S. Bouagila
3 Juillet 2009
La présentation du rapport sur la compétitivité en Afrique 2009 s'est tenue, hier, à Tunis au cours d'un déjeuner présidé par M.Louis Kasekende, économiste en chef du groupe de la Banque africaine de développement, et animé par M.Lélonce Ndikumana, directeur du département de la recherche au sein de la même institution.
Cet important rapport fruit des travaux de recherche de trois institutions que sont la BAD, le Forum économique mondial et la Banque mondiale, dresse le bilan de la compétitivité en Afrique et préconise certaines dispositions à prendre pour une sortie de crise. Cette coproduction qui a été lancée, à cette occasion, s'illustre comme étant le deuxième rapport sur l'environnement des affaires en Afrique.
M.Louis Kasekende a souligné à l'ouverture de cet événement que «les tendances observées en Afrique au cours des 20 dernières années ont démontré que beaucoup de nos pays ont une croissance tirée par l'initiative privée. Il n'en reste pas moins que nos économies sont confrontées à certaines contraintes aussi bien d'ordre macroéconomique mais aussi microéconomique qu'il convient de pallier».Il a, par ailleurs, mis l'accent sur l'importance d'établir un équilibre entre la réponse à court terme et la poursuite des objectifs à long terme. Ces derniers constituent, d'après lui, les ingrédients essentiels d'une croissance durable et s'articulent autour du développement de l'infrastructure, la formation d'une main- d'oeuvre qualifiée, et l'intégration régionale. Il a également souligné que l'amélioration de la santé, de l'éducation et de la gouvernance sont des facteurs déterminants d'une compétitivité accrue.
Du chemin reste à faire
«Le rapport sur la compétitivité en Afrique est conçu en tant qu'outil pour permettre aux décideurs politiques africains d'évaluer la capacité du climat des affaires à favoriser une croissance et une prospérité durables», a souligné M. Lélonce Ndikumana, selon lequel l'édition 2009 de ce rapport s'intéresse tout particulièrement à l'état des marchés financiers africains. En effet, les entreprises africaines peuvent être beaucoup plus compétitives mais cela dépend des gouvernements et leurs partenaires internationaux qui doivent miser, en premier lieu, sur l'amélioration de l'accès aux services financiers et le développement du libre-échange.
Ce rapport est un outil précieux pour les décideurs, les spécialistes des stratégies d'entreprise et d'autres parties concernées et un véritable support d'évaluation de la compétitivité et du coût des affaires sur le continent.Il analyse, en outre, la profondeur et la sophistication des marchés financiers de l'Afrique, ainsi que les mesures efficientes que les économies relativement plus petites du continent ont prises pour promouvoir leur compétitivité.
Ce rapport passe au peigne fin les dispositions que les pays africains ont prises pour faciliter le commerce transfrontalier et contient des profils détaillés des climats d'investissement avec un bon résumé des facteurs déterminants dans chacun des pays étudiés.
«Cette coproduction expose une vision intégrée et exhaustive des défis majeurs que les nations africaines devront relever pour asseoir les bases d'une croissance durable et d'une prospérité continue», a-t-il relevé.
La présentation de ce rapport par M. Ndikumana a fait observer que l'accès limité aux services financiers demeure un des obstacles majeurs pour les entreprises africaines même si le caractère peu développé de l'infrastructure, l'insuffisance des services sanitaires et éducatifs contribuent également au fait que les pays africains sont moins compétitifs au niveau mondial.
La Tunisie, en tête du classement africain
«Ce rapport présente certains exemples de réussite dans notre continent qui démontrent les dispositions que les autres pays peuvent prendre et appliquer pour améliorer l'environnement des affaires», a-t-il souligné. Parmi ces exemples, la Tunisie. En effet, à la lumière des performances accomplies, le rapport trace les progrès accomplis par 4 pays africains. Ces progrès s'illustrent dans les domaines de l'économie, la qualité des institutions, la bonne gouvernance, ainsi qu'un leadership fort et visionnaire. A la tête de ces pays, la Tunisie est classée première en matière de compétitivité devant l'Afrique du Sud, le Botswana, l'île Maurice,le Maroc, la Namibie, l'Egypte,la Gambie,la Libye et le Kenya.
Il est à souligner que ce classement a été fait sur la base d'une douzaine d'indicateurs, à savoir la santé,l'infrastructure,l'éducation et l'enseignement supérieur,la macroéconomie,la formation,l'efficacité du marché,le développement technologique,la sophistication des affaires et l'innovation,les institutions.
La présentation du rapport a été couronnée par certaines dispositions qui constituent «la voie à suivre». Ainsi, faut-il miser sur la diversification de l'économie par le renforcement de la base productive et l'amélioration de la compétitivité.Cette dernière passe par l'accroissement de la taille du marché, dont la régulation doit être parallèlement assurée, la facilitation de l'accès au financement bancaire et l'augmentation de l'employabilité de la main-d'oeuvre.
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