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Sénégal: Mamadou Seck plaide pour un soutien aux pays en développement face à la crise financière

Envoyé spécial - Cheikh Tidiane Ndiaye

5 Juillet 2009


Paris — La crise financière, contrairement à ce que l'on pensait à ses débuts ne va pas épargner les pays en voie de développement comme ceux de l'Afrique et notamment les Etats francophones du continent qui parce qu'ils n'ont pas les "capacités" de faire face aux "impacts de la crise" doivent bénéficier de l'appui des pays occidentaux, à travers le respect de leurs engagements pris dans ce sens, a déclaré dimanche à Paris le président de l'assemblée nationale Mamadou Seck.

Malgré leurs "initiatives louables, il est clair que les pays francophones d'Afrique n'ont pas de capacités de financement suffisantes pour protéger leurs populations contre les impacts de la crise", a notamment indiqué Mamadou Seck, dans une communication présentée dimanche après à l'assemblée nationale française où s'est ouverte le matin et ce pour deux jours la 35-ème Session parlementaire de la Francophonie (APF).

Sa communication ainsi que deux autres de ses homologues parlementaires de France et du Québec ont servi de débats au thème général des assises axé sur "Crise financière, lutte contre la pauvreté et le développement".

"A priori, l'Afrique serait le continent le moins touché par les effets de la crise financière, compte tenu de sa faible intégration dans la mondialisation", avait dit d'emblée M.Seck avant de rejeter une telle éventualité au motif que surtout la baisse des exportations des matières premières va se répercuter négativement sur la croissance et les équilibres" de plusieurs Etats du continent.

"En revanche, le secteur financier est moins vulnérable car la plupart des banques sont sur liquide et prêtent peu", a-t-il relevé, soulignant que dans tous les cas on y échappe du fait le volume de l'aide publique au développement (APD) "risque de baisser compte tenu des restrictions budgétaires dans les principaux pays développés".

Ces derniers, notamment les Etats-Unis sont à l'origine de la crise née de facteurs comme le dérèglement des marchés financiers et "l'avènement d'un capitalisme financier international qui a conduit à la globalisation financière par la désintégration, la déréglementation et le décloisonnement des marchés financiers", a expliqué Mamadou Seck.

Amplifiant les effets de la crise alimentaire, la crise financière a entrainé d"'importants déficits dans le commerce des produits alimentaires", a affirmé le président de l'assemblée nationale non sans souligner le sort peu enviable des populations urbaines, "particulièrement touchées au fur et à mesure que s'effritent les possibilités d'emploi".

Partant de là, a-t-il relevé, on s'achemine vers des difficultés pour de mener une politique de subvention des prix et de mobiliser des ressources pour le Programme alimentaire mondial (PAM). De sombres perspectives renforcées par les déficits attendus des recettes d'exportation des pays en développement. Selon Mamadou Seck, on toucherait les é(& milliards de dollars en en 2009, puis 277 milliards de dollars en 2010, rien que pour le continent.

Au chapitre des mesures mises en place pour atténuer les impacts de la crise dans les pays d'Afrique francophone, il a cité la consolidation des équilibres macro-économiques, la création d'un environnement de classe internationale, l'identification de créneaux porteurs pour attirer les investisseurs, le secteur privé et le renforcement du capital humain avec un fort accent sur la santé, l'éducation et la nutrition.

Malgré tout, la crise est là et à ce sujet on prévoit pour que l'Afrique maintienne son niveau de croissance d'avant des besoins de financement de l'ordre de 50 milliards de dollars en 2009 et de 56 milliards de dollars en 2010.

Cela montre combien les pays développés doivent tenir leurs engagements au sujet de l'Aide publique au développement, a relevé M. Seck pour qui il est temps de "rétablir une représentation équitable pour l'Afrique pour faire entendre sa voie et s'assurer qu'elle dispose de droits de vote adéquats au sein des institutions financières internationales et des principales instances de prise de décision".

Il a ajouté : "La principale leçon à tirer de cette crise est que le système de régulation des marchés doit être redéfini dans le sens d'une meilleure gouvernance et, notamment d'une plus grande transparence".

Pourtant tout n'est pas mauvais dans cette crise, car elle a poussé certains pays à mettre en place de bonnes politiques agricoles tels le Burkina Faso à travers son plan d'urgence pour la réalisation de la sécurité alimentaire et le Sénégal via sa Grande offensive agricole pour la nourriture et l'abondance (GOANA).

Ces initiatives ne doivent pas être le fait des pouvoirs exécutifs, a indiqué Mamadou Seck avant d'inviter les autres institutions comme les parlements à apporter leurs concours.

"(...) nos Assemblées parlementaires ont un important rôle à jouer dans ce sens !" et "Les institutions comme les nôtres esquiveraient leur responsabilité si elles désertaient le terrain de l'analyse et de proposition ou renonçaient à une présence plus marquée dans les enceintes où les décisions de porte mondiale se prennent", a notamment souligné le président de l'assemblée nationale du Sénégal.

Mamadou Seck qui conduit la délégation du Sénégal à la 35-Session de l'Assemblée parlementaire francophone est à la tête d'une quinzaine de députés et de sénateurs dont le président du groupe libéral et démocratique (majorité) Doudou Wade.

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