Stephane Etinga
6 Juillet 2009
Kinshasa — Les activistes des droits de l'homme ont lancé, le vendredi 3 juillet, un véritable SOS en faveur des prisonniers de la prison centrale de Makala, lesquels vivent dans des conditions difficiles.
La prison centrale de Makala est devenue un mouroir pour ses pensionnaires, rapporte radiookapi.net. Interrogé à ce sujet, un prisonnier a déclaré : «Ici, c'est un enfer. On nous torture en silence. Nous n'avons presque pas de repas. La nourriture que nous avons irrégulièrement s'appelle «Vungure», qui veut dire : «Vous mourez», un mélange de haricot et du maïs sans huile. Repas qu'on peut donner à un chien ».
Me Ngoma, avocat d'un groupe de ces prisonniers, fait également état de nombreuses irrégularités. Il demande au ministre de la Justice de dépêcher une commission d'enquête pour étudier, au cas par cas, le dossier de chaque détenu du CPRK. Parmi ceux dont il défend la cause, il y en a qui ont passé 5 ans dans la prison, mais dont les dossiers sont vides. Leurs juges viennent de leur signifier qu'ils ne savent pas pourquoi ils ont été arrêtés !
« Dans ces conditions là, où les gens dorment pratiquement étouffés, comment est-ce qu'il ne peut pas y avoir des maladies ? Nous demandons, par exemple, au ministre de la Justice, qu'il puisse constituer une commission d'enquête, qu'on vienne un peu vérifier le dossier de chacun, parce qu'il y a ici à la prison des détenus qui n'ont pas de dossier », plaide Me Ngoma.
De son côté, le directeur adjoint de la prison, Pius Mambalunga, a fait un aveu d'impuissance. Pour moi, déclare-t-il, ce qui est comme préoccupation principale, c'est la libération des détenus. Quand les fournisseurs eux-mêmes ne sont pas payés, comment ils vont livrer d'autres produits. C'est difficile, il faut attendre que le gouvernement livre les produits, pour les entretenir.
A toutes ces préoccupations soulevées par les activistes des droits de l'homme, le ministre de la Justice donne des assurances. Concernant la détention irrégulière de certains prisonniers, Luzolo Bambi répond que tous les magistrats seront notifiés sur la libération des personnes qui purgent une détention qui n'est pas régulière.
Quant aux mauvaises conditions de détention et au manque de nourriture pour les détenus, il indique qu'il va également y veiller. Et d'ajouter qu'il n'y a pas rupture de stocks en nourriture à Makala.
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