D. Evariste Ouédraogo
8 Juillet 2009
La deuxième édition du Festival culturel panafricain d'Alger (PANAF) est sur les rails. L'ouverture officielle de la manifestation a eu lieu l'après-midi du dimanche 5 juillet 2009 à La Coupole Mohammed Boudiaf, sous la présidence d'Abdelaziz Belkadem, représentant spécial du président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Durant deux semaines (du 5 au 20 juillet), l'occasion est donnée à l'Afrique à travers ses créateurs de montrer à la face du monde ce qu'elle a de plus merveilleux : la culture dans toute sa dimension.
Le PANAF, après une très longue interruption, renaît dans la capitale algérienne par la tenue de sa deuxième édition, placée sous le thème : « Renaissance africaine ». Pour mémoire, c'est en 1969 (40 ans aujourd'hui), à la demande de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) d'alors, que la première cuvée de cette manifestation continentale a été organisée à Alger.
Véritable plate-forme, le festival s'offre comme une tribune pour la promotion de la culture de l'Afrique, vivace depuis toujours, mais qui connaît jusqu'à nos jours, malheureusement, des entraves à son plein épanouissement. Il se présente comme une vitrine du folklore et du patrimoine matériel et immatériel du continent noir où musiciens, sculpteurs, peintre... sont appelés à s'exprimer dans la diversité, mais aussi dans le secret espoir de réaliser l'intégration africaine tant recherchée.
Ils sont donc venus de tous les horizons pour perpétuer la culture de leur pays, de l'Afrique. Une culture pour la défense de laquelle se sont consacrés toute leur vie, de nombreux et illustres personnages au rang desquels Amadou Hampaté Bâ ; Ali Farka Touré ; Myriam Makéba ; Joseph Ki-Zerbo ; Sembène Ousmane ; Youcef Chahine... aujourd'hui tous disparus, mais vivant à travers les Å"uvres qu'ils ont réalisées au cours de leur riche passage terrestre.
Grandiose parade populaire
Un jour avant le lancement officiel du 2e PANAF, le samedi 4 juillet, Alger vibrait déjà au rythme du festival. L'événement majeur ce jour-là reste sans conteste la grande parade populaire à la place de la grande poste d'Alger. Prévue pour 16 heures 30, (heure locale), la manifestation a mobilisé une foule des grands jours. En début d'après-midi, les principales artères de la ville conduisant au lieu du rendez-vous étaient déjà prises d'assaut par une population très enthousiaste.
Sur les lieux, l'ambiance était des plus féeriques. Au Parc Sofia jouxtant l'avenue retenue pour le défilé, les troupes d'animation des différents pays participants, avant le début de la parade, se livraient à cÅ"ur joie à un « échauffement » endiablé. Les agents chargés de la sécurité, omniprésents, veillaient au grain. Un total de 22 000 policiers a été mobilisé pour la circonstance. Aux balcons des immeubles, des habitants, impatients, attendaient le début du défilé des délégations.
La fanfare et la garde nationale algériennes ont ouvert la marche. L'Algérie, pays hôte, a par la suite donné le ton de la grande randonnée en bordure de mer avec ses artistes richement habillés et exceptionnels dans leurs talents. A chaque pays, il a été affecté un porte-char sur lequel ont été confectionnés avec art des symboles propres à chacun et sur lequel également s'activaient des danseurs et danseuses talentueux. Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique... Burkina Faso. Le Pays des hommes intègres, à l'instar des autres Etats du continent, est là.
Représenté par les artistes de la troupe Kiswendsida, il est annoncé par une carte de l'Afrique au milieu de laquelle est inscrit en lettres capitales son nom et tenue par une ravissante jeune fille. Des danseuses sur la remorque du véhicule, des danseurs à sa suite dans un warba bien rythmé, arrachent des ovations du grand public, séduit par leur accoutrement, leur chapeau de Saponé bien vissé sur la tête et naturellement la souplesse de leurs reins.
Le long cortège de festivaliers, sans que les spectateurs ne se lassent nullement, ont pris en otage la grande avenue de la poste, passant devant une tribune officielle dressée pour l'occasion et où, outre la ministre de la Culture D'Algérie, Khalida Toumi ; le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, se trouvaient des représentants du Corps diplomatique et d'autres invités de marque.
Ensemble, on peut faire de belles choses
Les organisateurs de la 2e PANAF ont mis les petits plats dans les grands pour réussir la fête continentale. Pour l'ouverture officielle de la manifestation, c'est La Coupole Mohammed Boudiaf qui a accueilli la cérémonie le 5 juillet dans la soirée. Pleine comme un Å"uf, on aurait dit que tout Alger était là avec leurs frères africains venus d'ailleurs. L'attente fut longue, mais lorsqu'après l'exécution de l'hymne national algérien Jean Ping a pris solennellement la parole, on a su alors que les choses ont véritablement commencé.
Pour lui, la deuxième édition du PANAF se tient dans une Afrique totalement libérée. Une Afrique en marche vers la modernité et le développement. Plus qu'une simple célébration, il s'agit de réfléchir sur le thème du présent festival, car le devenir de l'Afrique se construit aujourd'hui. Au-delà de la fête, il est question de consolider l'intégration du continent, un continent, a-t-il dit, à l'origine du monde, mais aussi de son futur. La culture, a ajouté le président Ping pour terminer, est un axe majeur d'action de l'UA.
Lui succédant à la tribune, le représentant spécial du président de la République algérienne démocratique et populaire, Abdelaziz Belkadem, dans une intervention exceptionnellement longue en langue arabe, mais très applaudie, a fait un cours d'histoire sur l'Afrique à travers ses grands hommes. Sans manquer d'évoquer son présent, il a tout naturellement fait une projection sur l'avenir du continent, dans le cadre de l'Union africaine.
Le public a ensuite eu droit à un spectacle en son et lumière soutenu par une belle chorégraphie mise en scène par l'artiste franco-algérienne, Kamel Ouali, avec la participation de vedettes d'Algérie et d'ailleurs comme Césaria Evora, Youssou N'Dour... Ensemble, les artistes ont transmis un message fort à la salle, message qui peut bien se résumer en ces termes : « L'union fait la force ».
Le reste du programme du PANAF 2009 prévoit, entre autres activités, des expositions, des visites... et bien entendu des soirées culturelles animées par les troupes invitées.
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