Faustin Kuediasala
6 Juillet 2009
Kinshasa — La sonnette d'alarme est venue de la société civile de Boma, ville située à plus de 100 kilomètres à l'ouest de Matadi, qui dénonce, rapportait Radio Okapi, la circulation et la vente de riz de mauvaise qualité dans les différents marchés de cette ville portuaire. Radio Okapi s'est rapporté, à ce propos, aux révélations faites par Bruno Mavungu, membre de la société civile et vice-président de marché Dinalo.
Serait-ce le même riz interdit de consommation l'année dernière par les services de l'Office congolais de contrôle (OCC) ? Difficile de faire le lien. Cependant, sur place dans la ville portuaire de Boma, des gens tentent de faire le rapprochement, trouvant dans la commercialisation de ce riz avarié une main invisible des autorités locales, prêtes à jouer le jeu des commerçants.
Selon Bruno Mavungu, cité par Radio Okapi, la mesure de ce riz de mauvaise qualité est vendue dans tous les marchés à un prix bas, soit 160 Fc contrairement au riz de bonne qualité dont le prix a augmenté.
La société civile de Boma, par sa voie, a lancé un appel aux autorités les implorant de tout mettre en oeuvre pour retirer de la circulation ce riz impropre à la consommation. « D'abord avec le premier lot qui est sorti des magasins de l'Onatra pour Congo Futur l'importateur. Ensuite on apprend qu'il y a un deuxième lot qui est arrivé à bord d'un navire. L'Occ l'a déclaré impropre à la consommation. Nous apprenons qu'on fait du troc alors que la qualité de ce riz n'est pas bonne. Quand vous allez à Dumbi, à Dinalo, on vend ce riz à 160, à 170 Fc la mesure. Si le riz est de mauvaise qualité, comment les autorités peuvent-elles accepter sa vente sur le marché ? On ne sait pas. Est-ce que l'Etat fait son travail ? On demande aux autorités de donner la bonne information sur ce dossier. Où nous en sommes ? »
Un responsable des services des affaires économiques de Boma, contacté par Radio Okapi, a déclaré ne pas être informé de l'arrivée à Boma d'une cargaison de riz déclaré impropre à la consommation. Des enquêtes doivent être menées dans un bref délai a-t-il ajouté. Pour rappel plus de 120 000 sacs de riz importé déclaré impropre à la consommation par l'OCC depuis plus d'une année, sont stockés dans les entrepôts de l'entreprise Congo Futur à Boma.
L'URGENCE D'UNE ENQUETE
Les Dépêches de Brazzaville est revenu, dans son édition de Kinshasa, sur le sujet, rappelant que la circulation de ce riz suspect à Boma ainsi qu'à Matadi a également été confirmée par le député national, élu de Kasangulu, Jean-Claude Vuemba. Approché, ce député a indiqué que ses contacts pour ces deux villes ont admis la vente de ce riz dans les marchés de ces agglomérations, sans pour autant en certifier la provenance. Jean-Claude Vuemba, note le quotidien, est, en effet, derrière ce dossier du riz avarié depuis près d'une année. A l'en croire, l'Assemblée nationale avait demandé, dans sa résolution du mois de juin 2008, l'incinération de ces tonnes de riz.
La présence de ces quantités de riz déclaré impropre à la consommation humaine au port de Boma a été signalée depuis le premier semestre de l'année 2008. Il s'agit, souligne-t-on, de cent vingt mille sacs représentant six mille tonnes de riz déclarés « non conformes aux normes internationales ISO 7301-2002 » saisis depuis le 23 juin 2008 et consignés dans les dépôts sur ordre du parquet près le tribunal de grande instance de Boma.
Cette cargaison des sacs de cinquante Kilogrammes de marque « riz long chinois » serait débarquée, depuis le 8 juin 2008, sur le port de Boma par le navire Solvenia. Des avis et considérations émis par l'OCC en son temps après les analyses, le riz serait périmé. Ce qui aurait été confirmé par le certificat d'origine. Cette expertise a décelé dans ce riz, une mauvaise couleur, une mauvaise odeur et un mauvais goût. La cargaison a été, de ce fait, saisie et consignée sur ordre du parquet dans les entrepôts.
Ainsi, s'il faut remonter la filière pour déceler tous ceux qui ont autorisé la mise en circulation de ce riz dans les marchés de Boma. C'est du Parquet général de Boma et éventuellement des entrepôts Onatra que devaient inévitablement partir les enquêtes. Au ministre de la Justice de s'investir dans ce dossier pour mettre hors d'état de nuire ceux qui, au nom du profit, ne se soucient nullement de la santé publique.
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