Modou Mamoune Faye
9 Juillet 2009
Alger — Youssou Ndour et ses musiciens ont enflammé l'Esplanade Riad El Feth, à Alger, mercredi soir. Ce concert coïncidait avec les funérailles de Michael Jackson.You l'a dédié au roi de la pop qu'il considère comme l'un des plus grands artistes au monde.
C'est un Youssou Ndour très en forme dans son ensemble boubou bleu clair qui est monté sur scène mardi soir sur l'Esplanade Riad El Feth, sous le grand monument qui surplombe la capitale algérienne. Devant lui, des milliers de spectateurs surexcités. Algérois et participants au Festival culturel panafricain (Panaf 2009) sont venus en masse à ce premier grand concert. La capitale algérienne va en vivre d'autres, ces prochains jours, avec l'Ivoirien Alpha Blondy, la Capverdienne Cesaria Evora, le Guinéen Mory Kanté (qui s'est produit mercredi soir), le Congolais Papa Wemba, les Sénégalais Ismaël Lô et Yoro Ndiaye et tant d'autres musiciens qui vont faire vibrer l'été algérois.
Ce mardi soir, c'est Youssou Ndour qui ouvre le bal avec ses musiciens au grand complet : le soliste Mamadou « Jimmy » Mbaye, le percussionniste Mbaye Dièye Faye, le guitariste Pape Oumar Ngom, le joueur de tama Assane Thiam, le claviste Ibou Cissé, la choriste Viviane Chudid (qui fait son come-back dans le groupe ?) et les « nouveaux venus » comme Tapha Faye aux claviers, Oumar Sow à la guitare, Abdoulaye Lô aux drums, El Hadj Faye aux percus et Birame Dieng aux choeurs. Le décor est planté, le spectacle peut commencer. Le lead-vocal du « Super Etoile » de Dakar entonne « Bamba », en hommage au fondateur du mouridisme.
Le rythme est entraînant, le public commence à bouger. Même les personnalités assises sur des chaises en face de la scène (ministres de la Culture et ambassadeurs) s'éjectent de leur siège pour esquisser de timides pas de danse. Ces messieurs et dames vont être vite entraînés dans la folle farandole. La musique s'arrête, Youssou Ndour s'empare du micro et délivre un message qui lui tient à coeur : « Je dédie ce concert à Michael Jackson, ce grand musicien noir inhumé ce jour aux Etats-Unis ». La foule apprécie. Plus tard, dans sa loge assaillie par une meute de journalistes, il s'est fait plus précis : « Nous avons tous grandi avec la musique de Michael Jackson que je considère comme un artiste Africain-américain. Il symbolisait la richesse de la culture noire et mérite bien tous ces hommages qui lui ont été rendus ces derniers jours à travers le monde », explique-t-il.
LE FESMAN DOIT RELEVER LE DEFI
Flash-back sur la scène du Riad El Feth qui brille sous d'agréables jeux de lumière. L'orchestre enchaîne les tubes. « Seven seconds », un succès planétaire qui lui a valu un disque d'or au début des années 1990. Ce soir, c'est Vivane Chudid qui « remplace » Neneh Cherry. Sa voix s'accorde bien avec les envolées de You. Le public algérois reprend en choeur les refrains. Puis suivent d'autres chansons tout aussi emblématiques : « Alsama day » ; « Immigrés » qui nous replonge dans les souvenirs des années 80 et des premiers pas de Youssou Ndour dans la galaxie world music ; « Lima wessou » tiré de l'album « Nothing's in vain » ; « My hope is in you » ; « Sama gamou » dans lequel Pape Moussa dévoile ses talents d'acrobate..., et tant d'autres succès qui ont jalonné les trois décennies de carrière de Youssou Ndour. Il est minuit passé.
L'orchestre fait ses adieux au public, puis revient quelques minutes plus tard après un rappel timide. La chaleur moite d'Alger laisse la place à une brise apaisante, mais les spectateurs suent à grosses gouttes tellement ils se sont déhanchés comme de beaux diables. Ils n'ont pas senti le temps passer. Pourtant, le roi du mbalakh, mine de rien, vient de boucler une heure et trente minutes de spectacle. Sous des applaudissements nourris, You se retire, poursuivi par les nombreux journalistes africains venus couvrir le Panaf. Questions classiques, réponses courtoises, sous la chaleur des spots, des caméras et derrière une forêt de micros. Nous lui demandons si le Panaf n'est pas une « concurrente » du Festival mondial des arts nègres (Fesman) que Dakar va abriter en décembre 2009. Réponse diplomatique, mais pleine de sous-entendus : « A mon avis, les organisateurs du Fesman doivent s'inspirer de ce qui se fait actuellement ici.
Les Algériens ont mis la barre très haute et il faudra que les Sénégalais relèvent le défi afin de faire du Fesman un véritable succès populaire et artistique. Ce qui se passe à Alger est extraordinaire et reflète la richesse et la diversité des cultures africaines ». Les Sénégalais vont-ils décoder le message ? En tout cas, Dakar a du pain sur la planche au vu de ce que les invités du Panaf 2009 découvrent chaque jour à Alger. Ici pas de place à l'improvisation, hormis quelques détails et petits couacs inhérents à toute grande manifestation.
Après son concert d'Alger, Youssou Ndour nous a confié qu'il va rallier Kingston, en Jamaïque, pour un projet musical dans le cadre du prochain... Fesman.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.