Moctar DIENG
9 Juillet 2009
Moins de 30% de réussite au premier tour dans les centres d'examen de Dakar et dans la région de Diourbel ; moins de 05% au pour le Lycée Djignabo de Ziguinchor, le plus grand centre de la région et à Kolda ; cinq admis d'office sur 169 candidats dans le seul centre de la région de Kédougou ; 5,10% de taux de réussite à Sédhiou ( 38 admis d'office et 163 admissibles sur 744 candidats)...
Les premiers résultats qui ont été publiés, hier et avant-hier, à l'issue du premier tour du Bac 2009 consacrent la déconfiture du projet d'école sénégalais. La faiblesse des taux de réussite, partout dans le pays, se révèle symptomatique du bas niveau des élèves, de l'incurie des programmes et de l'inefficience des modèles d'évaluation d'un projet d'école qui engloutit pourtant... 40% du budget national.
La publication des premiers résultats du Bac sénégalais, édition 2009, a été marquée, dans presque tous les centres d'examen du pays, par des taux de réussite et, selon d'échec, qui ont laissé pantois les observateurs du système éducatif, les parents d'élèves comme les candidats eux-mêmes. L'hécatombe a été ainsi générale pour les candidats dont la majorité a été recalée dès l'annonce des résultats du 1e groupe. Conséquence : moins de 10% de réussite, dans la plupart des centres disséminés dans le pays, pour le premier tour de l'examen pour l'obtention du fameux sésame vers l'université. Jugez-en vous-mêmes.
A Ziguinchor, illustration parfaite des mauvais résultats des candidats sénégalais, le nombre d'admissions d'office au Bac est de moins de 05% au premier tour. Le Lycée Djignabo, le plus grand centre de la région, n'est pas en reste dans la tendance catastrophique des résultats du premier groupe avec seulement 4,90% d'admis. Sur les 2.121 candidats qui ont composé, seuls 104 sont reçus au premier tour et 490 sont déclarés admissibles. Dans la commune de Ziguinchor, toujours, et particulièrement au collège Saint Charles Lwanga où ont composé des élèves de séries scientifiques, la tendance est la même avec 44 admis au premier tour sur un total de 598 candidats.
Pis, la nouvelle région de Kédougou enregistre cinq admis d'office dans le seul centre régional, sur un total de 169 candidats en lice, soit moins de 03% de réussite. Dans la région de Sédhiou (Sud), au total 38 candidats, toutes séries confondues, ont été admis d'office sur les 744 inscrits au Baccalauréat 2009, soit un pourcentage de réussite de 5,10%. Et pour ne guère contribuer à amoindrir le scepticisme des adversaires les irréductibles du système éducatif sénégalais, il s'avère qu'au terme des épreuves du second tour, si tout le monde réussissait, le centre Ibou Diallo n'obtiendrait rien qu'un pourcentage total de réussite de 27.01%.
Ces résultats ne semblent guère différents de ceux constatés dans les autres régions du Sénégal. A Kolda, la faiblesse des résultats est attestée par l'exemple significatif du Lycée Alpha Molo Baldé, un centre d'examen dont les 05 jurys ont publié des résultats d'admission au premier tour d'environ 5%. Ainsi, sur l'ensemble des jurys du centre, ils sont 82 admis au premier tour et 424 admissibles au second tour sur 1.058 candidats au Bac 2009. Le topo reste le même à Tambacounda où seulement 99 candidats sont admis d'office sur 1.014 inscrits, au Lycée Mame Cheikh Mbaye, unique centre d'examen de la commune. Les candidats de Diourbel ne sortent pas, eux aussi, indemnes de l'hécatombe du Bac édition 2009. Seuls 77 candidats ont été ainsi déclarés admis d'office sur 684 inscrits au Lycée d'enseignement général, soit un taux de réussite au 1er tour de 11%. Et pour ne rien arranger, il faudra attendre que les 207 candidats admis au second groupe subissent les épreuves du 2ème tour pour qu'on puisse arriver à un taux de réussite de 30%.
QUAND DAKAR PEINE A REUSSIR L'EMBELLIE
A Dakar, les résultats qui ont été publics pour le Bac général 2009 ne détonent guère du climat catastrophique d'ensemble. Ce que préfigurait les résultats « humiliants » de la série F6 du lycée Maurice de Lafosse avec un taux d'échec maximal ( tous les candidats éliminés au premier tour) semble se vérifier dans beaucoup de centres d'examen. Les résultats ont été ainsi moyens en série S et faibles en série L dans ledit centre qui polarisait des candidats des lycées Lamine Guèye, Ngalandou Diouf, Blaise Diagne, Kennedy et autres Yahuz Selim, institut Sainte Jeanne d'Arc ou Sainte Marie de Hann. Après proclamation de trois des quatre jurys, on dénote 09% de réussite au 1er tour pour la série L ( avec une seule mention Bien et 8 A. Bien seulement) et 38% d'admission en séries S1, S2 et S3. La même tendance est constatée au centre Seydou Nourou Tall où les premiers résultats annoncés ne sont pas fameux avec moins de 30% de réussite. Une légère embellie est toutefois notée dans ce climat général d'hécatombe avec quelques centres d'examen comme celui des Parcelles Assainies qui « s'illustre » avec un taux de réussite de 50%.
L'ECOLE FACE A SES RESPONSABILITES
L'échec massif des candidats sénégalais (39501 en Série L et 18538 en série S) au Bac général, cuvée 2009, vient édifier sur les dysfonctionnements d'un projet d'école qui semble avoir perdu ses repères. Quoiqu'on lui alloue presque 41% du budget de l'Etat, le système éducatif se confronte en effet au quotidien à des contraintes majeures qui entravent son aspiration légitime à l'atteinte des objectifs de qualité inscrits dans l'agenda des politiques nationales comme dans les stratégies internationales, à l'instar des OMD et de l'EPT.
Parmi celles-ci, on peut citer l'inadéquation des programmes, l'effritement du quantum horaire avec les grèves récurrentes des enseignants depuis plus de 02 années, les modèles problématiques d'évaluation des potaches avec un Bac qui est plus un concours qu'un examen, Ce n'est donc pas seulement le faible niveau des élèves qui pourrait être indexé comme élément explicatif de cette hécatombe au Bac 2009. ET c'est dire à quel point le système éducatif de notre pays est mis en face de ses responsabilités, surtout quand on sait dans des pays africains qui ne consacrent point le tiers de leurs budgets au secteur de l'éducation, les taux de réussite au Bac frôlent dés le 1er tour les 60% de réussite (Ghana, Tunisie, Algérie, Magadascar). La requalification et la refinalisation du projet d'école sénégalais semblent être ainsi appelées en toute urgence.
.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.