Blaise Djouokep (stagiaire)
7 Juillet 2009
Les quotidiens ont passé au crible les ministres promus, les sortants ainsi que ceux qui ont été reconduits.
Attendu depuis longtemps, la nouvelle du réaménagement est tombée mardi dernier, 30 juin 2009. C'est au cours du journal de 17h sur les antennes du poste national que le décret qui mettait en place un nouveau gouvernement a été rendu public. Le 33ème gouvernement du deuxième chef d'Etat camerounais n'a pas fait que des heureux. Il annonçait aussi la mise à l'écart de nombreux désormais ex membres du gouvernement au rang desquels, l'ancien premier ministre Inoni Ephraïm. Tous les journaux en ont fait leur Une. Chacun a choisi un angle précis. Le quotidien Mutations du mercredi 1er juillet 2009 a titré sur "Le gouvernement, les textes, les entrants, les sortants, les ressuscités, ambiance chez les ministres".
C'est "un gouvernement pour distraire. On attendait une tempête. On n'a eu droit qu'à un zéphyr", écrit le quotidien Le Messager qui s'appuie sur le fait que "ce gouvernement attendu depuis fin 2008 touche seulement une dizaine de postes sur une soixantaine". C'est donc "sans surprise" d'après La Nouvelle expression que Yang Yundji Philémon est nommé Premier ministre, en remplacement de Inoni Ephraïm. Le titre de Séverin Tchounkeu explique ce non évènement par le fait que "la nomination de Yang Philémon était attendue depuis quelques années surtout que les deux hommes (le nouveau Pm et le chef de l'Etat) se connaissaient assez bien depuis 1975 alors que Paul Biya était premier ministre et que Philémon Yang assumait les fonctions de vice premier ministre chargé de l'administration territoriale".
Dans l'ensemble, les quotidiens ont dressé le portrait des entrants en insistant sur les taches urgentes qui les attendent. Michel Zoah, le nouveau ministre des Sports et de l'Education Physique (Minsep) a pour mission "la qualification des lions indomptables pour la coupe du monde 2010". La curiosité de ce Gouvernement comme relevé par l'ensemble des quotidiens privés c'est la nomination d'un opposant au stratégique poste du ministère de la communication (Mincom). Pour Le Messager, Issa Tchiroma reçoit "le salaire de son activisme". Ce du fait de "sa prise de position en faveur du président de la république (Pr) dans la modification constitutionnelle en février 2008. Et plus récemment son parti pris en faveur De Paul Biya lorsqu'il a été épinglé dans le dernier rapport du comité catholique contre la faim et pour le développement".
Au rand des sortants, figure Augustin Edzoa dont les journaux s'accordent sur le fait qu'il paie le prix du "perpétuel bras de fer Minsep/Fécafoot, le projet douteux des infrastructures sportives suspendu, la qualification hypothéquée des lions indomptables pour la coupe du monde 2010 ". On retrouve dans cette classe, Remi Zé Meka, ancien ministre de la Défense. Un départ qui, à en croire La Nouvelle Expression, est du "aux multiples cambriolages dans les services administratifs". Idem pour Gounoko Haounaye qui paie le prix de sa position "marginale dans le dossier Camair-co au point de heurter celle du conseil d'administration dirigé par Yang Philémon", renseigne La Nouvelle expression.
A cela, il faut ajouter le mémorandum des peuples Massa qui exigeait son départ. A l'inverse, Jean-Pierre Biyiti Bi Essam reçoit plutôt une promotion là ou l'opinion publique attendait son départ. L'ancien Mincom se voit affecté au ministère des Postes et Télécommunication. Sauvé à en croire Le Messager à sa dévotion "en tant que communicateur de la première dame en la faveur de l'enquête de certains journaux camerounais sur les mauvaises fréquentations de Chantal Biya". Idem pour Ama Tutu Muna qui conserve son ministère de la Culture, ce que Le Messager qualifie de "triomphe du droit d'auteurs".
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