Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Emploi des jeunes - Qui a peur d'aller aux champs ?

Yves Atanga

6 Juillet 2009


L'heure est à la revalorisation d'un secteur riche et pourtant très peu couru.

Dire que l'emploi des jeunes est l'un des dossiers chauds qui attendent le nouveau gouvernement n'est en réalité, rien de nouveau. A la vérité, le problème du chômage se pose de manière permanente. Et même si des solutions concrètes sont apportées depuis le début du septennat par les pouvoirs publics, elles n'arrivent toujours pas à masquer une demande toujours plus forte et plus pressante. Il est donc clair qu'il faut aller bien au-delà des opérations de recrutements directs et de contractualisation engagées par le gouvernement.

C'est certainement une bonne chose, que les portes de la Fonction publique s'ouvrent à nouveau à des milliers de diplômés (plus de 24.300 instituteurs, plus de 11.000 contrats signés avec les ex-temporaires). Mais le service public seul ne peut absorber les près de 17% de la population active, qui se trouve aujourd'hui sans emploi. C'est pourquoi, dans la même veine que le chef de l'Etat l'autre jour face aux ministres, on peut déjà déplorer le retard pris par les grands projets énergétiques et miniers.

Cela dit, il faut bien vivre en attendant que ces grands chantiers démarrent et casent des milliers de jeunes Camerounais. Vendredi, Paul Biya a aussi lancé un véritable plaidoyer pour la revalorisation de l’agriculture. Un message qui sonne comme une perche tendue à tous ces jeunes obnubilés par l’image du fonctionnaire en costume-cravate derrière son bureau. Ils sont près de 25% de la population à Douala et 21% à Yaoundé. Pour que le secteur agricole devienne le secteur6phare souhaité, il faudra bien que les jeunes acceptent de mettre la main à la pâte.

Le cacao, le riz, le maïs… ne demandent à qu’à être transformés en « source de puissance », pour reprendre l’expression d’un haut responsable de l’Etat. Pour un pays particulièrement gâté par la nature, cette incroyable panne d’agriculture étonne. Bien sûr, d’autres projets comme les désormais célèbres PIAASI (secteur informel) et PAJER-U (jeunesse urbaine et rurale) existent pour stimuler l’esprit d’auto-emploi. Mais il5 en faut encore plus. Des projets. Et surtout des initiatives.

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