La Tribune (Algiers)

Niger: Le président nigérien Mamadou Tandja a fixé la date du référendum au 4 août prochain - Grande manifestation à Niamey contre une nouvelle Constitution

Lyes Menacer

6 Juillet 2009


Des dizaines de milliers de Nigériens sont sortis hier dans les rues de la capitale Niamey pour exprimer leur colère et leur opposition à la tenue d'un référendum sur une nouvelle Constitution qui permettrait à l'actuel président Mamadou Tandja de briguer un troisième mandat. Ce dernier avait annoncé la veille via un communiqué que la date du 4 août 2009 avait été maintenue pour l'organisation de ce vote, contre lequel population et partis d'opposition avaient exprimé leurs refus et indignation. «Le corps électoral est convoqué le mardi 4 août 2009 [...] pour se prononcer par voie référendaire sur le projet de Constitution de la sixième République», a indiqué ce communiqué diffusé à la télévision Télé-Sahel. La campagne électorale se déroulera, quant à elle, du 13 juillet à minuit au 2 août à minuit, a ajouté le texte.

La manifestation d'hier a eu lieu suite à l'appel du Front de défense de la démocratie (FDD), une coalition regroupant les partis de l'opposition, des syndicats des travailleurs des secteurs public et privé et des ONG. Les manifestants ont défilé, pour la troisième fois en l'espace d'un mois, pacifiquement dans les rues de Niamey en scandant des slogans «à bas tazartché» qui veut dire «continuité» dans la langue locale. Les partisans de l'ex-Premier ministre Hama Amadou, en liberté conditionnelle après dix mois de détention, se sont joints à la marche qui s'est terminée par un meeting tenu devant le siège du Parlement au centre-ville. Agé de 71 ans, Mamadou Tandja a exprimé il y a quelques mois son intention de rester au pouvoir cinq ans de plus, après deux quinquennats successifs (1999-2009) à la tête du pays. Le 12 juin dernier, la Cour constitutionnelle a annulé son décret convoquant le corps électoral. En réaction à cette décision, Mamadou Tandja a dissous le Parlement auquel revient la charge d'élire les membres de la Cour constitutionnelle. Ce geste lui a valu le retrait de huit ministres issus de son principal allié, la Convention démocratique et sociale (CDS).

Niger: Tandja continue de jouer avec le feu

Ce parti, dirigé par le président du parlement dissous, Mahamane Ousmane, avait apporté à Tandja un appui décisif lui permettant de gagner aux présidentielles de 1999 et de 2004. Pensant éteindre le feu de la contestation, le président nigérien s'est octroyé alors des «pouvoirs exceptionnels» et a dissous la Cour constitutionnelle, hostile à son projet de référendum. Après dix ans de stabilité politique, le Niger risque de perdre 500 milliards de FCFA d'aides promises par ses partenaires et un isolement diplomatique en raison de son imminente exclusion de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), dont il est membre.

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