Agence Nouakchott d'Information (Nouakchott)
5 Juillet 2009
Le siège du Syndicat des Journalistes Mauritaniens a abrité, hier, une conférence de presse animée par les avocats du journal Points Chauds dans l'affaire qui oppose les journalistes de cette publication au ministre des Finances, Sidi Ould Salem.
Convoqués en procès pour diffamation, en mars dernier, les deux journalistes Moulaye Najim et Ezza Mint Moulaye, continuent d'être renvoyés sine die car le dossier est à chaque fois déprogrammé des audiences de la Cour correctionnelle par le Parquet.
Selon les avocats de la défense, ce recul répété de l'accusation laisse penser que celle-ci n'a pas encore réuni des éléments probants et qu'elle cherche à introduire d'autres plaignants.
Pour rappel, l'affaire remonte à de légitimes interrogations posées par le journal Points Chauds au sujet de l'utilisation du produit d'une vente-cession de terrains de la Socogim pour un montant de 2,7 milliards d'UM.
Les avocats du journal ont déclaré qu'un rapport de l'Inspection Générale d'Etat accuse, formellement, l'ancien directeur Général de la société immobilière et actuel ministre des Finances, Sidi Ould Salem, «d'abus de biens sociaux, d'actes de mauvaise gestion et de détournement de deniers publics». Un rapport, visiblement accablant, pour le nouveau argentier du pays. Est-ce cela la raison pour laquelle le parquet (ou le plaignant ?) continuent de faire trainer le dossier ?
A une question sur les efforts entrepris par le Syndicat des Journalistes Mauritaniens dans le règlement du dossier, le Président du syndicat, Houssein Ould Medou, a précisé : «Vous savez que cette affaire a précédé la naissance de notre organisation, mais quand nous avons été saisi, nous avons proposé une médiation entre les parties. Notre proposition a été déclinée, néanmoins nous respectons ce choix de nos confrères qui sont bien dans leur droit. D'ailleurs, nous sommes, quelque part, fiers que des journalistes ne demandent, après tout, que justice soit rendue ». Et un des journalistes accusés d'ajouter : « on n'engage pas une médiation quand on est fort en droit et après cinq mois de de préjudices et de tracasseries subis abusivement».
Les avocats n'ont pas trouvé de justification pour le retard d'un dossier jugé dans le fond et dont le procès a été programmé à trois reprises au moment où le tribunal compétent siège chaque semaine.
Me Moulaye Ghali Ould Moulaye Ely avertit: «il faut savoir que le jour du procès nous n'allons pas plaisanter, on va tout déballer».
Enfin les avocats de la défense ont demandé, conformément aux procédures en vigueur en Mauritanie, la démission du ministre, partie civile dans cette affaire ;
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