Fasozine (Ouagadougou)

Burkina Faso: Moumouni Dagano, côté foot et côté jardin

Jacques Théodore Balima

5 Juillet 2009


interview

Dans cette interview qu'il a bien voulu accorder à Fasozine.com, l'international burkinabè Moumouni Dagano, qui évolue dans le club qatari d'Al-Khor, parle du dernier match contre la Côte d'Ivoire et de sa carrière. Il évoque aussi sa vie au Qatar et ses vacances au Burkina...

Les Etalons du Burkina ont perdu, le 20 juin dernier à Ouagadougou, le match qui les opposait aux Eléphants de Côte d'Ivoire. Avec le recul, qu'est-ce qui n'a pas marché?

Avant le match, le public et les joueurs étaient très confiants. Notre concurrent direct à la qualification pour la Coupe du monde était la Côte d'Ivoire. Mais nous avons perdus le match à cause de quelques petits détails. L'équipe ivoirienne était plus expérimentée que la nôtre. Nous avions voulu marquer tôt et nous nous sommes défoncés dès l'entame du match. Malheureusement, nous n'y sommes pas parvenus. Ce qui explique notre fatigue en seconde partie. Les Ivoiriens ont été plus techniques. Ils nous ont laissé développer notre jeu durant la première partie, et en seconde partie, ils sont passés à l'offensive. C'est ce qui a fait qu'ils ont ouvert le score.

La défaite n'est pas un bon résultat. Mais au regard de l'ambiance qui régnait à Ouagadougou à deux jours avant le match, on se demandait ce qui se serait passé si nous avions gagné le match. Nous regrettons cette défaite, parce que nous savions que ce match était à notre portée. Mais pour nous, rien n'est encore perdu. Tout est encore jouable.

On a vu un Dagano combatif mais qui n'a pas marqué de but. Qu'est-ce qui lui manquait ?

Dans notre métier, on ne marque pas tous les jours. C'est comme le quotidien des hommes. Certains jours, ça va, et d'autres, rien ne bouge. Je regrette de n'avoir pas marqué contre la Côte d'Ivoire. Mais je laisse tout dans les mains de Dieu, car c'est Lui qui ne m'a pas donné la chance de marquer. J'ai tout fait pour marquer, mais en vain. L'essentiel est que je demeure le meilleur buteur des éliminatoires. Il nous reste trois matchs à jouer et j'aurai l'occasion de montrer à nouveau mes talents de buteur.

Que peut attendre le public de Dagano, au match retour contre les Eléphants de Côte d'Ivoire?

J'aimerais être un Dagano qui marque et qui fait marquer. Car l'important est que le groupe fonctionne normalement et qu'on remporte les trois points ensemble. Et si je ne pense qu'à marquer, je serai égoïste, alors que le groupe doit être soudé. Nous devons d'abord jouer collectif et les buts viendront tous seuls.

Vous avez travaillé avec d'autres entraîneurs que Paulo Duarte. A votre avis, qu'a-t-il de différent?

J'ai du respect pour l'entraîneur Paulo Duarte. Et pour nous, joueurs, il est plus un grand-frère qu'un entraîneur. Sa particularité est sa capacité à nous motiver. A son arrivée, il n'a pas changé grand chose dans l'effectif. Mais il nous tient des discours réconfortants. Il nous fait comprendre que face à n'importe quelle équipe, on est les meilleurs. Et c'est ce qui nous permet de jouer nos matchs sans complexe.

Le Burkina a maintenant une équipe avec des joueurs de renom comme Jonathan Pitroipa. Comment appréciez-vous son apport à l'équipe nationale?

Le rôle de Pitroipa est essentiel sur le terrain. Je suis content pour lui, pour ce qu'il fait en sélection et dans son club. Mais je trouve qu'il peut mieux faire. J'ai beaucoup confiance en lui et je pense qu'il ne réalise pas encore la moitié de ses potentialités. Nous ne lui demandons pas l'impossible, mais je sais qu'il peut faire davantage. Et s'il le faisait, Pitroipa apporterait encore plus à l'équipe. Car, à lui seul, il peut nous faire gagner. Ce n'est pas que je lui jette des fleurs...

Habib Bamogo pourrait rejoindre bientôt l'équipe. Que pourrait-il apporter au Onze burkinabè?

Je dis déjà merci à Bamogo, s'il s'est rendu compte qu'il ne s'est pas vite décidé. Nous sommes contents qu'il rejoigne les Etalons. Il nous apportera un plus. L'équipe était déjà bien en place, mais l'arrivée de Bamogo nous apportera une expertise supplémentaire. Je n'ai pas pu échanger avec lui, mais je suis convaincu que son apport sera très considérable. C'est le lieu encore de saluer les actions de l'entraîneur Paulo Duarte, qui a fait son possible pour que Bamogo rejoigne l'équipe nationale.

Comment évolue la carrière de Dagano à Al-Khor?

Ma carrière à Al-Khor se déroule très bien. Il est vrai que ce n'était pas facile de prendre la décision d'aller au Qatar. J'avais passé une année presque blanche à Sochaux (une saison sans marquer un but, Ndlr). Les dirigeants de ce club ne me faisaient plus confiance. Entretemps, il y a eu des clubs français, notamment Grenoble, qui voulaient me recruter. Mais cela ne m'arrangeait pas. Après réflexion, j'ai donc décidé d'aller à Al-Khor, parce que la proposition était financièrement intéressante. Je suis allé là-bas afin de bosser à l'ombre. Je ne regrette pas cette décision, car Qatar m'a permis de bosser dur. Et le public a dû remarquer les fruits de ces travaux lors des éliminatoires.

Ces derniers temps, il est de plus en plus question de votre retour en Europe. Notamment à Bolton ou à Saint-Etienne. Qu'en est-il exactement?

Il est vrai que des clubs européens me contactent. Mais rien n'est clair pour le moment. Pour cela, je préfère ne pas entrer dans les détails. D'ailleurs, j'ai encore un an à passer à Al-Khor. Je me concentre sur ce temps qui me reste, et si des clubs me veulent, ils pourront me contacter.

Il semble que vous êtes difficile à contacter. Pourquoi cela? Starmania?

Je ne suis pas difficile à contacter. C'est souvent mon emploi de temps qui fait qu'on n'obtient pas facilement de rendez-vous avec moi. Actuellement, par exemple, je suis en vacances. Et je profite de ce temps pour me reposer et rendre visite à des gens. Je pense même qu'il est plus facile de nous joindre au Burkina. Les stars européennes sont plus difficiles à joindre. Et, comme on le dit, le Burkinabè est simple, humble. C'est pour cela qu'on arrive toujours à nous joindre. Et moi, j'ai trop de choses dans la tête, si bien que je préfère souvent laisser mon ami Abdou s'occuper de mes contacts.

On parle, depuis un certain temps, d'une rivalité entre un homme et vous au sujet de votre épouse. Qu'en est-il exactement?

Je n'ai pas envie de répondre à cette question. Mais il vaut mieux souvent affronter les choses. Je pense que cette rumeur tire ses sources de la saison blanche que j'ai passée à Sochaux. Cela ne marchait pas pour moi, je ne marquais pas. Et les gens ont cherché des raisons à cela. Mais mon épouse et moi sommes toujours ensemble. On s'entend bien. Je vous passerai des photos de nous deux afin que vous montriez au public du Burkina et d'ailleurs que c'étaient des rumeurs qui racontaient n'importe quoi.

Au Qatar, qu'est-ce que vous faites en dehors du foot?

Le Qatar est un petit pays. Je profite souvent, quand mon emploi de temps me le permet, pour rendre visite aux Burkinabè qui y vivent. La plupart du temps, je suis avec ma famille. Au Qatar, on s'ennuie beaucoup. On a toute la journée pour nous occuper et les après-midi sont réservés aux entraînements. Souvent, je suis avec Amara Diané, Pascal Feidouno et Lomana Lualua.

Et à Ouaga?

Je passe mon temps avec mes amis et ma famille. J'organise souvent une réception à laquelle je convie mes amis d'enfance. Je me relaxe au maximum quand je viens ici car là-bas, la vie est angoissante.

Dagano et les boîtes de nuit...

Je ne peux pas dire que je n'aime pas les boîtes de nuit. C'est un lieu de distraction. Au Qatar, on n'a pas le temps d'aller en boîte de nuit. Quand je viens au Burkina, j'y vais de temps à autre avec ma famille et mes amis.

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