Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Panaf - L' Afrique des couleurs et des rythmes à la rencontre d'elle-même

M. Koffi

5 Juillet 2009


Abidjan — Le char de la délégation ivoirienne, lors de son passage.

Samedi, en prélude au festival panafricain d'Alger, qui s'est ouvert, hier soir, a eu lieu la parade des chars.

Une fête aux allures de carnaval, haut en couleur, en rythmes, en chants, venus de toutes les contrées du continent! Symbiose parfaite de l'Afrique tout couleurs, des Afriques, des fils et filles du continent qui se retrouvent pour communier ensemble et exorciser la malédiction qui semble planer sur lui. Et pousser le grand cri : Nous sommes debout. Pour la renaissance. C'est ce qui nous a été donné de voir, samedi dernier, à travers la grande parade des chars, impressionnant défilé de 51 camions, de chars parés aux couleurs et aux symboles des pays présents à la deuxième édition de ce Festival panafricain d'Alger, qui renaît 40 ans, après, (la première a eu lieu en 1969 et était placée sous le signe de la révolution), et dont le thème est tout un programme : Renaissance africaine.

Plus de 4 heures de défilé, à travers boulevards. Les Algérois sont sortis nombreux pour (re)voir cette Afrique qui danse, chante, joyeuse de se retrouver sur cette terre, qualifiée par Amilcar Cabral de «La Mecque des révolutionnaires». Le pays était aussi à la veille de sa fête d'indépendance. Coïncidence heureuse, ou souhait de jumeler, de faire coïncider les deux cérémonies. A la procession des chars, étaient présents des bataillons de la garde républicaine, défilant fièrement et portant beau et haut le drapeau de leur pays, l'Algérie du Président Abdelaziz Bouteflika.

La révolution, c'était hier - on l'a sans doute trop chanté-, place désormais aux actes, par un autre slogan : la Renaissance africaine. Artistes, intellectuels, créateurs, délégués, invités officiels et journalistes, plus de 8000 invités, dit-on, ont vu défiler cette Afrique porteuse de rêves, d'espoir.

A Alger la blanche, hier soir, a commencé véritablement le Festival, ce rendez-vous du donner et du recevoir, où seront convoquées toutes les disciplines. Le Panaf, placé en effet sous le thème de la renaissance africaine, entend fédérer les médias autour de cet enjeu. D'ailleurs, M. Khelladi, directeur général de la radio algérienne, lors de son séjour en Côte d'Ivoire, en forme de supplique, dira qu'il faut que la mobilisation autour de ce Festival soit une réalité, «afin que nous puissions dire au monde ce que nous sommes». Pour lui si les sollicitations des médias européens sont toujours importantes autour des manifestations sur le continent, il est aujourd'hui, plus que nécessaire, que les médias africains se les approprient.

D'où son expression : «La nécessité de parler de nous par nous-mêmes». Car, «ce n'est pas le Festival de l'Algérie, mais celui de l'Afrique». Cette Afrique, ou ces Afriques sont présentes. Jusqu'au 20 juillet.

Michel Koffi

Envoyé Spécial à Alger

Etrange...

N'en rions pas. Ce que nous avons vécu, hier, à l'ouverture de ce Festival qui renaît 40 ans après, mérite d'être raconté. Pour un évènement prévu pour 20 h, on exige de nous de quitter l'hôtel à 15h.

Jusqu'ici tout se passe comme prévu et même bien. A l'entrée, fouille stricte. Normal. Question de sécurité. Surtout que le Président de la République, nous dit-on, y sera Passons sous les longues minutes d'attente, à l'entrée principale, comme celle de la salle proprement dite, la Coupole, on l'appelle, ici. Puis un ordre : les journalistes, sauf ceux du pays hôte, disent les organisateurs, ne doivent ni entrer avec des caméras pour filmer l'évènement, ni avec leurs appareils photographiques. Pourquoi ? «C'est comme ça ! Ce sont les consignes». Nous tempêtons. En vain. Et un des organisateurs de lancer cette phrase terrible, comme s'il venait de trouver l'idée pas du tout géniale : «Vous prendrez des images avec la télévision algérienne». Dialogue de sourds.

Qui vous dit que nous voulons ses images ?

Ce sont les consignes. Attendez, ça va s'arranger. Vous nous donnez vos appareils, et à la fin de la cérémonie, nous vous les restituons.

Non ! Moi, je travaille avec mon matériel de travail. Que je ne fasse pas des photos à l'intérieur de la salle, ce qui n'est d'ailleurs pas normal, ni dehors, je vous le concède. Mais en aucun cas, je ne puis vous donner mon outil de travail.

Si vous voulez entrer, vous nous donnez

C'est ainsi qu'on médiatise un évènement pour lequel vous avez alerté toute la planète ?

Ce sont les consignes. Demain, il y aura le même spectacle, vous pourrez y venir avec votre appareil.

Sans commentaires. Sous le regard hébété de César Etou (Rédacteur en chef de Notre Voie) et d'autres journalistes africains, accrédités, certains décident d'y entrer sans leurs outils de travail (pour être de simples spectateurs d'un évènement auquel on a voulu qu'ils y soient pour occuper des places ; d'autres, comme nous, en revanche, décident d'entrer à l'hôtel, et ne pas subir cette manière spéciale de voir le rôle de la presse. Et, comme le disait si bien César Etou : «La presse africaine est étouffée et désarmée». Dire que c'est un évènement pour lequel les délégations algériennes comptaient sur les journalistes africains (non exclusivement algériens) pour le remettre sur orbite, après 40 ans de silence.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Fraternité Matin. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Côte d'Ivoire

Rubriques