Ndzinga Amougou
6 Juillet 2009
Depuis que les populations camerounaises sont appelées à participer activement à la gestion des affaires publiques, le renforcement d'un Etat de droit est devenu incontournable. Notre pays l'a vite compris. Il a dû faire, depuis 1990, le dur apprentissage de la soumission aux textes législatifs et réglementaires régissant certains droits. Mais, force est de reconnaître dans ce domaine, que beaucoup reste encore à faire en dépit de nos efforts.
En effet, le renforcement de l'Etat de droit passe par la consolidation de la bonne gouvernance, c'est-à-dire, un ensemble de mesures qu'il convient de prendre afin de permettre la pleine jouissance par les populations de leurs droits et libertés, mais aussi l'accomplissement des devoirs qui leur incombent vis-à-vis de l'Etat et des autres membres de la société.
Les choses vues sous cet angle, il devient alors aujourd'hui impératif de parachever le processus de mise en place des nouvelles institutions créées par la Constitution de 1996. En effet, treize ans après son entrée en vigueur, force est de constater que certaines de ces institutions restent toujours lettre morte. C'est notamment le cas du Sénat dans le cadre de l'instauration d'un parlement bicaméral, le conseil constitutionnel Il faut tout de même, en passant, louer la mise en service des Régions et de la Chambre des comptes de la Cour suprême
N'empêche que des observateurs avertis estiment qu'il est impérieux de poursuivre la lutte acharnée contre la corruption en vue d'assainir et de moraliser les comportements, de poursuivre par des sanctions exemplaires la lutte contre les responsables des atteintes à la fortune publique et aux droits et libertés fondamentaux.
Il faudra également restaurer le culte du mérite, de l'effort et de la compétence, comme critères exclusifs des promotions et nominations dans l'administration publique, rétablir la neutralité de l'appareil administratif dont les hauts responsables ont tendance à se mettre au service d'un corporatisme politique. Sans toutefois négliger la mise en oeuvre de la réforme de l'institution judiciaire, afin qu'elle devienne toujours plus indépendante, proche du justiciable, garante de l'Etat de droit, de la sécurité juridique et judiciaire des populations ainsi que des investisseurs et de leurs biens.
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