Pierre EMANGONGO & Bienvenu IPAN
8 Juillet 2009
Kinshasa — Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a relancé le bras de fer qui oppose son institution au président soudanais Omar el-Béchir, déjà sous le coup d'un mandat d'arrêt pour crime contre l'humanité .Il s'oppose également à l'Union africaine qui a tout récemment suspendu sa coopération avec la CPI pour témoigner la solidarité avec Béchir. Une situation qui risquera d'entamer la crédibilité de cette justice internationale.
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a affirmé, hier mardi 7 juillet, qu'il détenait suffisamment de preuves pour obtenir un mandat d'arrêt pour génocide contre le président soudanais Omar el-Béchir, déjà sous le coup d'un mandat d'arrêt pour crimes de guerre et contre l'humanité.«La chambre d'appel devrait (...) juger qu'il y a des motifs raisonnables de croire que le président el-Béchir est criminellement responsable de trois chefs d'accusation de génocide», écrit le procureur Luis Moreno-Ocampo dans un document déposé, hier mardi 7 juillet, devant la chambre d'appel de la CPI dont une copie est parvenue à l'AFP.
«L'accusation demande à la chambre d'appel de corriger l'erreur» des juges de première instance et de leur «renvoyer l'affaire avec l'ordre d'autoriser l'arrestation du président el-Béchir pour génocide», précise le procureur.
Les juges de première instance avaient émis, le 4 mars 2009, un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, mais ils n'avaient pas retenu le chef d'accusation de génocide demandé par le procureur.
CREDIBILITE
M. Béchir avait immédiatement rejeté le mandat d'arrêt de la CPI et a depuis défié la Cour en effectuant de multiples déplacements à l'étranger.
Parallèlement à ce rejet, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA) ont, selon Reuters citant deux délégués, adopté une résolution suspendant leur coopération avec la CPI en conséquence de l'inculpation par celle-ci de Béchir.
Comme on peut le constater, le bras de fer CPI- Omar el- Béchir s'est encore intensifié au niveau de l'UA et risque si, on n'y prend pas garde , d'entamer la crédibilité de cette justice internationale qualifiée d'instrument néo-colonialiste aux services des puissances occidentales.
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