Aristide Ekambi (stagiaire)
6 Juillet 2009
Les passionnés de pêches de 18 à 35 ans sont formés et recyclés depuis près de quatre ans au Centre de formation des jeunes pêcheurs de Bonamatoumbé.
Construit depuis près de quatre ans, ce projet financé par les fonds Ppte et situé après le village Bonedale, en plein coeur de la savane, n'a été inaugurée qu'en mars 2005 par le Hamadjoda Adjoudji, alors ministre de l'Elevage, des Pêches et des Industries animales. " Ce centre de formation des jeunes pêcheurs de Bonamatoumbe n'a jamais formé les jeunes sur une durée de six mois. Car les périodes de formation ne cadrent pas avec les périodes de pêches. Le centre ne dispose pas de budget de fonctionnement et de moyens de locomotions " indique Désiré Njog, chef de centre.
"Nous sommes tout près des berges du Wouri. Le centre de formation des jeunes pêcheurs de Bonamatoumbe s'étend sur deux hectares non encore titrés ", poursuit le chef de centre. Il est composé de deux bâtiments : l'un est composé d'une grande salle de formation, et de seize pièces de dortoirs pour les étudiants. L'autre dispose de trois dépendances équipées pour les enseignants. Une infirmerie, un magasin, et des toilettes. C'est là où sont formés et recyclés les jeunes pêcheurs depuis près de quatre ans. Compte tenu du fait que ce secteur d'activité est contrôlé au Cameroun par des étrangers, l'Etat a mis les moyens à la disposition des jeunes camerounais qui aimeraient se former.
Seulement, "la pêche au Cameroun n'intéresse pas les jeunes, elle passionne beaucoup plus les vieillards" indique Nana Prisca, Délégué d'arrondissement de l'élevage des Pêches et des Industries animales de Bonassama. " Toutefois, il est important de donner la possibilité à tous les Camerounais qui veulent être formés. Car en limitant l'âge, ce secteur d'activité très rentable tardera à décoller, dans la mesure où, c'est beaucoup plus les vieillards qui s'intéressent à celle-ci, mais sont exclus à cause de leur âge ", poursuit Nana Prisca.
La durée de la formation est de six mois environ, et au terme celle-ci un matériel de pêche est remis à chaque élève. Chaque année, par dizaine voir des centaines, plusieurs jeunes sont formés. "Ils bénéficient d'une formation d'une durée de six. Au cours de cette formation ils sont formés aux différentes techniques de pêches, et à l'utilisation du matériel de pêche" précise Prudencia Nkengbeza, chef de Centre d'alevinage et du contrôle de pêche de Bonassama.
"Des séminaires de recyclage sont aussi organisés par l'Etat en vue de recycler bon nombre de pêcheurs. Le plus récent date de 2007, il a permis à une centaine de jeunes venus de Kumbo, Moukoko, de Manoka, et du Sud Ouest, de bénéficier d'un recyclage d'une semaine, et à la fin le matériel de pêche leur a été remis", poursuit Prudencia Nkengbeza. Aussi, une condition préalable est exigée à l'ensemble des étudiants, c'est celle "d'appartenir à une Gic de deux à quatre personnes, au moment où ils suivent la formation. Le matériel de pêche est remis à un collectif ou à un groupe, et non à une personne. Ce matériel est constitué d'accessoires tels que les filets, les motos hors bord, gilets de sauvetages etc.. " Confie le chef de centre d'alevinage et du contrôle de pêche de Bonassama. Toutefois, un autre problème subsiste, et l'Etat qui a mis les moyens à la disposition des jeunes pêcheurs doit y subvenir. Il s'agit de "libéraliser ce secteur d'activité, en permettant à tous d'être formés, sans limiter l'âge à une minorité. Ce qui nous permettra à coup sûr de reprendre le dessus sur les étrangers que sont les Chinois et autres qui contrôlent ce secteur, pourtant très rentable dans notre pays. Car, c'est grâce à la pêche que mon père nous a élevés, mes frères et moi ", affirme Pierre Toube, pêcheur exerçant à Youpwè et diplômé de la deuxième promotion du dit Centre.
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