Robert Ngono Ebode
7 Juillet 2009
Notes des candidats revalorisées, épreuves différentes dans certains centres d'examen, fuite des épreuves, les griefs ne manquent pas contre les examens de cette année.
Des informations persistantes dans la ville de Douala font état du fait que les délibérations des examens du Baccalauréat de l'enseignement secondaire général de cette année seraient bloquées pour cause de fraudes. Plusieurs candidats, surtout des séries littéraires, se retrouveraient avec des notes très élevées en mathématiques, jusqu'à 18 sur 20. " L'eau a coulé ", dénonce-t-on. A la délégation régionale des Enseignements secondaires du Littoral à Douala, on répond qu'il n'y a pas péril en la demeure. " Aucune délibération n'est bloquée. Les résultats du Baccalauréat sont programmés pour cette semaine ", dément le délégué régional Jean Jules Ebongué Ngoh. Ce que confirme une source proche de l'Office du baccalauréat du Cameroun, Obc : " Aucune délibération n'a encore commencé. Le ministre des Enseignements secondaires n'a pas encore signé la circulaire qui nomme les différents responsables du jury ". Par ailleurs, le délégué régional du Minesec pour le Littoral relativise l'accusation. " Si certains candidats se retrouvent avec des notes de 18 sur 20 en mathématiques, ce n'est que normal. On peut avoir 20 sur 20 en mathématiques. Ce n'est pas étrange ", argumente-t-il.
Le grief relatif à la revalorisation des notes de certains candidats qui est également balayée du revers de la main par les responsables de l'éducation dans le Littoral, puisque n'ayant pas une influence directe sur le niveau des candidats, d'après eux. " La revalorisation des notes des candidats aux examens obéit à des critères bien précis. Ce n'est pas une décision d'un individu. C'est un collège d'enseignants chevronnés qui décide, au vu d'un certain nombre de facteurs et de contraintes relevées sur le déroulement des épreuves, d'ajouter des points pour pallier cet état de choses ".
Fraude camouflée
Le 23 juin dernier, un correcteur de l'épreuve d'allemand, le Dr. Tjeck Rémy, enseignant d'allemand au collège Sofrane à Mbangue-Douala, par ailleurs directeur juridique et du contentieux des Eglises à l'Union des églises baptistes du Cameroun, Uebc, claquait la porte des corrections suite aux différentes pressions qu'il subissait. " On m'a demandé d'avoir une main souple en évitant de donner la sous-moyenne, car on a remarqué que je suis très rigoureux. Voyant que je ne cède pas aux exigences ou injonctions, on m'a demandé de ramener à un minimum de 12 sur 20 les notes des copies n'ayant pas la moyenne ", dénonçait-il dans les colonnes du Messager. Selon lui, " cela est plus que de la fraude. On ne peut pas dire qu'on veille à ce que le phénomène de l'eau cesse et on contribue par la fraude autrement. Où est la probité ou l'équité dans tout cela ? Et à cette allure, quel citoyen va-t-on léguer à notre pays ? " Face à cette attitude du Dr. Tjeck Rémy, un cadre du ministère des Enseignements secondaires se dit surpris. " Ce monsieur n'est pas un enseignement. Il ne peut pas claquer la porte parce qu'il lui a été demandé de revaloriser certaines notes. Cela procède d'une politique mise sur pied et qui doit être appliquée par tout correcteur des examens officiels ".
Pour certains observateurs, le pire a été atteint du moment où les épreuves distribuées aux candidats dans certaines matières n'étaient pas les mêmes dans tous les centres d'examen. C'est le cas par exemple des épreuves de français et de mathématiques de l'examen Probatoire général qui, selon des sources crédibles, n'étaient pas les mêmes à Yaoundé et à Maroua. Simple situation malencontreuse ou volonté réelle de favoriser une région donnée et relever le niveau des diplômés ? Nous n'avons pas pu obtenir des informations relatives à ce sujet au niveau de l'Obc, notre source estimant que c'est du ressort du directeur de cet office.
Toutefois, un cadre du ministère voit autrement la situation. " S'il y a eu ces cas, il faut plutôt féliciter les organisateurs. Ils ont par cet acte débouté ceux qui préparaient la fraude. C'est une preuve que notre système éducatif se porte bien. Certes, il y a quelques brebis galeuses comme partout ailleurs, mais tout va bien dans l'ensemble. " Une sortie qui n'arrive pas à dissiper les soupçons de fraudes administratives qui pèsent sur les examens 2009 et singulièrement le Bacc
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