Fasozine (Ouagadougou)
Serge Mathias Tomondji
3 Juillet 2009
Ce n'est pas une surprise! La crise économique mondiale se traduira, en 2009, par «une augmentation considérable, dans le monde, du nombre de chômeurs, des travailleurs pauvres et des personnes en situation d'emplois vulnérables».
C'est le sombre constat que dresse le Bureau international du travail (BIT), dans son dernier rapport annuel. Et, comme de bien entendu, le continent noir sera le plus frappé par cette situation. En effet, note le rapport, «4/5 des travailleurs africains et sud-asiatiques sont pauvres, et la situation pourrait s'aggraver».
Pas optimiste pour un sou, le rapport du BIT indique que... «le nombre de chômeurs pourrait augmenter de 18 à 30 millions à travers le monde, et même de 51 millions, si la situation continue de se détériorer». Dans cette valse équilibriste entre le chômage et l'emploi, les chiffres du BIT donnent le tournis, notamment lorsque les tendances mondiales de l'emploi nous apprennent que «le nombre de travailleurs pauvres, gagnant moins de 2 dollars par jour, pourrait atteindre 1,4 milliard, soit près de 45% de la population active mondiale ayant un emploi»! Mieux, en 2009, «la proportion de travailleurs en situation d'emploi vulnérable, c'est-à-dire ceux qui travaillent soit à leur propre compte, soit comme travailleurs familiaux non rémunérés, avec un risque plus élevé de se retrouver sans protection sociale en période de difficultés économiques, augmenterait considérablement pour atteindre près de 53% de la population active possédant un emploi».
Autant dire que les cartes sont claires, et que la lutte contre la pauvreté, d'une part, et contre la crise de l'emploi, d'autre part, n'est pas près de connaître son épilogue. Mais il ne sied pas d'être fataliste face à une telle cavalcade de chiffres frémissants. Et, même si les spécialistes enfoncent là une porte ouverte, il appartient désormais aux politiques de réinventer le futur pour atténuer les effets de cette paupérisation grandissante du continent.
C'est là, malheureusement, que je crie platement mon scepticisme. Du reste, le fait que le rapport 2007 de la Banque africaine de développement (BAD), présenté le 12 février dernier à Dakar, conclut, lui, que «les pays enclavés disposant de peu de ressources sont cinq fois plus pauvres que les pays pourvus en ressources naturelles, et presque six fois plus que les pays côtiers, dotés de peu de ressources naturelles», fonde, légitimement, mon pessimisme raisonné... Alors, y a-t-il quelqu'un, au gouvernail de l'un de nos Etats, qui réussira à m'épater et à me redonner les couleurs de mon indécrottable optimisme?
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