Sidwaya (Ouagadougou)

Afrique: L'Union africaine à côté de l'essentiel

Le XIIIe Sommet des chefs d'Etat de l'Union africaine (UA) vient de s'achever à Syrte en Libye avec la décision de transformer la Commission de l'UA en Autorité. Cette nouvelle Autorité est chargée de coordonner la politique étrangère et la politique de défense du continent. Pour entrer en vigueur, cet organe doit avoir le quitus des parlements des 53 Etats de l'UA.

Le projet a été défendu jusqu'au bout par le guide libyen Mouammar Khadafi qui ne cache pas son désir de voir se réaliser dans l'immédiat les "Etats-Unis d'Afrique". Le document a été adopté après de houleuses discussions, des pays comme l'Afrique du Sud et le Nigeria considérant les prérogatives de l'Autorité comme une atteinte à leur souveraineté. Ce qui fait dire à certains observateurs qu'il s'agit d'un accord du bout des lèvres, obtenu grâce à la forte influence du guide libyen.

Les débats autour de cette Autorité ont pratiquement éclipsé le thème du sommet : "Investir dans l'agriculture pour réaliser la croissance économique et la sécurité alimentaire". Un thème combien actuel quand on sait que l'agriculture et la croissance économique constituent le tendon d'Achille du développement de l'Afrique. Les caprices pluviométriques, les menaces parasitaires et acridiennes, la famine... rendent certains pays dépendants de l'aide international.

Ces Etats "sous perfusion" ne sont pas réellement indépendants et demeurent vulnérables face aux "puissances prédatrices" qui veulent diviser l'Afrique pour mieux régner et exploiter ses richesses. Le sous-développement est aggravé par la récurrence des conflits et de la malgouvernance. Un pays comme la Somalie semble malgré tout, laissé à lui-même au grand bonheur des pirates.

La vaste bande sahélo-saharienne est le terrain favori des mouvements terroristes comme Al Qaïda au Maghreb et les bandes de trafiquants. On ne doit pas se lasser de trouver des solutions idoines aux crises et à l'insécurité. L'Union européenne ne s'est pas construite en un clin d'oeil; c'est le fruit d'un processus d'intégration réalisé grâce à la stabilité des Etats qui la composent. Qui plus est, les populations sont régulièrement consultées sur la vie de l'Union.

Par ailleurs, on peut saluer le courage des chefs d'Etat de l'UA qui ont décidé de ne plus coopérer avec la Cour pénale internationale pour exécuter le mandat d'arrêt contre le président soudanais Hassan Omar El Béchir. La Mauritanie a réintégré également l'UA.

Par contre, on est étonné par le silence assourdissant du XIIIe sommet à propos de la situation au Niger. Alors que, la CEDEAO s'était déjà prononcée en faveur du respect de la constitution. Est-ce une bénédiction pour le président Mamadou Tandja qui aura finalement réussi à renverser la vapeur à l'UA et dans son pays ? Cela présage-t-il du rôle du gouvernement africain appelé de tous ses vÅ"ux par le "roi des rois traditionnels d'Afrique" ?

En tous les cas, la création des "Etats-Unis d'Afrique" est possible. Encore faut-il prendre le temps et les mesures nécessaires pour réaliser le rêve des pères fondateurs.

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