Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
7 Juillet 2009
Dakar — Barack Obama a évoqué la nécessité pour les pays donateurs de "maximaliser la capacité" des citoyens des pays bénéficiaire de l'aide à se prendre en charge, soulignant que le fait qu'un "grand pourcentage de cette aide" est retourné aux consultants et administrations occidentaux constitue pour lui une préoccupation.
"L'une de mes préoccupations concernant notre politique d'aide globale est que les consultants et les administrations occidentaux prennent un grand pourcentage" de l'aide publique au développement, a déclaré le président américain dans une interview accordée à All Africa.com
"De mon point de vue, nous devrions minimiser notre empreinte et maximaliser la capacité des gens à se prendre en charge eux-mêmes", a-t-il dit dans cet entretien qui s'inscrit dans le cadre de sa prochaine visite en Afrique, à partir du 10 juillet.
Barack Obama se rendra au Ghana, pour le compte de sa première visite sur le continent en tant que président des Etats-Unis. Il se rendra dans ce pays ouest-africain après son voyage en Russie et en Italie où il prendra part au sommet du G8 (8 juillet), du nom des pays les pays industrialisés du monde.
"La technologie peut jouer un rôle important dans la rationalisation de notre aide aux pays en nous permettant de savoir comment cette aide est utilisée et si elle arrive aux personnes sensées en bénéficier", a soutenu le président américain.
"Ainsi, a-t-il préconisé, je pense qu'il est important d'utiliser l'Internet, les logiciels, la technologie moderne pour améliorer les systèmes d'administration".
Pour le successeur du président George Bush, "on ne peut pas obtenir de l'investissement sans une bonne gouvernance". "Si les hauts fonctionnaires demandent des commissions de 10, 15, 25 pour cent, les sociétés ne voudront pas investir là-bas. C'est le point numéro un", a-t-il fait valoir.
"Je pense que ce qui a entravé le développement de l'Afrique est en partie lié au fait que pendant plusieurs années nous avons trouvé des excuses à la corruption et à la mauvaise gouvernance, que cela était d'une certaine manière la conséquence du néo-colonialisme, que l'Occident était oppressant ou le racisme. Je ne crois pas aux excuses", a indiqué Obama.
Prié de dire quelle marque il aimerait que sa politique laisse sur l'Afrique, Obama a répondu : "A la fin de mon mandat, j'aimerais être capable de dire que les Etats-Unis ont été un partenaire efficace des pays africains dans le domaine de la création d'institutions politiques, civiles et économiques qui ont permis d'améliorer le niveau de vie et une plus grande sécurité pour le peuple africain".
Obama aimerait aussi que sa politique permettre de mettre l'Afrique sur "une trajectoire qui l'insère dans l'économie mondiale et qu'une jeune personne qui grandit à Johannesburg, Lagos, Nairobi ou au Djibouti puisse se dire : je peux rester ici en Afrique, je peux rester dans mon pays et y réussir et que mon pays et mon peuple seront plus forts à travers mon succès".
Il dit croire "fermement que les Africains sont responsables de l'Afrique"
"Ce serait un bon héritage, a-t-il commenté. Je ne m'attends pas à ce que nous y arrivions dans quatre ou huit ans, mais je pense que nous pouvons nous engouffrer dans cette voie. Et les Etats-Unis sont un partenaire crucial dans ce processus".
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