Laurent Abah
6 Juillet 2009
Et pourtant des performances en deçà des potentialités!
Le diagnostic sévère et lucide du président de la République arrive à point nommé pour mettre en évidence une certaine médiocrité des performances du secteur agropastoral. Au regard des efforts déjà consentis par l'Etat et des défis considérables auxquels il faut rapidement apporter des solutions, il y a urgence. Les données parlent. Depuis 25 ans, et ce après une période de croissance soutenue, la production agricole ne s'est accrue que modestement. A un rythme en tous cas inférieur à celui de la population du pays. La consommation alimentaire moyenne par habitant est inférieure à ce qu'elle était avant 1975 et se situe à un niveau à peine supérieur aux seuils de consommation à partir desquels on considère que les populations sont sous-alimentées.
Selon les chiffres de la FAO en effet, le Cameroun malgré de réels atouts, se situe parmi les pays en développement les moins performants. La ration alimentaire actuelle (2.260 cal calories/jour/hab.) y est tout juste supérieure à la ration moyenne de l'Afrique subsaharienne (2.200 calories) et bien inférieure à celle de l'ensemble des pays en voie de développement (2.680 calories). On est donc bien loin de « l'autosuffisance alimentaire » si souvent fièrement brandie par certains responsables.
Considéré comme un pays africain relativement et potentiellement riche au début de la décennie 80, le Cameroun connaît une aggravation de la pauvreté surtout en milieu rural (85% de la population). La libéralisation des filières agricoles est arrivée avec les effets négatifs les plus dénoncés. Faible encadrement des producteurs, hausse des prix des intrants, faible prix d'achat aux producteurs et absence des crédits ou avances. La reprise économique s'est appuyée sur la restructuration du secteur rural engagée depuis 1990. Dans le secteur agricole, des efforts considérables et soutenus doivent être encore fournis pour achever l'oeuvre de restructuration et de modernisation de l'agriculture. Combattre la pauvreté, satisfaire une demande alimentaire en forte expansion; réussir son intégration sur les marchés international et sous-régional, assurer la durabilité de ses performances sur le long terme. Dans cette perspective, l'accroissement de la production est central. Au-delà de l'objectif d'accroissement de la production et de la productivité au niveau des exploitations (modernisation des systèmes de production), l'amélioration de la compétitivité du secteur impose de dégager des gains de productivité, par une diminution des coûts de transformation et de mise en marché.
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