Wal Fadjri (Dakar)

Mauritanie: Dix candidats pour la présidentielle du 18 juillet

Mame Seydou Diop

6 Juillet 2009


Nouakchott — La campagne électorale mauritanienne vient de redémarrer, après un report obtenu in extremis, grâce à la médiation sénégalaise du président Wade. Ainsi, après le court mandat du président déchu, Sidi Ould Cheikh Abdellahi 'Sidioca', dix nouveaux candidats ont répondu à l'appel du Conseil constitutionnel pour désigner le nouveau président de la République.

Les acteurs politiques de la Mauritanie se sont résolument engagés pour la présidentielle du 18 juillet prochain. Pour cette énième course à la présidence de la République, les candidatures n'ont pas manqué. La liste définitive, établie sur la base de l'ordre de dépôt des dossiers de candidature auprès du secrétariat du Conseil constitutionnel affiche les noms qui suivent : Mohamed Ould Abdel Aziz ; Kane Hamidou Baba ; Ibrahima Moktar Sarr ; Sghair Ould M'Bareck ; Ahmed Ould Mohameden Ould Daddah ; Mohamed Jemil Ould Mansour ; Ely Mohamed Vall Eleya ; Messaoud Ould Boulkheir ; Hamady Ould Meimou et Saleh Ould Mohamed Ould Hanena. Depuis jeudi, la capitale mauritanienne, telle une ruche, est envahie par les tintamarres des musiques de campagne électorale des candidats. Ces derniers rivalisent de popularité, et multiplient les tentes qui embellissent le décor. Cette rivalité est présente partout dans la ville de Nouakchott comme à l'intérieur du pays. Elle est marquée par une concurrence énorme entre les candidats qui ont déployé des moyens colossaux pour cette présente campagne de propagande en direction d'un électorat jugé faible.

Pour nombre d'observateurs, le premier tour de cette élection présidentielle sera âprement disputé entre le camp du tombeur de Sidi Ould Cheikh Abdellahi 'Sidioca', celui du Général Abdel Aziz et des autres candidats.

Décidés à faire tourner la page des militaires, les deux éternels rivaux du régime du président Taya (Messoud Ould Belkheir et Ahmed Ould Daddah - respectivement président de l'Assemblée nationale et chef de file de l'opposition démocratique) ont signé un accord d'appui au cours d'un éventuel deuxième tour de l'élection du 18 juillet prochain. Les signataires s'engagent également, durant le deuxième tour de l'élection présidentielle, à garantir le transfert des voix au candidat ayant obtenu le plus de soutiens au premier tour.

En plus de cela, les candidats expriment leur engagement à mettre en place un gouvernement de coalition dans le cas où ils auraient gagné l'élection. Un accord qui n'a pas fait des heureux du côté du camp du Général Abdel Aziz ; puisqu'il a réagi violemment lors d'un meeting, tenu samedi à Aleg contre ses deux concurrents directs, notamment Ahmed Ould Mohameden Ould Daddah et Messaoud Ould Bulkheir, les qualifiant de 'corrompus'. Le Général Abdel Aziz a déclaré publiquement et solennellement avoir en sa possession des documents tangibles sur la gestion des biens publics par ces deux hommes.

Pour Ould Abdel Aziz, la bataille électorale en cours se passe entre deux pôles à savoir celui de la réforme et du changement constructif représenté par lui-même et le pôle de la gabegie, du détournement des derniers publics et de la corruption, représenté par les autres candidats. Au sujet du candidat Ould Daddah, le Général Abdel Aziz a révélé qu'il l'avait conseillé de faire le coup d'Etat le 6 août 2008 et il avait voyagé systématiquement sur la Tunisie de crainte d'être arrêté.

Des allégations qui ne tarderont pas à faire réagir le leader du Rfd, Ahmed Daddah. En attendant, l'on rapporte que ce dernier a reçu le soutien de l'ex-Premier ministre, Zeidane, candidat malheureux aux élections de 2007 ; mais il avait par la suite dirigé le premier gouvernement du président Sidioca. Cet accord entre les deux candidats pourrait peut-être hypothéquer la chance des autres candidats dans cette course à la présidence.

Mauritanie: Les jeux sont ouverts

Cette bataille ne laissera aucun répit aux directoires de campagne des candidats qui sont en train de faire du porte-à-porte pour demander à la population de s'inscrire dans le nouveau fichier électoral de la Commission électorale nationale indépendante. Ladite instance a elle aussi subi un remaniement de ses membres.

Ainsi, en détenant les portefeuilles des ministères de l'Intérieur, des Finances, de la Communication et de la Défense nationale, l'opposition (Fndd, Rfd) va tenter de faire un hold-up. Mais le Général Abdel Aziz, son cousin Ely Mohamed Vall Eleya et les autres candidats n'ont pas dit leur dernier mot. Et ils peuvent se rallier eux aussi au second tour pour contrecarrer cette menace pressante de l'opposition.

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