6 Juillet 2009
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L'ANC n'est plus celle qui, en 1964, fuyait et détalait piteusement devant les rebelles.
La contre offensive de l'ANC est violente, précise et professionnelle : Schramme décroche. Il a perdu beaucoup d'hommes et de véhicules. Il se replie alors vers le centre ville et vers l'aéroport toujours tenu par les hommes de Bob Denard qui, jusque là, n'ont pas réagi pour leur venir en aide. Denard paraît manger aux deux râteliers : Mobutu et Tshombe. Schramme va le rencontrer, fuyant dans sa Jeep vers Lubutu. Les deux hommes se résolvent de repartir à l'attaque sur Kisangani, où les hommes de Bob Denard se battront cette-fois plus sérieusement à l'aéroport. Là, Denard sera blessé à la nuque. Il est paralysé de deux jambes. C'est, étendu sur une civière, qu'il donne les ordres. Puis il gagne la Rhodésie (Zimbabwe) le 7 juillet en DC3 avec les autres blessés, en laissant tous les hommes valides à Schramme. Depuis lors, jusqu'à ce jour, Bob Denard en a gardé les séquelles en boitant. Tous les mercenaires restés sont intensément harcelés et bousculés violemment par l'ANC. Finalement, Schramme échoue dans sa prise de Kisangani.
FUITE AU RWANDA
Pendant toutes ces tractations, les combats se poursuivent à Bukavu. La pression est tellement forte, que Schramme et ses hommes n'attendent pas la mise au point du Plan de l'OUA et de la Croix-Rouge internationale. Ils seront contraints de fuir vers le Rwanda. Ils y déposent les armes le 3 novembre 1967 et seront accueillis par les autorités du Rwanda. Sous le contrôle de la Croix-Rouge. Là, à Cyangungu au Rwanda, il y aura 129 mercenaires et 2500 Katangais. Tous avec leurs familles.
Mobutu, qui croit fermement que ses militaires étaient sur le point d'écraser les mercenaires et les ex-gendarmes katangais, est très fâché contre le président rwandais. En leur ouvrant ses portes, le Rwanda vient de poser un acte inamical. Mobutu oublie très vite la résolution de l'OUA à Kinshasa, « au cas où les mercenaires acceptaient de partir ». Ce sera là l'argument de défense des autorités rwandaises. Mobutu rétorque que « les mercenaires n'ont pas accepté de déguerpir, comme prévu par l'OUA, ils y ont été contraints par la puissance de feu des jeunes soldats de l'ANC : le Rwanda ne devait pas leur ouvrir ses portes ». Mobutu ne le pardonnera jamais à Grégoire Kayibanda, qu'il contribuera à éjecter par un coup d'Etat, au profit du général Juvénal Habiarimana, très attaché à Mobutu depuis lors jusqu'à sa mort brutale le 6 avril 1994 dans un attentat sur son avion.
Mobutu refuse que les ex-gendarmes katangais puissent trouver refuge à l'étranger. Il leur offre l'amnistie et garantit leur sécurité s'ils rentrent au Congo. Contactés individuellement au Rwanda par le Comité spécial de l'OUA, les Katangais acceptent de revenir au pays. Mal leur en prit, ils venaient d'oublier le sort des autres gendarmes du lieutenant-colonel Fernand Tshipola massacrés en juillet 1966 à Kisangani.
Dès leur retour au Congo, ils seront transportés dans les forêts de l'Equateur. On ne les a plus jamais revus : sans doute massacrés. Le 4 avril 1968, la Croix-Rouge internationale évacue les mercenaires depuis le Rwanda, vers leurs pays respectifs.
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