Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
BK
5 Juillet 2009
Dakar — Les conclusions des Assises nationales de l'opposition "ne peuvent être posées ouvertement comme un lieu de mémoire", dans le cadre du dialogue politique auquel les acteurs politiques sont conviés par le président de la République, Abdoulaye Wade, estime le professeur Khadiyatoulah Fall.
"En appelant au dialogue, le pouvoir n'est pas sans ignorer que ceux qu'il interpelle sortent d'un exercice important dont les résultats ne manqueront pas d'orienter les points de vue qu'ils vont défendre", soutient le professeur Fall de la Chaire d'enseignement et de recherche interethniques et interculturels de l'université du Québec à Chicoutimi.
"Ils (les partis de l'opposition) ne se présenteront pas amnésiques, occultant totalement les fruits d'une réflexion de toute une année", a-t-il ajouté dans une interview à paraître dans l'édition de lundi du quotidien Le Messager.
Selon Khadiyatoulah Fall, "les conditions même de l'énonciation, le moment même de l'énonciation imposent les résultats des assises comme un constituant du cadre discursif général des échanges".
"L'opposition, en nommant ce qui est en fait un implicite incontournable de l'interaction verbale, a suscité une polémique inutile, analyse-t-il. De plus, on peut aisément comprendre que le pouvoir ne puisse pas endosser un cadre discursif d'échange qui donnerait à penser que nous sommes dans quelque chose qui pourrait être interprétée comme un moment de prolongation des assises".
"Si ce dialogue doit avoir lieu, il faut viser à sauver la face des uns et des autres. Il est évident que ce moment de dialogue ne se déroulera pas sans le fantôme des assises. Mais les conclusions des assises ne peuvent être posées ouvertement comme un lieu de mémoire", poursuit-il.
S'agissant de la demande sociale au Sénégal, le professeur Fall estime que "le véritable défi du pouvoir est de montrer qu'il est autant habité par « une audace dans le social » que par l'audace dans les infrastructures. »"
"Aujourd'hui, la demande des Sénégalais à l'endroit du Président Wade est claire. Il lui est demandé de répondre à une double exigence et surtout de savoir équilibrer ces exigences", dit-il.
"Les Sénégalais demandent un sage dosage entre les exigences fortes du présent et celles de l'avenir, entre les défis d'un Sénégal du « au jour le jour » et les grands projets infrastructurels, bien sûr nécessaires, à notre développement", précise-t-il.
Sur ce point, le professeur Fall rappelle que "le développement économique n'a de sens que s'il s'accompagne d'un progrès social et le véritable défi du pouvoir est de montrer qu'il est autant habité par « une audace dans le social » que par l'audace dans les infrastructures. »"
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