Le Pays (Ouagadougou)

Burkina Faso: Vers la création d'un "cadre politique transparent"

5 Juillet 2009


Après avoir tiré à boulets rouges sur certains membres de la direction du CDP pour leur malgouvernance, le groupe des refondateurs, dans la déclaration ci-dessous annonce la création prochaine d'un "cadre politique transparent".

Le 23 avril 2009, les Refondateurs du CDP ont rendu leur démission. Depuis cette date, nombre d'événements politiques se sont produits, sur lesquels nous ne nous sommes pas manifestés : - des débats ont eu lieu sur la mouvance présidentielle ; - la Constitution a été l'objet de modifications ; - des responsables du CDP ont tenu des propos sur notre démission ; - le « Forum des citoyens de l'Alternance » a fait couler de l'encre. Sur tous ces sujets, nous voulons aujourd'hui, apporter notre appréciation.

De la mouvance présidentielle

La mouvance présidentielle, dans sa configuration actuelle, est née de la mal gouvernance du CDP. C'est en effet en 1997 que le ministre A. Diemdjoda, mal placé sur la liste CDP alors qu'il se savait représentatif de sa région, a quitté ce parti. La suite lui a donné raison puisqu'il s'est imposé contre le CDP en se faisant élire député seul et contre tous sur la liste du nouveau parti qu'il venait de créer. Le brio de ce succès était d'autant plus éclatant qu'il n'y avait qu'un seul siège en compétition dans cette circonscription. Fait historique sans précédent dans notre pays, le choix des candidats CDP aux élections législatives avait été soumis à des primaires. Magnifique ! Mais, car il y a bien un mais, les noms qui sortent de ces primaires, donc de la base du parti, ne sont pas tous, ceux que la direction attendait. Et cela se comprend aisément : en dehors de Ouagadougou et de quelques autres grandes villes où certains s'exerçaient à faire avec plus ou moins de conviction, mais en tous les cas avec beaucoup d'intérêts, l'apologie d'idéologies désuètes, il s'en trouvait qui ignoraient jusqu'à la route de leur village. Alors , la direction du parti, par des contorsions dont elle a seule le secret, a trouvé le moyen d'abandonner ce sentier lumineux des primaires pour revenir à la bonne vieille méthode du centralisme démocratique, qui permet à un groupe de quelques personnes, confortablement installées dans un bureau bien climatisé de Ouagadougou, de décider, seuls et à la place de tous, de qui doit ou non figurer sur les listes électorales.

C'est ainsi, que la direction du parti a réussi à faire revenir ou à faire entrer dans l'honorable institution qu'est l'Assemblée Nationale, des personnes qui n'ont aucun lien réel avec les électeurs (et ce d'autant plus facilement que notre système électoral oblige à voter pour une liste et non pour un candidat.) et de la même façon à en faire partir ceux qu'elle ne voulait plus voir. C'est ce que nous, les refondateurs, avons appelé la politique des copains et des camarades des anciens groupuscules communistes. Point besoin de citer des noms. Ils se connaissent, la direction du parti les connaît, et tout le monde aussi les connaît. Ils sont souvent confinés à des tâches plus ou moins techniques et leur zèle n'a d'équivalent que leur conscience de ne pas être à leur place. A titre illustratif de ces contorsions, à la réunion du Bureau politique national qui a suivi le congrès du parti en 2003, et sur le point du renouvellement des structures, le président du parti a informé les membres, de la décision de désigner en cascade, les trois premiers responsables du parti à tous les niveaux, depuis la section provinciale jusqu'au comité de village ou de secteur. Sur ce point précis, notre camarade Emile René Kaboré a levé la main pour dire que pour un parti qui a donné le bel exemple des primaires en 1997, il me semblait que cette procédure était la manifestation d'un recul démocratique et même d' une insulte aux militants à qui on ne reconnaissait même pas la capacité d'élire leurs dirigeants dans le parti alors que, parallèlement, on sollicitait leur vote à des élections présidentielles(2005) et bientôt législatives(2007). Deux réponses lui ont été données : Celle du président du CDP : « ...on peut dire que le camarade Emile a raison...disons que c'est un recul pour mieux sauter.. » Celle du 1erV.P. : « .......si on fait comme le camarade Kaboré le dit, il va arriver un moment où de nous qui sommes ici,(en balayant de la main le présidium,), il n'y aura plus personne... » C'était comme pour dire qu'il s'agissait de reculer démocratiquement pour empêcher toute alternance au niveau de la direction du parti. Interprétation abusive ? Peut-être que non. Sinon comment expliquer que ce soit ces structures mises en place avec les trois premiers responsables, nommés et non élus, qui soient chargées en 2007, de donner des notes de popularité aux postulants à l'investiture du parti pour les élections législatives ? On ne fait pas des choix objectifs avec des critères subjectifs. Cette mal gouvernance ne s'est pas arrêtée .C'est ainsi qu' aux élections de 2002, on a pu voir venir ou revenir à l'Assemblée Nationale comme députés, quinze, nous disons bien quinze, quinze personnalités qui, à l'instar du ministre Diemjoda en 1997, ont préalablement démissionné du CDP pour marquer leur désapprobation des choix imposés par le centralisme démocratique et battre en force le CDP. Sont de ceux là et à titre d'exemple notre ami et regretté, le ministre Cyril Goungounga, l'honorable Gouem L. Saidou, l'honorable Kaboré Saîdou, l'honorable Bangou Gnémimia, etc..... Aux élections législatives de 2007, ça a été le tour des honorables Kousoubé Célestin, Palguin Sambaré et bien d'autres .La liste est longue. Il suffit de la vérifier de bonne foi... Pierre Tapsoba, Boly Moussa, Yao Marc, Taho Amadé , Mathieu R Ouédraogo et Emile René Kaboré, sont de ceux qui ont clairement dit non à la dictature du centralisme démocratique, bien que pour certains d'entre eux, la place de leur nom sur les listes leur assure d'être élus sans problème. C'est cette politique à l'ambiance délétère, où le mérite et la représentativité n'ont apparemment aucun sens, qui a engendré et continue de nourrir la mouvance, composée de personnalités en total désaccord avec la direction du CDP mais qui, pour l'heure, continuent d'apporter leur soutien au Président Compaoré. Cette politique qui donne à voir cette capacité inouïe de la direction du CDP à diviser, à fractionner et partant à perdre du terrain. La gestion de la circonscription électorale du Kadiogo en est un bel exemple : aux élections législatives de 1992, l'ODP/MT a remporté 9 sièges sur 10. En 1997, le CDP en a remporté 8. En 2002, le score descend à 6 et en 2007, il n'est plus que de 4, ce qui signifie que la province où se trouve la capitale a, quoique certains continuent de proclamer le contraire, échappé totalement au CDP. On peut dire tout ce qu'on voudrait entendre, mais la réalité est là,... têtue. C'est à l'évidence cette dichotomie, entre ce que tout le monde perçoit comme étant la politique du Président Compaoré et la mal gouvernance du CDP qui a favorisé la situation confuse dans laquelle s'est installée l'ADF/RDA qui, tout en se réclamant de l'opposition, soutient et participe à la politique défendue par le CDP. Mais cela peut- il à lui seul justifier le vote de la loi sur le « nomadisme politique » demandée sans succès par d'autres depuis bien longtemps ? L'impression malsaine qui se dégage, c'est que cette loi est taillée sur mesure pour empêcher par exemple, comme on peut le supposer, que certains députés, même du CDP, n'aillent voir ailleurs et pourquoi pas chez les refondateurs ? Et ce d'autant qu'il a fallu recourir à une modification de la Constitution pour y parvenir. Or à notre humble avis, les lois doivent découler de la Constitution et par conséquent, ne doivent pas en violer l'esprit. L'on nous rétorquera que la Constitution n'a pas été violée puisqu'elle a été au préalable modifiée. C 'est un fait. Mais quand on regarde dans le fond, on ne peut qu'admettre que l'esprit qui voulait que le député, bien qu'élu dans le cadre d'un parti et d'une circonscription, soit représentatif de toute la nation a disparu. Pour tout dire, cette loi nous pose un problème, celui de l'immunité parlementaire, en ce qu'elle nous semble limitative, dans son esprit, d'une prérogative constitutionnelle. Elle nous laisse d'autant plus perplexes que le député qui perd son mandat parce qu'il a démissionné d'un parti doit attendre les prochaines élections pour espérer recouvrir son mandat. Cela ne nous paraît pas juste pour trois raisons : 1- Comme il a été abondamment démontré plus haut, on peut démissionner du CDP, par exemple et battre le CDP aux élections suivantes. 2- Il en découle donc qu'un député peut démissionner d'un parti, en cours de mandat, en parfait accord avec sa base qui, ne l'oublions pas, évolue elle aussi . De ce fait, il ne nous paraît pas du tout juste que de façon mécanique, même au prétexte d'une loi, on « nomme » député, le suppléant du démissionnaire sans s'en référer à son électorat. En clair, pour conférer à cette loi un minimum de crédibilité il eût fallu l'accompagner d'une disposition permettant l'organisation d'élections partielles. 3- Dans les grandes et vieilles démocraties, ce genre de dispositions n'existe pas. Nous le disons parce que notre Constitution a été fortement inspirée par la Constitution française. Et nous voyons bien ce qui s'y passe. Prenons encore l'exemple des Etats-Unis d'Amérique (USA) : pour schématiser, disons que le jeu politique y est tel qu'un président, pour disposer d'une profondeur suffisante, doit pouvoir compter sur au moins soixante voix au Sénat. Le président Obama, malgré son succès plus que populaire et surtout l'énorme espoir qu'il incarne, ne pouvait compter que sur cinquante neuf voix. C'est un sénateur républicain de soixante douze ans qui alors qu'il siégeait depuis quarante (40 ans !) pour le compte du Parti Républicain, a eu l'idée de démissionner pour rejoindre les Démocrates et permettre au président OBAMA de disposer des élus nécessaires pour mener à bien les profondes réformes qui, au-delà des USA, sont attendues par nous-mêmes ici au Burkina. Que dire de l'amendement constitutionnel sur les conditions de candidature à l'élection présidentielle ? C'est vrai, cette loi apparaît plus juste. Elle vise à renforcer un dispositif constitutionnel et non à la contredire. Mais à y regarder de près, on s'aperçoit au regard de notre propre histoire que si le but recherché est le renforcement de notre processus démocratique, l'essentiel n'est pas là. Pourquoi ? Depuis que notre pays a accédé à la pleine souveraineté, il a compté six (6) présidents, de Feu le Président Yaméogo au Président Compaoré. La plupart d'entre eux le sont devenus alors qu'on ne les attendait pas, sans demander l'avis de quelqu'un et certainement pas après avoir payé une caution ou exhibé des signatures d'élus qu'on avait plutôt embastillés. Non ! Soyons sérieux. L'essentiel aujourd'hui, et que tout le monde attend, c'est que le jeu politique soit plus transparent, que ceux qui gagnent soient ceux qui ont vraiment gagné, qu'on mette fin à toutes ces tricheries organisées par des « professionnels du bidouillage électoral », spécialistes en fausses cartes d'électeur et autres fausses cartes de famille, savants dans l'art de convoyer les électeurs comme du bétail d'un bureau à un autre dans le seul but de bourrer les urnes. L'essentiel aujourd'hui, c'est le toilettage du fichier électoral et son informatisation. L'essentiel aujourd'hui, c'est l'établissement de listes électorales fiables avec la photo numérisée de chaque électeur, comme le Ghana nous en a donné l'exemple en décembre 2008. L'essentiel aujourd'hui, et peut-être le plus urgent, c'est que toute la classe politique puisse se parler et parler avec tout le monde, faire un bilan pour en tirer les conséquences, et redéfinir une plate-forme qui (re) crédibilise le POLITIQUE et donne des gages de sérénité pour l'avenir, l'avenir de notre pays, notre avenir et surtout celui de nos enfants. C'est, nous semble-t-il ce que demandent les Refondateurs Nationaux et que la direction du CDP, réfractaire à toute idée de débat, s'emploie à torpiller. Et surtout, que l'on ne s'y trompe pas. L'assemblée nationale ne peut pas à elle seule résoudre le problème. Quand on observe que des partis comme le PAI ou l'UNDD ou encore les VERTS n'y ont aucune présence, on peut à juste raison se demander si l'Assemblée nationale d'aujourd'hui est encore représentative de l'ensemble de la classe politique de notre pays. Et que dire du « verrouillage » des débats au sein même de l'Assemblé nationale ? Seuls les projets de loi, c'est-à-dire ceux qui sont soumis par le gouvernement, sont examinés et toujours dans le seul sens de les faire adopter au motif que « le gouvernement, c'est notre gouvernement » (entendez celui du CDP).

Pour les propositions venant des députés non CDP, il n'y a aucune chance ! Elles sont systématiquement torpillées et il ne faut même pas rêver qu'elles puissent être seulement inscrites à l'ordre du jour ! Voilà comment la direction du CDP empêche que les sujets qui intéressent le Peuple que les députés sont sensés représenter ne soient débattus à l'Assemblée nationale. Les exemples sont légion. Prenons seulement celui de l'honorable Laurent Bado. Elu député en 2002 au titre du PAREN dont il est le fondateur, il entre à l'Assemblée nationale avec douze (12) propositions de lois bien ficelées. (Pour mémoire, le député Bado est docteur d'Etat en droit et professeur à l'université de Ouagadougou depuis longtemps.) Eh bien !... aucune de ces propositions n'a pu obtenir d'être soumise à examen. Elles comportaient pourtant des sujets qui intéressent le vaillant peuple burkinabè, tels ceux sur la chefferie traditionnelle, le délit de faciès, la décadence de nos mà "urs etc, etc......Incroyable, mais c'est ça la vérité de notre Assemblée nationale que la direction du CDP s'efforce de transformer en chambre d'enregistrement. Au lieu que la majorité parlementaire serve à faire avancer notre pays vers le progrès par le « bouillonnement » des idées, elle est utilisée pour canaliser tout le monde vers la « pensée unique ».

Dans tous les cas, et pour revenir aux deux modifications constitutionnelles évoquées plus haut, leur application immédiate serait tout à fait incompréhensible pour tous ceux qui, comme nous, ont défendu, bec et ongles, le principe de la non rétroactivité de la loi dans le cas de la modification de l'article 37 de la Constitution. En toute logique, celle portant sur les conditions de candidature à l'élection présidentielle (caution, signatures d'élus) ne devrait intervenir qu'à partir de 2015 et celle limitant les libertés du député (« nomadisme » ) ne devrait entrer en vigueur que pour compter de la législature 2012-2017. C'est vrai, je ne suis pas un juriste de formation, encore moins constitutionnaliste. Sans être juriste, encore moins constitutionaliste, sur la simple base de la raison et de la logique, l'on est en droit de se poser des questions.

De la démission des refondateurs

Au risque de nous répéter, nous tenons à souligner que c'est nous, les refondateurs, qui avions pris la liberté de démissionner du CDP. Nous en avons choisi la forme et le moment. Nous avons à plusieurs reprises, évoqué les très nombreuses raisons qui nous ont conduits à cette décision extrême. Extrême, car il n'est pas facile, comme chacun peut en douter, d'abandonner ce que l'on a contribué à créer et à façonner. Mais il arrive un moment où sauver son âme devient une priorité absolue, quelque chose de non négociable. Et en l'occurrence, l'âme des refondateurs, - c'est leur soif de liberté et de démocratie véritable, - c'est leur soif de justice,

c'est leur soif de dignité pour l'Homme burkinabè, - c'est leur soif de développement et de progrès pour leur pays. Et, quand à la place de tout cela, quelques personnes, parce qu'elles se sont retrouvées à la tête du parti au pouvoir, le CDP, en font leur propriété personnelle, et en trouvent prétexte, pour vous servir au quotidien et jusqu'à la vomissure, l'injustice de la pensée unique et l'arrogance de l'arrivisme, l'intelligence et la raison vous commandent d'aller voir ailleurs. C'est ce que nous les refondateurs, nous avons fait. Tout le reste n'est que prétextes pour justifier une situation que l'on n'a pas pu ou (et) su gérer, pendant exactement trois cent soixante cinq (365) jours , le temps que nous avons volontairement choisi de laisser à la direction du CDP, pour trouver une solution à une fuite dans la presse dont on nous a accusés sans jamais, nous disons bien jamais, en apporter la preuve : Quand, le président du CDP, dans l'interview qu'il a accordée à l'Observateur Paalga dans son N°7384 du mardi 19 mai 2009, dit : « ...Et nous avons souligné cette question plusieurs fois. Emile Kaboré qui est le porte-parole des refondateurs a dit dans un journal que « si l'on ne pouvait pas laver le linge sale en famille, il faut le laver dans les pressings publics ». Ce qui est une confession, un aveu que ce sont bien eux qui diffusaient l'ensemble des documents de l'intérieur. En tout état de choses, je ne veux pas trop longtemps polémiquer sur les refondateurs, car pour nous, c'est une question qui est résolue... » Par ce raisonnement qui ne nous paraît pas sérieux, de type « Cum hoc ergo propter hoc » le président du CDP essaie d'en attribuer la paternité aux Refondateurs. En effet, « Cum hoc ergo propter hoc », (latin signifiant avec ceci, donc à cause de ceci) est un sophisme qui consiste à prétendre que si deux événements sont en corrélation, alors il y a un lien de cause à effet entre les deux. Ce qui est bien sûr une grave erreur que les statisticiens rappellent par la phrase : « la corrélation n'implique pas la causalité ». En nous référant à notre propre culture, n'aime-t-on pas dire que quand le canari d'eau que vous portez sur la tête se brise, il faut en profiter pour prendre une douche. Mais sauf à être de mauvaise foi, peut-on imaginer que le porteur de canari le casse volontairement juste pour se verser de l'eau sur le corps ? Et puis par ailleurs, ne dit-on pas qu'à quelque chose malheur est bon ? Alors, accuser tout de go les refondateurs, sans le moindre début de preuve, c'est tout simplement aller trop vite en besogne. Et puis aussi, et tout de même, à notre connaissance, le CDP n'est pas une chambre à ...coucher. Alors, que s'y passe-t-il de si indécent que la pudeur effarouchée de sa direction voudrait, par tous les moyens, y compris celui de notre départ, cacher aux yeux des militants ? Quant à dire que la question est résolue, cela n'engage que la direction du CDP. Pendant 365 jours, elle n'a pu apporter la moindre solution à un problème aussi mineur. Et parce que nous, nous avons démissionné, elle estime que la question est résolue. Ah ! bon ? ...soyons sérieux. La démission des refondateurs leur appartient et il n'appartient à personne d'autre de « décréter » que « 'c'est une question qui est résolue ». Plus loin, dans la même interview, il a été question de l'émission « Actu-Hebdo » de la TNB où notre camarade Emile René Kaboré était l'invité le 03 mai 2009. Effectivement, il y a fait allusion aux propos que le président du CDP a tenus sur les refondateurs, lors de son voyage à BOBO où il a tenté sans succès de concilier les différentes tendances des femmes CDP à l'approche du 08 mars. Il avait en effet affirmé que lors du prochain congrès, les Refondateurs allaient être exclus. Oui, Emile René Kaboré l'a bien dit. Mais ce n'est certainement pas pour expliquer, encore moins justifier, pourquoi, comme le dit le journaliste « ils ont pris les devants ». S'il l'a dit et bien dit, c'était pour souligner, insister sur le caractère arbitraire de la gouvernance du CDP.

Si la démocratie interne que nous y appelions de tous nos và "ux y était pratiquée, le président du CDP aurait eu la prudence et la réserve de dire par exemple, « nous avons exigé que ......mais comme les camarades refondateurs n'ont rien voulu comprendre....et au regard (éventuel) de tel ou tel texte, ...nous avons décidé d'instruire leur dossier à notre prochain congrès qui statuera »....... Nous étions en mars et le président du CDP lui-même ne savait pas quand le congrès se tiendrait mais il savait déjà que nous allions y être exclus. En quoi le congrès est-il prépondérant sur les autres organes du parti si le président en dicte les décisions à l'avance ? En quoi peut-on parler de démocratie au CDP quand la direction viole elle-même les textes qu'elle est censée défendre et faire appliquer ? En quoi peut-on parler de démocratie au CDP quand la direction du parti peut condamner des militants sans qu'ils aient pu se faire entendre ? En quoi peut-on parler de démocratie au CDP quand la direction du parti préfère se recroqueviller dans une posture stalinienne en s'abritant derrière sa sacro-sainte formule de l'autocritique. En quoi l'autocritique est-elle une panacée en Démocratie ? N'en déplaise aux membres de la direction du CDP, nous devons leur dire qu'ils ne sont ni les concepteurs, ni les dépositaires, encore moins les propriétaires de la Démocratie. La Démocratie est un concept universel qui enferme en son sein des valeurs toutes aussi universelles.

Et ce n'est pas parce que le Burkina Faso se trouve dans une région sahélienne et chaude que la Démocratie aurait besoin d'être « tropicalisée » avant d'être servie aux Burkinabè. Du reste, peut-on encore parler de Démocratie quand on a si peu d'égard pour les textes ? Certains « bonzes » du CDP ont tellement marché sur les textes qu'ils se sont cru tout autorisé, au point de violer notre Constitution en l'une de ses parties qui nous paraît essentielle. Ils ont en effet entrepris, très savamment, et aux seules fins d'une politique politicienne, de briser des familles burkinabè, en employant tous les moyens, à commencer par ceux de l'ETAT, pour monter un frère contre son frère, un fils contre son père, une femme contre son mari ou contre son frère et même telle famille contre telle autre famille. Ils l'ont fait sans vergogne. Et ils ont appelé ça » faire de la politique » !!...ils l'ont fait de Bobo Dioulasso à Fada N'Gourma, ils l'ont fait de Koudougou à Djibo, ils l'ont fait de Po à Ouahigouya, ils l'ont fait de Dori à Gaoua... Bref, ils l'ont fait partout au Burkina Faso. Ils l'ont fait dans les villes comme dans les campagnes, dans les villages comme dans les secteurs. Et pourtant, que dit la Constitution en son article 23 : « La famille est la cellule de base de la société. L'ETAT lui doit PRO.. TEC... TION. » Alors, comment peut-on comprendre, que ce soient des personnes dont les fonctions leur confèrent les attributs de l'Etat (ce qui est le cas d'une très large majorité de la direction du CDP) qui s'érigent en fossoyeurs de la Famille burkinabè ?

Pour beaucoup moins que ça, dans les traditions de notre pays, ce genre de personnes étaient bannies et chassées. Parce que la famille est sacrée. Et elle est sacrée parce qu'elle est d'inspiration divine et toutes les religions la reconnaissent comme telle. Beaucoup de Burkinabè ont, en son temps, adhéré au programme de « Développement Solidaire » et à celui d'un « Progrès continu pour une société d'Espérance ». La famille y occupe une place de choix. Quand certains « bonzes » du CDP rament à contre courant, que faut-il en penser ? Sans cette référence à la Famille, avec la vue imprenable, gracieusement offerte, sur l'autoroute de tous les vices, quel citoyen burkinabè peut-on espérer construire pour demain ? D'où venons-nous ? Nous le savons, même si pour certains, c'est approximatif. Mais qui sommes-nous ? Que voulons-nous et où allons-nous ? Avec la direction du CDP, c'est « mystère et boule de gomme » !!!

Du forum des citoyens de l'alternance

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Les refondateurs se veulent des hommes de dialogue. Ils estiment qu'aucune occasion de dialogue constructif ne doit être négligée. Et un dialogue, pour être constructif, a besoin d'un seul ingrédient, à la fois nécessaire et indispensable, c'est-à-dire l'honnêteté intellectuelle qui induit nécessairement la tolérance vis-à-vis des autres et de leurs idées. Cela suppose qu'on y aille sans préjugés et que l'on soit prêt à se remettre en cause. Tous les grands progrès dans le monde, qu'ils soient, scientifiques, techniques, philosophiques ou littéraires, l'ont été essentiellement sur cette base. Et quand cet ingrédient a manqué, cela a donné lieu à des grandes catastrophes. L'on peut se rappeler à souhait et à propos, ce qu'il est advenu, au siècle de la renaissance à des gens comme Galilée, et comment les peintres lumineux tels Santi, Raphaël, Michel-Ange et surtout Léonard de Vinci, ont dû recourir à des stratagèmes, souvent au risque de leur vie pour protéger des trésors scientifiques, philosophiques ou littéraires. L'inquisition n'a pas été seulement religieuse. Elle s'en était prise en réalité à un certain ordre nouveau. Pourtant aujourd'hui, tout le monde reconnaît que la terre est bien ronde. Les Refondateurs sont donc allés au forum, pour honorer une invitation bien sûr, mais surtout, pour écouter, comprendre, nous enrichir et en retour, donner notre contribution. Et ceux qui ont refusé de s'y rendre sont un peu mal placés pour se plaindre. S'ils avaient été là, peut-être que leurs contributions auraient fait pencher la balance des conclusions qu'ils trouvent aujourd'hui trop incisives. Pour ce qui est des insinuations du genre qu'il nous a été donné d'entendre de certains membres de la direction du CDP, nous répondons que les théories économiques de monsieur Diabré ne sont pas de son invention. Ce sont les mêmes dont il se servait au PNUD et ce sont les mêmes dont se sert toujours le PNUD pour noter le Burkina Faso, notre pays que l'on est malheureusement obligé de classer dans le peloton de queue du développement de la planète. Pour terminer, les refondateurs voudraient rappeler à tous les militants , les sympathisants et tous les déçus de la gestion du CDP, qui les ont suivis et soutenus tout au long de leur combat, qu'ils soient originaires des anciens partis de la CNPP, du PACT/LS, de l'ODP/MT, du RDA, de l'UDS, de l'UDPB ou de tout autre ancien parti, ou même ceux n'ayant jamais appartenu à un parti, que notre combat est et reste leur combat. Bientôt, ils auront à leur disposition, un cadre politique, transparent parce que n'ayant rien à cacher. Ce cadre permettra à chacun de s'exprimer librement sans crainte d'être contraint à des séances humiliantes d'autocritique ou à des suspensions arbitraires parce que ne respectant aucune règle, et d'y avancer selon son militantisme et son mérite avec en ligne de mire, le progrès véritable pour notre pays le Burkina Faso.

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