5 Juillet 2009
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Pour les propositions venant des députés non CDP, il n'y a aucune chance ! Elles sont systématiquement torpillées et il ne faut même pas rêver qu'elles puissent être seulement inscrites à l'ordre du jour ! Voilà comment la direction du CDP empêche que les sujets qui intéressent le Peuple que les députés sont sensés représenter ne soient débattus à l'Assemblée nationale. Les exemples sont légion. Prenons seulement celui de l'honorable Laurent Bado. Elu député en 2002 au titre du PAREN dont il est le fondateur, il entre à l'Assemblée nationale avec douze (12) propositions de lois bien ficelées. (Pour mémoire, le député Bado est docteur d'Etat en droit et professeur à l'université de Ouagadougou depuis longtemps.) Eh bien !... aucune de ces propositions n'a pu obtenir d'être soumise à examen. Elles comportaient pourtant des sujets qui intéressent le vaillant peuple burkinabè, tels ceux sur la chefferie traditionnelle, le délit de faciès, la décadence de nos mà "urs etc, etc......Incroyable, mais c'est ça la vérité de notre Assemblée nationale que la direction du CDP s'efforce de transformer en chambre d'enregistrement. Au lieu que la majorité parlementaire serve à faire avancer notre pays vers le progrès par le « bouillonnement » des idées, elle est utilisée pour canaliser tout le monde vers la « pensée unique ».
Dans tous les cas, et pour revenir aux deux modifications constitutionnelles évoquées plus haut, leur application immédiate serait tout à fait incompréhensible pour tous ceux qui, comme nous, ont défendu, bec et ongles, le principe de la non rétroactivité de la loi dans le cas de la modification de l'article 37 de la Constitution. En toute logique, celle portant sur les conditions de candidature à l'élection présidentielle (caution, signatures d'élus) ne devrait intervenir qu'à partir de 2015 et celle limitant les libertés du député (« nomadisme » ) ne devrait entrer en vigueur que pour compter de la législature 2012-2017. C'est vrai, je ne suis pas un juriste de formation, encore moins constitutionnaliste. Sans être juriste, encore moins constitutionaliste, sur la simple base de la raison et de la logique, l'on est en droit de se poser des questions.
De la démission des refondateurs
Au risque de nous répéter, nous tenons à souligner que c'est nous, les refondateurs, qui avions pris la liberté de démissionner du CDP. Nous en avons choisi la forme et le moment. Nous avons à plusieurs reprises, évoqué les très nombreuses raisons qui nous ont conduits à cette décision extrême. Extrême, car il n'est pas facile, comme chacun peut en douter, d'abandonner ce que l'on a contribué à créer et à façonner. Mais il arrive un moment où sauver son âme devient une priorité absolue, quelque chose de non négociable. Et en l'occurrence, l'âme des refondateurs, - c'est leur soif de liberté et de démocratie véritable, - c'est leur soif de justice,
c'est leur soif de dignité pour l'Homme burkinabè, - c'est leur soif de développement et de progrès pour leur pays. Et, quand à la place de tout cela, quelques personnes, parce qu'elles se sont retrouvées à la tête du parti au pouvoir, le CDP, en font leur propriété personnelle, et en trouvent prétexte, pour vous servir au quotidien et jusqu'à la vomissure, l'injustice de la pensée unique et l'arrogance de l'arrivisme, l'intelligence et la raison vous commandent d'aller voir ailleurs. C'est ce que nous les refondateurs, nous avons fait. Tout le reste n'est que prétextes pour justifier une situation que l'on n'a pas pu ou (et) su gérer, pendant exactement trois cent soixante cinq (365) jours , le temps que nous avons volontairement choisi de laisser à la direction du CDP, pour trouver une solution à une fuite dans la presse dont on nous a accusés sans jamais, nous disons bien jamais, en apporter la preuve : Quand, le président du CDP, dans l'interview qu'il a accordée à l'Observateur Paalga dans son N°7384 du mardi 19 mai 2009, dit : « ...Et nous avons souligné cette question plusieurs fois. Emile Kaboré qui est le porte-parole des refondateurs a dit dans un journal que « si l'on ne pouvait pas laver le linge sale en famille, il faut le laver dans les pressings publics ». Ce qui est une confession, un aveu que ce sont bien eux qui diffusaient l'ensemble des documents de l'intérieur. En tout état de choses, je ne veux pas trop longtemps polémiquer sur les refondateurs, car pour nous, c'est une question qui est résolue... » Par ce raisonnement qui ne nous paraît pas sérieux, de type « Cum hoc ergo propter hoc » le président du CDP essaie d'en attribuer la paternité aux Refondateurs. En effet, « Cum hoc ergo propter hoc », (latin signifiant avec ceci, donc à cause de ceci) est un sophisme qui consiste à prétendre que si deux événements sont en corrélation, alors il y a un lien de cause à effet entre les deux. Ce qui est bien sûr une grave erreur que les statisticiens rappellent par la phrase : « la corrélation n'implique pas la causalité ». En nous référant à notre propre culture, n'aime-t-on pas dire que quand le canari d'eau que vous portez sur la tête se brise, il faut en profiter pour prendre une douche. Mais sauf à être de mauvaise foi, peut-on imaginer que le porteur de canari le casse volontairement juste pour se verser de l'eau sur le corps ? Et puis par ailleurs, ne dit-on pas qu'à quelque chose malheur est bon ? Alors, accuser tout de go les refondateurs, sans le moindre début de preuve, c'est tout simplement aller trop vite en besogne. Et puis aussi, et tout de même, à notre connaissance, le CDP n'est pas une chambre à ...coucher. Alors, que s'y passe-t-il de si indécent que la pudeur effarouchée de sa direction voudrait, par tous les moyens, y compris celui de notre départ, cacher aux yeux des militants ? Quant à dire que la question est résolue, cela n'engage que la direction du CDP. Pendant 365 jours, elle n'a pu apporter la moindre solution à un problème aussi mineur. Et parce que nous, nous avons démissionné, elle estime que la question est résolue. Ah ! bon ? ...soyons sérieux. La démission des refondateurs leur appartient et il n'appartient à personne d'autre de « décréter » que « 'c'est une question qui est résolue ». Plus loin, dans la même interview, il a été question de l'émission « Actu-Hebdo » de la TNB où notre camarade Emile René Kaboré était l'invité le 03 mai 2009. Effectivement, il y a fait allusion aux propos que le président du CDP a tenus sur les refondateurs, lors de son voyage à BOBO où il a tenté sans succès de concilier les différentes tendances des femmes CDP à l'approche du 08 mars. Il avait en effet affirmé que lors du prochain congrès, les Refondateurs allaient être exclus. Oui, Emile René Kaboré l'a bien dit. Mais ce n'est certainement pas pour expliquer, encore moins justifier, pourquoi, comme le dit le journaliste « ils ont pris les devants ». S'il l'a dit et bien dit, c'était pour souligner, insister sur le caractère arbitraire de la gouvernance du CDP.
Si la démocratie interne que nous y appelions de tous nos và "ux y était pratiquée, le président du CDP aurait eu la prudence et la réserve de dire par exemple, « nous avons exigé que ......mais comme les camarades refondateurs n'ont rien voulu comprendre....et au regard (éventuel) de tel ou tel texte, ...nous avons décidé d'instruire leur dossier à notre prochain congrès qui statuera »....... Nous étions en mars et le président du CDP lui-même ne savait pas quand le congrès se tiendrait mais il savait déjà que nous allions y être exclus. En quoi le congrès est-il prépondérant sur les autres organes du parti si le président en dicte les décisions à l'avance ? En quoi peut-on parler de démocratie au CDP quand la direction viole elle-même les textes qu'elle est censée défendre et faire appliquer ? En quoi peut-on parler de démocratie au CDP quand la direction du parti peut condamner des militants sans qu'ils aient pu se faire entendre ? En quoi peut-on parler de démocratie au CDP quand la direction du parti préfère se recroqueviller dans une posture stalinienne en s'abritant derrière sa sacro-sainte formule de l'autocritique. En quoi l'autocritique est-elle une panacée en Démocratie ? N'en déplaise aux membres de la direction du CDP, nous devons leur dire qu'ils ne sont ni les concepteurs, ni les dépositaires, encore moins les propriétaires de la Démocratie. La Démocratie est un concept universel qui enferme en son sein des valeurs toutes aussi universelles.
Et ce n'est pas parce que le Burkina Faso se trouve dans une région sahélienne et chaude que la Démocratie aurait besoin d'être « tropicalisée » avant d'être servie aux Burkinabè. Du reste, peut-on encore parler de Démocratie quand on a si peu d'égard pour les textes ? Certains « bonzes » du CDP ont tellement marché sur les textes qu'ils se sont cru tout autorisé, au point de violer notre Constitution en l'une de ses parties qui nous paraît essentielle. Ils ont en effet entrepris, très savamment, et aux seules fins d'une politique politicienne, de briser des familles burkinabè, en employant tous les moyens, à commencer par ceux de l'ETAT, pour monter un frère contre son frère, un fils contre son père, une femme contre son mari ou contre son frère et même telle famille contre telle autre famille. Ils l'ont fait sans vergogne. Et ils ont appelé ça » faire de la politique » !!...ils l'ont fait de Bobo Dioulasso à Fada N'Gourma, ils l'ont fait de Koudougou à Djibo, ils l'ont fait de Po à Ouahigouya, ils l'ont fait de Dori à Gaoua... Bref, ils l'ont fait partout au Burkina Faso. Ils l'ont fait dans les villes comme dans les campagnes, dans les villages comme dans les secteurs. Et pourtant, que dit la Constitution en son article 23 : « La famille est la cellule de base de la société. L'ETAT lui doit PRO.. TEC... TION. » Alors, comment peut-on comprendre, que ce soient des personnes dont les fonctions leur confèrent les attributs de l'Etat (ce qui est le cas d'une très large majorité de la direction du CDP) qui s'érigent en fossoyeurs de la Famille burkinabè ?
Pour beaucoup moins que ça, dans les traditions de notre pays, ce genre de personnes étaient bannies et chassées. Parce que la famille est sacrée. Et elle est sacrée parce qu'elle est d'inspiration divine et toutes les religions la reconnaissent comme telle. Beaucoup de Burkinabè ont, en son temps, adhéré au programme de « Développement Solidaire » et à celui d'un « Progrès continu pour une société d'Espérance ». La famille y occupe une place de choix. Quand certains « bonzes » du CDP rament à contre courant, que faut-il en penser ? Sans cette référence à la Famille, avec la vue imprenable, gracieusement offerte, sur l'autoroute de tous les vices, quel citoyen burkinabè peut-on espérer construire pour demain ? D'où venons-nous ? Nous le savons, même si pour certains, c'est approximatif. Mais qui sommes-nous ? Que voulons-nous et où allons-nous ? Avec la direction du CDP, c'est « mystère et boule de gomme » !!!
Du forum des citoyens de l'alternance
Les refondateurs se veulent des hommes de dialogue. Ils estiment qu'aucune occasion de dialogue constructif ne doit être négligée. Et un dialogue, pour être constructif, a besoin d'un seul ingrédient, à la fois nécessaire et indispensable, c'est-à-dire l'honnêteté intellectuelle qui induit nécessairement la tolérance vis-à-vis des autres et de leurs idées. Cela suppose qu'on y aille sans préjugés et que l'on soit prêt à se remettre en cause. Tous les grands progrès dans le monde, qu'ils soient, scientifiques, techniques, philosophiques ou littéraires, l'ont été essentiellement sur cette base. Et quand cet ingrédient a manqué, cela a donné lieu à des grandes catastrophes. L'on peut se rappeler à souhait et à propos, ce qu'il est advenu, au siècle de la renaissance à des gens comme Galilée, et comment les peintres lumineux tels Santi, Raphaël, Michel-Ange et surtout Léonard de Vinci, ont dû recourir à des stratagèmes, souvent au risque de leur vie pour protéger des trésors scientifiques, philosophiques ou littéraires. L'inquisition n'a pas été seulement religieuse. Elle s'en était prise en réalité à un certain ordre nouveau. Pourtant aujourd'hui, tout le monde reconnaît que la terre est bien ronde. Les Refondateurs sont donc allés au forum, pour honorer une invitation bien sûr, mais surtout, pour écouter, comprendre, nous enrichir et en retour, donner notre contribution. Et ceux qui ont refusé de s'y rendre sont un peu mal placés pour se plaindre. S'ils avaient été là, peut-être que leurs contributions auraient fait pencher la balance des conclusions qu'ils trouvent aujourd'hui trop incisives. Pour ce qui est des insinuations du genre qu'il nous a été donné d'entendre de certains membres de la direction du CDP, nous répondons que les théories économiques de monsieur Diabré ne sont pas de son invention. Ce sont les mêmes dont il se servait au PNUD et ce sont les mêmes dont se sert toujours le PNUD pour noter le Burkina Faso, notre pays que l'on est malheureusement obligé de classer dans le peloton de queue du développement de la planète. Pour terminer, les refondateurs voudraient rappeler à tous les militants , les sympathisants et tous les déçus de la gestion du CDP, qui les ont suivis et soutenus tout au long de leur combat, qu'ils soient originaires des anciens partis de la CNPP, du PACT/LS, de l'ODP/MT, du RDA, de l'UDS, de l'UDPB ou de tout autre ancien parti, ou même ceux n'ayant jamais appartenu à un parti, que notre combat est et reste leur combat. Bientôt, ils auront à leur disposition, un cadre politique, transparent parce que n'ayant rien à cacher. Ce cadre permettra à chacun de s'exprimer librement sans crainte d'être contraint à des séances humiliantes d'autocritique ou à des suspensions arbitraires parce que ne respectant aucune règle, et d'y avancer selon son militantisme et son mérite avec en ligne de mire, le progrès véritable pour notre pays le Burkina Faso.
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