Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: De plus en plus de familles s'endettent

R.edmond

6 Juillet 2009


Crise. Un peu plus de trois mois après le coup de force qui a provoqué la fuite de Marc Ravalomanana et la prise de pouvoir par Andry Rajoelina, l'économie ne cesse de s'engouffrer.

Sur le plan social, la mise en chômage technique, sinon la fermeture d'entreprises, met beaucoup de famille malgache dans une grande difficulté. De plus en plus de foyers ont recours à l'endettement pour survivre.

Inévitable. En effet, après avoir liquidé les biens personnels susceptibles d'être vendus comme les appareils électroménagers, les vêtements et autres, bon nombre de foyers ont maintenant recours aux autres membres de la famille, proches parents ou amis, et même aux usuriers pour se faire un peu d'argent et survivre. Une option devenue inévitable pour beaucoup de travailleurs des entreprises en chômage technique, dans la mesure où, en l'état actuel du droit malgache du travail, ils ne reçoivent pratiquement rien de leur entreprise pendant toute la durée du chômage technique. « La seule solution c'est de s'endetter, mais là encore, on n'est pas sûr d'être servi car les usuriers demandent toujours quelque chose en garantie du paiement de leur argent », rapporte-t-on souvent de la part des employés des entreprises en chômage technique. Des employés qui n'ont pratiquement plus rien.

Dépouillé de tout. Tout simplement parce que l'effet du chômage technique est de suspendre les droits du salarié, inhérents au contrat de travail. Il n'a plus droit, ni au salaire, ni au droit de congé, ni aux soins auprès des services médicaux des entreprises. En somme, à Madagascar, le salarié de l'entreprise en chômage technique est pratiquement dépouillé de tout. Contrairement à d'autres pays comme la France, par exemple, où même en chômage technique, le salarié a droit à une indemnisation spécifique pour les heures non travaillées, équivalent à 60% de son salaire brut habituel. Cette indemnisation est payée en partie par l'Etat et en partie par l'employeur.

A noter que la suspension des droits pour cause de chômage technique dure au maximum six mois. Passé ce délai, le contrat est considéré comme rompu et l'employeur est tenu de régler les droits du travailleur tels que le préavis et l'indemnité de licenciement. Pour sa part, le travailleur peut rompre le contrat de travail sans préavis après trois mois. Par contre s'il ne trouve pas autre à chose à faire et décide de patienter , en espérant que la situation de l'entreprise se redresse rapidement, l'employeur n'a pas le droit de rompre le contrat tant que la période légale de six mois de chômage technique n'est pas expirée.

Attitudes irresponsables. Malheureusement, pour beaucoup d'entreprises malgaches ce délai légal est actuellement en cours d'expiration, et le recours au licenciement sera la prochaine étape. Faut-il en effet rappeler que la plupart des entreprises ont été mises en chômage technique dans les jours qui ont suivi les casses du 26 janvier provoquées comme on le sait, par la descente dans la rue du clan TGV et l'inertie des forces de l'ordre. Six mois après ces attitudes irresponsables des uns et des autres, des entreprises sont actuellement en passe de recourir à une autre mesure qui a d'avantage de mauvaises conséquences pour les salariés et leur famille. Il s'agit en l'occurrence du licenciement pour motif économique qui est une rupture définitive du contrat de travail. Une procédure qui mettra encore des milliers de travailleurs à la rue. Alors que dans les sphères politiques, on ne pense surtout qu'au pouvoir et aux intérêts personnels.

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