Fasozine (Ouagadougou)
Serge Mathias Tomondji
6 Juillet 2009
Candidat de la différence et président de la rupture. Ainsi pourrait-on caractériser, très schématiquement certes, le profil du chef de l'Exécutif américain, installé à la Maison-Blanche depuis seulement cinq mois. Barack Obama, on le sait de plus en plus, dégage un charisme fou et est décidément résolu à épouser, pour sa présidence, l'air du temps, notamment en matière de communication. Un levier sur lequel il s'est du reste fortement appuyé pour faire la différence et quelle sacrée différence! tout au long des campagnes électorales démocrate et présidentielle à l'issue desquelles il a allègrement pris le meilleur sur tous ses adversaires.
Ainsi, en dehors de son charisme et de la vision qu'il compte imprimer à la gestion des affaires d'Etat et des grands problèmes du monde, l'arme fatale de Barack Obama, c'est la communication! Une communication toute simple, qui veut toucher le citoyen lambda par les modes qui lui sont le plus accessible. La prochaine visite qu'effectue le chef de l'Exécutif américain au Ghana, les 10 et 11 juillet, est déjà, tout entière, placée sous le signe de cette... communion avec les gens. Depuis vendredi dernier, en effet, on peut envoyer un SMS au président de la première puissance du monde, pour lui poser des questions et/ou formuler des commentaires au sujet de sa visite en Afrique. Et, ô suprême élégance, le président Barack Obama, apprend-on, «répondra directement aux questions sélectionnées lors d'émissions de radio locales africaines». Je ne parle même pas de tous les autres aspects de cette communication directe, qui se prolonge sur Internet, via les sites sociaux comme Facebook et Twitter...
C'est vrai, il peut y avoir des problèmes techniques qui font que les SMS ne passent pas toujours. C'est vrai, seulement quelques-unes des questions, sans doute les plus pertinentes, seront abordées par le locataire de la Maison-Blanche. Mais avouons tout de même qu'au-delà de la méthode, révolutionnaire en soi, déjà utilisée lors de précédents déplacements, Barack Obama inaugure là une nouvelle ère d'échanges et de rapports entre gouvernants et gouvernés. Sur ce continent où la presse locale et les citoyens sont proprement snobés par leurs dirigeants, qui préfèrent engloutir des sommes folles dans une communication «papier glacé», axée sur l'international, la leçon de Barack Obama devrait en inspirer plus d'un!
De toute évidence, nous sommes de plain-pied dans un ordre relationnel nouveau, où la communication est au cÅ"ur de tout. Savoir et mieux communiquer, avec les nombreux outils qu'offrent les Technologies actuelles, reste un défi permanent. Il faudrait déjà, simplement, le comprendre et libérer totalement l'information, notamment dans les faits, dans les gestes, dans la politique et par des moyens pertinents. En attendant, Barack Obama prend une bonne longueur d'avance sur ses congénères.
Sa visite au Ghana, où le discours qu'il prononcera le 11 juillet prochain est très attendu, devrait permettre de dessiner un peu mieux les contours et les grandes lignes de sa politique africaine. Cette visite est aussi, on s'en doute, le témoignage d'une reconnaissance démocratique à la patrie de Kwame Nkrumah. Le Ghana a, en effet, connu plusieurs alternances pacifiques, et est souvent cité en exemple de bonne gouvernance.
Après une première visite sur le continent, notamment en Egypte, le 4 juin dernier, où il s'est adressé au monde musulman, c'est la deuxième fois que Barack Obama se rend en Afrique - la toute première fois en Afrique noire - en qualité de président des Etats-Unis d'Amérique. Cette visite s'inscrit dans le cadre d'une tournée, qui l'a déjà conduit, depuis ce matin, en Russie, et qui se poursuivra en Italie, pour le sommet du G8.
On peut donc légitimement saluer cette visite d'Etat sur les terres africaines du Ghana, dont la symbolique n'aura certainement échappé à personne...
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