Babacar Dione
4 Juillet 2009
La gestion des affaires sociales est, certes, une des missions des collectivités locales, mais celles-ci doivent, de plus en plus, insister sur des projets de développement pour aider les populations à se départir des appuis de leurs élus, selon le maire de la Commune d'Arrondissement de Dieuppeul Derklé, Salif Mbaye.
« Nous voulons imprimer à la commune une vision de développement », a dit le maire qui déplore le fait que les communes se cantonnent souvent à des « actions caritatives ». Pour lui, il faut « enjamber un peu cette perception de la gestion sociale ». Elu sur les listes de la coalition « Benno Siggil » Sénégal lors des élections locales du 22 mars dernier, M. Mbaye souligne que, même si l'institution municipale qu'il dirige ne mettra pas fin aux actions sociales, elle va davantage insister sur des projets de développement profitables aux populations.
Les axes d'intervention se feront dans le cadre des transferts de compétences. « Nous allons voir dans quelle mesure il faut aller de façon graduelle à la mise en oeuvre de notre feuille de route », explique-t-il. Le maire a, en ligne de mire, la réhabilitation du terrain de sport, celle de la voirie dégradée, le bitumage des rues ensablées, l'éclairage public, la construction d'une case de santé et d'un siège pour la mairie.
Le travail semble immense. Mais Salif Mbaye compte sur la participation des populations. « Les travaux se feront en concertation avec elles », indique-t-il, ajoutant que « la transparence sera au coeur des actions ».
M. Mbaye mise aussi sur la coopération décentralisée pour réaliser de grands investissements. « Nous sommes déjà en contact avec plusieurs partenaires », fait-il remarquer. L'apport de l'Etat n'est pas oublié. « L'Etat et la commune d'arrondissement gèrent la cité. Si on travaille en parfaite intelligence, il n'y aura pas de tiraillements », dit-il.
Le nouveau maire affiche sa détermination à combattre la « cantinisation ». « Nous nous sommes vigoureusement battus, avec les populations, contre l'érection de cantines à proximité des écoles. La « cantinisation » peut déteindre sur la qualité de l'enseignement », rappelle-t-il.
Salif Mbaye indique que ses collaborateurs sont en train de faire l'état des lieux pour avoir une idée du bilan de l'équipe sortante. Mais, déjà, la mairie doit faire face à une dette de 18 mois d'arriérés de location qui s'élève à 10.800.000Fcfa. S'y ajoute une dette d'environ 190 millions de FCfa. « Nous sommes en train d'éplucher », rassure-t-il, avertissant toutefois que la mairie ne « paiera pas les dettes qui ne respectent pas les normes de la comptabilité publique ».
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