allAfrica.com

Afrique: Interview exclusive - Le président Barack Obama parle de l'Afrique

Charles Cobb

5 Juillet 2009


(Page 2 of 2)

Il y a quelques instants, vous avez mentionné l'importance de l'investissement et pas seulement de l'aide. Quel est l'équilibre entre l'aide et l'investissement ? Beaucoup de sociétés obtiennent un retour sur investissement plus grand en Afrique que toute autre partie du monde. Cela mérite-t-il qu'on y mette l'accent davantage ? Selon vous, quelle sorte d'équilibre existe-t-il dans l'aide au développement ?

J'aimerai souligner deux points. Premièrement, on ne peut pas obtenir de l'investissement sans une bonne gouvernance. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous le mettons en exergue. Encore une fois, c'est une approche très pratique et réaliste de notre façon de voir les améliorations dans la vie quotidienne des populations africaines. Si les hauts fonctionnaires demandent des commissions de 10, 15, 25 pour cent, les sociétés ne voudront pas investir là-bas. C'est le point numéro un.

Deuxièmement, je pense que quand mon père quittait le Kenya pour les Etats-Unis, au début des années 60, le PIB du Kenya n'égalait pas celui de la Corée du Sud. En réalité, celui du Kenya était supérieur. Que s'est-il passé pendant cette période de 50 ans ? Ce que nous avons vu c'est que la Corée a su combiner l'investissement étranger à l'intégration à l'économie mondiale avec une stratégie raisonnable de certaines industries pour promouvoir l'exportation, accorder une grande importance à l'éducation pour avoir une main d'œuvre qualifiée tout en insistant sur le fait que l'investissement soit accompagné d'un transfert de technologie qui a permis aux industries locales de prospérer.

Ainsi nous avons des modèles qui viennent de là-bas. Nous savons ce que cela pourrait prendre. Ce que nous n'avons pas vu c'est une application constante et rigoureuse sur le temps en Afrique et je pense que maintenant le temps est venu de commencer.

Cela est-il un échec de la politique américaine ou un échec de la gouvernance en Afrique ?

Je voudrais dire que la communauté internationale n'a été aussi stratégique qu'elle devrait l'être, mais en définitive je crois ferment que les Africains sont responsables de l'Afrique.

Je pense que ce qui a entravé le développement de l'Afrique est en partie lié au fait que pendant plusieurs années nous avons trouvé des excuses à la corruption et à la mauvaise gouvernance, que cela était d'une certaine manière la conséquence du néo-colonialisme, que l'Occident était oppressant ou le racisme. Je ne crois pas aux excuses.

Je devrais dire que je connais probablement l'histoire de l'Afrique autant que toutes les personnes qui ont occupé mes fonctions. Je peux vous donner un chapitre et un discours sur la manière dont les cartes coloniales qui ont été dessinées ont aidé à encourager les conflits et les termes du commerce illégal issus du colonialisme.


Maintenant le fait est que nous sommes en 2009. L'Occident et les Etats-Unis ne sont pas responsables de ce qui est arrivé à l'économie du Zimbabwe au cours des 15 ou 20 dernières années. Ils ne sont pas non plus responsables de certaines politiques désastreuses que nous voyons ailleurs en Afrique. Je crois qu'il est important pour les dirigeants africains d'assumer leur responsabilité et d'être tenus pour responsables.

Et je pense que le peuple africain comprend cela. Le problème est qu'il n'a pas seulement toujours l'occasion d'organiser et de donner son avis sur les moyens de parvenir à de meilleurs résultats.

Dans les derniers instants de notre entretien, bien que vous venez à peine de prendre fonction, je me sens obligé de vous poser une question sur votre héritage. (Rire). La voici : quand vous aurez quitté la présidence quelle marque aimeriez-vous que votre politique laisse sur l'Afrique ? Que pensez-vous qu'elle sera ?

A la fin de mon mandat, j'aimerais être capable de dire que les Etats-Unis ont été un partenaire efficace des pays africains dans le domaine de la création d'institutions politiques, civiles et économiques qui ont permis d'améliorer le niveau de vie et une plus grande sécurité pour le peuple africain, que nous les avons mis sur une trajectoire qui les insère dans l'économie mondiale et qu'une jeune personne qui grandit à Johannesburg, Lagos, Nairobi ou au Djibouti puisse se dire : je peux rester ici en Afrique, je peux rester dans mon pays et y réussir et que mon pays et mon peuple seront plus forts à travers mon succès.

Ce serait un bon héritage. Je ne m'attends pas à ce que nous y arrivions dans quatre ou huit ans, mais je pense que nous pouvons nous engouffrer dans cette voie. Et les Etats-Unis sont un partenaire crucial dans ce processus.

J'ai besoin d'une autre heure ou plus. (Rire). Mais je vous remercie pour le temps que vous avez bien voulu nous accorder.

Merci beaucoup.

Read comments. Write your own.

Le président Barack Obama parle de l'Afrique

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 allAfrica.com. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time
Author: rexode2002
Fri May 22 13:50:30 2009

As a Ghanaian and an African I deem it a great pride bestowed upon us by Barack Obama to visit Ghana as the first destination which forms part of his Africa trip. I agree with the article that with the strong credentials that the country has gained for herself, it is understandable that Obama chose Ghana as his first destination trip. But I also want to see that there is some form of interest in that decision. Ghana in 2007 discovered significant oil reserves. Wouldn't that also count? Your guess is as good as mine. Denis Vulor rexode2002@yahoo.fr

Author: Feno
Tue Jul 7 18:33:09 2009

Bravo aux ghanéens pour avoir réussi avec intelligence et maturité la bonne gouvernance de leur pays et l'assimilation des règles démocratiques indispensables à tout pays qui se construit un avenir meilleur .

Ce n'est,hélas, pas demain que Barack Obama fera l'honneur aux malgaches de visiter Madagascar où un coup d'Etat (changement de régime anti-constitutionnel) a eu lieu le 17 mars 2009 dernier .

Madagascar , par ce coup d'Etat , a reculé dans son développement vers des ténèbres insondables sous la menace de militaires mutins qui ont aidé à asseoir le putschiste avec la bénédiction de la françafrique .Tous les jours :arrestations arbitraires , emprisonnements , menaces d'une population civile sous pression . Censure, dissolution du parlement, la liste de la restriction des libertés fondamentales ne cesse de s'allonger .

Madagascar , malgré son pétrole dont Total s'est accaparé , est redevenu une république bananière conduite par un disc-jockey.


SELECT
SELECT

Le top des actualités: Afrique

Rubriques