 'volonté manifeste de la justice française de discréditer nos institutions judiciaires'. Ce 'racisme judiciaire' traduit, selon lui, la volonté des autorités françaises, tapies dans l'ombre, d'abattre Mame Madior Boye et d'humilier les Africains. Dans ce sillage, l'ancien ministre estime que 'les victimes sénégalaises ont été indemnisées. Et la France n'a pas de leçon à nous donner en matière de droit de l'Homme'. Etant donné que la vérité est révolutionnaire et qu'elle finit toujours par triompher, Me Diouf déplore la 'position insolite et étrange de certains Sénégalais qui pointent un doigt accusateur sur Mame Madior Boye, sans pour autant cerner la part de responsabilité de chacun dans ce dossier'. De l'avis de Me Diouf, leur cliente n'est mêlée ni de prés ni de loin à cette affaire.
Selon lui, la responsabilité de cet accident maritime doit être imputable au capitaine du bateau qui a accepté la surcharge et au vendeur de billet qui a dépassé la capacité d'accueil du navire. Il finira par rappeler que l'immunité de juridiction dont jouit l'ancien Premier ministre aurait dû faire éviter à la justice française de décerner ces mandats d'arrêt. Quant à la socialiste Me Aïssata Tall Sall, en plus d'emboîter le pas à son collègue, elle regrette la décision des juges français qui n'ont pas respecté les lois et conventions.
Me Sall regrette le 'relent d'impérialisme juridico-judiciaire de l'affaire'. Elle va plus loin en déplorant 'la violation de la loi en ces dispositions sur les poursuites d'une autorité gouvernementale'. Autre fait regrettable pour Me Aïssata Tall Sall : 'la déclaration d'un juge français affirmant que cette loi ne s'applique pas pour les démocraties africaines'.
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