Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Non, Cheikh Diallo, ne programmez pas la mort d'un parti déjà suicidé (Pds)

Mamadou Oumar WANE

6 Juillet 2009


opinion

Napoléon posait toujours la même question avant de promouvoir un général : est-ce que celui-là a de la chance ? Ce don immatériel, il est peu probable que le président Wade en dispose, lui qui, arrivé au pouvoir historiquement après 26 ans de combat, voit aujourd'hui sa marque de fabrique, le 'Sopi', agoniser par la faute d'hommes et de femmes qui se sont agrippés sur ses ailes, plombant ainsi son envol vers une réussite tant souhaitée. Encore moins le ministre d'Etat Karim Wade, qui a vu ses ambitions rejoindre le hangar des entretiens après le réveil douloureux du 22 mars 2009. Parler de lui ? Oui, car c'est légitime pour lui de viser le palais comme tout bon Sénégalais. Non parce que des voies et des règles sont à suivre. Les faits sont là, les gestes présents et, le plus grave, les délires sont quotidiens.

Vous réclamez une chose et vous interpellez une quarantaine de personnes sur combien de libéraux ? Et parmi eux, Dieu sait que nombreux sont ceux qui font la honte d'un parti en pratiquant des actes dignes de pièces de théâtre qui, loin de nous séduire, relèguent nos innombrables soucis quotidiens au magasin des oubliettes. Pourtant, dites sincèrement ce qui vous motive à guest-éditorialiser sur un thème mortuaire d'un parti au moment où le peuple s'attend à des inondations, à la prolifération du paludisme, à un mois de Ramadan avec ses coupures et factures électriques, à l'ouverture des classes, en plus des soucis financiers quotidiens. Le Sénégal a de la matière à traiter, des urgences à diagnostiquer, des crises à surmonter : la santé va mal, l'éducation nationale à la traîne, la crise du logement présente, l'insécurité gagnante du terrain, le bilan de la route qui est un bilan de guerre avec ses morts et ses blessés et surtout le manque de perspectives d'avenir de la génération future. Sans compter les nombreuses lacunes et un laxisme omniprésent dans la vie de tous nos jours. En contrepartie, la politique du Sénégal vit de délires et de scandales politico-financiers, dont tous les dénouements n'ont fait qu'entretenir un sentiment de mystère.

Un régime qui gagne est un régime qui donne la paix à son peuple, la santé à sa population, l'assistance à son monde rural, la sécurité à ses habitants de tous bords, la dignité humaine par l'accès à l'habitation, à l'éducation de ses enfants, à la formation professionnelle, à l'emploi, à la justice équitable et neutre. Un pays qui avance n'est point celui des belles villas et des belles voitures, encore moins de la prolifération des lieux d'amusement et de la perte d'emplois. Le Sénégal doit être le pays de la dignité sans accepter d'être un lieu de blanchiment de l'argent sale (extérieur ou intérieur) ; il doit être le lieu de la moralisation de nos pratiques, le lieu où la lutte contre l'insouciance, l'abandon, la non-vie, les déplacés, les sans-perspectives, le tabagisme et l'alcoolisme doit être quotidienne. Votre plume devait servir à prôner la création d'un trio fort Etat - parents - enseignants pour ne plus connaître la crise, dont les seuls perdants sont les élèves. C'est le moment d'équiper nos vaillantes forces de l'ordre de moyens forts à la place des véhicules fournis aux députés qui, par simple souci d'exister, disent et racontent n'importe quoi. J'aime me répéter : qu'ils sachent tout court que le Sénégal ne dispose pas de 150 camions poubelles, ni de 150 ambulances équipées, ni de 150 camions citernes à eau ni de 150 véhicules pour traquer les malfaiteurs, coupeurs de routes, fraudeurs et j'en passe.

Je n'ai rien contre celui que vous cherchez à vendre aux Sénégalais par respect à nos années d'enfance et de bon voisinage passées sur les allées Seydou Nourou Tall vers les années 70, mais ne projetez pas 2012 car seul Dieu sait qui sera de ce monde. M. Diallo, faites-nous rêver en reconnaissant les tares du régime de 2000 à nos jours et même mieux, en relatant les tares de nos politiciens depuis l'indépendance.

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Le Sénégal a une géographie qui le rend incontournable, un passé historique fabuleux, des saints hommes qui font notre fierté, une matière grise sûre, mais cessons de croire que notre modèle séduit le monde, surtout que le pays est celui du banditisme politique. C'est le bon sens qui le demande dans un pays où la comédie d'aujourd'hui risque d'être nos impôts de demain. Que Dieu nous en préserve.

Mamadou Oumar WANE Consultant cabinet d'audit qualité clients réseaux télécoms et aériens editocontribution@yahoo.fr

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