Fasozine (Ouagadougou)
Kpénahie Traoré
5 Juillet 2009
Les femmes étaient à l'honneur à cette cinquième édition du festival Ciné droit libre. L'association Semfilms, initiatrice de ce festival sur les droits humains et la liberté d'expression, a organisé un forum-débat sur le thème «Femmes actrices de changements: le rôle des femmes dans l'alternance politique en Afrique». C'était le 4 juillet 2009 au Centre culturel français Georges Méliès de Ouagadougou.
Plusieurs personnalités, de différentes nationalités et exerçant dans divers domaines d'activités ont animé ce forum-débat, dont la modération a été assurée par le journaliste burkinabè Germain Bitiou Nama. Il y avait notamment Rabiatou Séra Diallo, secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée, Serge Bilé, journaliste-écrivain et réalisateur franco-ivoirien, Moussa Kaka, journaliste nigérien, Justine Masika Bihamba, fondatrice d'une association de défense des femmes victimes de viol dans la région de l'Est de la RDC. Pour alimenter la discussion, focalisée sur le thème «Femmes actrices de changement: le rôle des femmes dans l'alternance politique en Afrique», chacun des animateurs a fait part de son expérience personnelle, qu'il a vécue dans son pays.
Pour Serge Bilé, les femmes ne doivent pas attendre qu'on leur offre le pouvoir sur un plateau en or. Il faut, dit-il, «qu'elles l'arrachent»! Rabiatou Séra Diallo, l'oratrice qui a le plus attiré les faveurs du public, a partagé le point de vue de son prédécesseur, en incitant les femmes à s'engager corps et âme pour s'imposer. «On ne fera pas de cadeau aux femmes, car le pouvoir s'arrache», a-t-elle affirmé avec conviction. Pour elle, «la femme au pouvoir, ce n'est pas le monde à l'envers», car celle-ci a les qualités nécessaires et est en mesure de maintenir l'ordre, tout comme l'homme, et même plus que l'homme ne l'a jamais fait. Rabiatou Séra Diallo rêve d'une Afrique nouvelle, avec des hommes et des femmes aux nouvelles visions. Aussi, appelle-t-elle les jeunes à se joindre aux femmes «pour réveiller, pour changer l'Afrique», parce que, estime-t-elle, «nos chefs d'Etat actuels sont malades».
Néanmoins, la majorité des intervenants a reconnu que c'est une lutte de longue haleine qui a été déclenchée avec cette question de l'alternance politique en Afrique. De ce fait, ce combat nécessite d'énormes sacrifices et une «révolte» de la part des peuples africains.
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